Le Centre Bell s’est transformé en véritable machine à remonter le temps, le 22 février, alors que The Offspring faisait escale à Montréal avec sa tournée SUPERCHARGED Worldwide. Devant une foule composée de fans de longue date — et de nombreux trentenaires et quadragénaires élevés aux radios des années 1990 — le groupe californien a livré une performance efficace, festive et généreuse.
L’ouverture avec Come Out and Play a immédiatement donné le ton : parterre en ébullition, gradins debout et refrains scandés à pleins poumons. Le bloc All I Want, Want You Bad et Looking Out for #1 s’est enchaîné sans temps mort, suivi de Staring at the Sun et Walla Walla, replongeant la salle dans l’époque Americana.
Entre classiques et clins d’œil
Le medley Hit That / Original Prankster a déclenché une première vague de nostalgie, avant que Hammerhead et Make It Alright rappellent que le groupe continue de proposer du matériel post-2000. Mais c’est Bad Habit qui a véritablement fait exploser le Centre Bell, chantée en chœur du début à la fin.
The Offspring a également rendu hommage à Black Sabbath (Electric Funeral / Paranoid), à Ozzy Osbourne (Crazy Train) et à Edvard Grieg (In the Hall of the Mountain King) à travers de courts extraits, avant d’interpréter au complet I Wanna Be Sedated des Ramones. Puis Hey Jude des The Beatles, entamée après un Gone Away au piano partiellement dépouillé, a ravivé le cœur du public.
Sachant que le groupe a enregistré une version française de We Never Have Sex Anymore, intitulée Guerre sous couvertures, on aurait pu s’attendre à ce qu’il la joue pour le public francophone montréalais, mais cela n’a pas été le cas. Le concert est resté concentré sur ses succès les plus connus, pour le plus grand plaisir des fans.
Finale en rafale
La dernière portion du concert a aligné les gros canons : Gotta Get Away, puis Why Don’t You Get a Job?, Pretty Fly (For a White Guy) et The Kids Aren’t Alright, avec un public transformé en karaoké géant sur le refrain de Why Don’t You Get a Job?. Pour Pretty Fly (For a White Guy), le public a pu voir sur scène l’acteur Guy Cohen, qui apparaît également dans le vidéoclip de la chanson. Vers la fin du morceau, plusieurs fans habillés comme lui dans le clip sont même montés sur scène, ajoutant une touche ludique et interactive au spectacle.
Le rappel, avec You’re Gonna Go Far, Kid et l’inévitable Self Esteem, a confirmé que la nostalgie demeure le moteur principal du spectacle — une nostalgie assumée, portée par une maîtrise scénique impressionnante, où musiciens et projections vidéo étaient parfaitement coordonnés pour soutenir l’énergie et l’ambiance de chaque chanson.
Une efficacité intacte
Musicalement, le groupe est toujours aussi solide : guitares mordantes, section rythmique précise et Dexter Holland en bonne voix. L’interaction entre Holland, Noodles et le public ajoutait une touche authentique et chaleureuse. La mise en scène, simple mais efficace, appuyée par quelques projections vidéo, laissait toute la place à l’énergie et aux chansons.
Plus de trente ans après ses débuts, The Offspring sait encore comment faire lever un Centre Bell. Pas de révolution, mais 90 minutes de succès, de refrains fédérateurs et de pur plaisir. Et hier soir, Montréal a eu la preuve que le groupe n’a peut-être plus 20 ans, mais sait toujours faire vibrer un aréna entier.
Liste des chansons du concert – The Offspring, Centre Bell
Concert principal :
- Come Out and Play
- All I Want
- Want You Bad
- Looking Out For #1
- Staring At The Sun
- Walla Walla
- Hit That / Original Prankster
- Hammerhead
- Make It Alright
- Bad Habit
- Electric Funeral / Paranoid (Black Sabbath)
- Crazy Train (Ozzy Osbourne)
- In The Hall of The Mountain King (Edvard Grieg)
- I Wanna Be Sedated (Ramones)
- Gotta Get Away
- Gone Away
- Hey Jude (Beatles)
- Why Don’t You Get A Job?
- Pretty Fly (For a White Guy)
- The Kids Aren’t Alright
Rappel :
- You’re Gonna Go Far, Kid
- Self Esteem

Serge Larivière | Journaliste
Passionné de musique, Serge ne jure que par les succès d’ici et d’ailleurs des années 80, 90 et début 2000. Avec les années, il s’est toutefois découvert une nouvelle passion pour tout ce qui touche l’humour québécois. On comprend, il adore rire et faire rire les gens.

