La performance de Vendredi sur Mer sur la scène du Studio TD, le lundi 9 mars dernier, a été chaudement applaudie par un public jeune d’une remarquable diversité. La French pop à son meilleur : de quoi faire danser tout en apportant une rêverie sensuelle grâce à l’ambiance et aux paroles décomplexées.
La musique du projet apporte son mystère lors des soirs de solitude et de rêverie, tout en cachant une véritable énergie créatrice qui envoûte par sa sensualité. D’abord, il y a la présence enjouée de la Suissesse Charline Mignot, cette jeune trentenaire charmante et souriante, qui se dit très heureuse d’être de retour à Montréal. Elle y aurait même loué un appartement pendant six mois pour se brancher au groove du Mile-End, épicentre de la création musicale apprécié par les artistes de toutes tendances. Son nouveau titre « Malabar Princess » a d’ailleurs été composé à Montréal.
Photographe inspirée par la mode, auteure, musicienne et interprète aux paroles parfois graves mais toujours douces, Charline amorce la soirée qui s’envole dès son entrée sur scène. Elle jubile sur scène et sa belle voix, claire mais profonde, enchante la salle. Le chant parlé qui caractérisait son premier album laisse désormais place à de véritables mélodies que l’on retient facilement. Les rythmes électro sont accrocheurs : on veut danser, mais aussi l’écouter attentivement, car la poésie est bien au rendez-vous. Une intimité se crée ainsi entre le superbe son et notre propre vibration intérieure.



Les textes sont mystérieux et pourtant simples, directs et sans complexes, toujours délicats. Les amours saphiques sont évoquées sans complaisance ; on touche presque à cette lumière d’une beauté non genrée. On parle d’attirance sans jamais sexualiser, toujours dans la délicatesse des sentiments.
Les titres à succès sont nombreux et accrocheurs : La femme à la peau bleue, ma mystérieuse préférée ; Écoute Chérie, qui donne le goût d’aimer ; Larme à gauche, où elle fait pleurer les garçons qui lui disent qu’elle est belle… mais elle leur répond non, et elle a bien raison ! Arrêter le temps évoque quant à elle le rêve d’un moment insaisissable à savourer.
Bref, une soirée de poésie heureuse et de bonne musique. À peine 65 minutes de spectacle — un peu court à mon avis ! — mais on aura sûrement l’occasion de suivre ce projet formidable, dont le talent et la pertinence apportent une vraie dose de joie.



Michel Jolicoeur | Journaliste

