Entre polar noir et comédie dramatique : la surprise de Franck Dubosc
Sortie le 10 janvier 2025 au Québec
L’acteur, réalisateur et humoriste français Franck Dubosc s’est aventuré pour son troisième film dans un style inclassable, avec Un ours dans le Jura, une œuvre plutôt réussie dans l’ensemble.
La première et longue scène de poursuite dans la forêt jurassienne, enneigée et avec un ours, est époustouflante et magnifiquement tournée. La musique envoûtante de Sylvain Goldberg ajoute une dimension « thriller international » à cette séquence. Bien que cette scène soit la seule de cette intensité et de ce réalisme, elle laisse le spectateur sur sa faim.
La beauté des paysages du Jura est à couper le souffle. On voit que le réalisateur y a mis beaucoup de travail et de cœur, notamment sur la colorimétrie et le son, rendant chaque plan visuellement et auditivement captivant.
Le personnage de Michel (Franck Dubosc) est un vendeur de sapins en pleine saison des fêtes de Noël. En rentrant chez lui, il évite un ours sur la route, mais percute une voiture sur le bas-côté, tuant une femme sur le coup, puis un homme par la suite. De retour sur les lieux avec sa femme Cathy (Laure Calamy, très convaincante de bout en bout), ils découvrent deux millions d’euros en billets dans le coffre de la voiture percutée. À partir de là, une série de situations s’enchaînent, mêlant polar, drame et comédie avec des dialogues ciselés.

Le film connaît de nombreux rebondissements et maintient un rythme soutenu pendant un moment. Cependant, dans la deuxième partie, quelques lenteurs apparaissent avec une ou deux scènes qui abordent des sujets intéressants, mais ne durent que quelques minutes, sans logique apparente. Le final, loufoque et délirant, vient boucler le spectacle de manière très agréable dans l’ensemble.
Franck Dubosc joue à merveille et a réussi à tirer le meilleur de chaque acteur et actrice. Benoît Poelvoorde et Joséphine de Meaux, en gendarmes locaux professionnels, mais dépassés dans leur vie personnelle, apportent beaucoup au film et sont excellents. Les méchants jouent bien leur rôle, et les migrants sont touchants, rendant l’ensemble crédible et immersif, hors quelques scènes.
Le film aborde également de nombreux thèmes sociétaux avec courage : les relations amoureuses et avec les ex, les relations parents-enfants et l’éducation, la dureté de la vie des migrants et leur exploitation, ainsi que les dynamiques sociales dans un village où tout le monde se connaît. Un ours dans le Jura apporte ainsi du rire, de l’émotion et tient en haleine, un défi réussi.
Malgré quelques petits irritants, le film est une réussite. On passe un très bon moment en regardant sur grand écran ce « Fargo » à la française. À voir.
Pourquoi que 4 sur 5 alors ?
Les styles de films s’empilent, et les scènes oscillent parfois entre réalisme et loufoqueries improbables. Cela pourrait être déroutant pour certains spectateurs, surtout dans la deuxième partie du film.
TVA Films distribue ce film au Québec, qui a aussi reçu le soutien de Netflix, qui le diffusera plus tard en France sur sa plateforme.

Lilian Largier | Journaliste
Homme curieux, Lilian est passionné par le jazz et la musique francophone. Il aime les belles rencontres humaines, découvrir d’autres univers et la musique du monde. Il apprécie aussi le cinéma francophone, les expositions et les spectacles d’humour. Il est actuellement journaliste pigiste professionnel, mais étudie également en cours du soir au certificat en journalisme à l’Université de Montréal. Photographe amateur à ses heures.

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : Julien Panie
