Danse macabre de Saint-Saëns
Fondée par Gabriel Felcarek, Francis Choinière et Nicholas Choinière, GFN Productions a présenté à la Maison symphonique le 6 décembre dernier un récital à deux pianos comportant des pièces de répertoire bien choisies pour la saison hivernale. Les pianistes Jean-Philippe Sylvestre, originaire de Sainte-Julie, au sud de Montréal, et Serhiy Salov, de Donetsk en Ukraine, ont interprété quatre pièces célèbres du répertoire classique très populaires.
En première partie, Danse macabre de Camille Saint-Saëns. Un poème allégorique composé en 1874 d’après le poème d’Henri Cazalis : Égalité-Fraternité tiré de son recueil L’Illusion. La danse des morts est un thème datant du Moyen Âge et souvent repris par les poètes et illustrateurs anciens. Saint-Saëns reprend ce thème antique dans sa version orchestrale innovatrice et, pour créer un effet de surprise sonore, l’agrémente de xylophone pour imiter les claquements des os des cadavres qui dansent et s’entrechoquent avec frénésie durant la nuit. Nos deux musiciens ont réussi à traduire les moments de pur bonheur auditif avec des arrangements vraiment ingénieux. On oublie que Saint-Saëns a écrit pour un orchestre de plusieurs instruments dont violons, cymbales, trompettes, violoncelles, harpe et hautbois…
Casse-Noisette de Tchaïkovski
Les deux pianos poursuivent ensuite avec Casse-Noisette de Tchaïkovski, un succès formidable pour nos oreilles depuis sa création au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg en 1892. On l’a beaucoup aimé et beaucoup fredonné. Les airs nous enchantent mais Jean-Philippe Sylvestre nous avait avertis : les arrangements pour deux pianos sont différents de l’orchestration originale. Pour ma part, j’ai regretté un peu les violons, les tambours et les cuivres qui donnent toute la profondeur à l’œuvre. Quand même, la Valse des fleurs parvient à nous faire rêver des chics soirées dansantes des Fêtes.
Suite no 2 de Rachmaninov
En deuxième partie, la Suite no 2 pour deux pianos de Sergueï Rachmaninov s’ajuste parfaitement aux doigtés des instrumentistes. Quatre mouvements distincts : une intro jouée comme une marche militaire, une valse rapide, une évocation romantique au rythme modéré et enfin une tarentelle, formidable danse italienne évoquant la guérison de la morsure de l’araignée tarentule. Vraiment réjouissant avec les deux pianos.
Le Carnaval des animaux
Enfin, Le Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns est une fresque étrange composée en 1886 pour le Mardi Gras, dans le but de faire rire, malgré sa réputation de compositeur sérieux… On s’étonne de reconnaître les différents sons associés aux poules et coqs, la marche royale du lion, les tortues, le marsupial nommé familièrement kangourou, le coucou au fond des bois et les éléphants au pas lourd. La plus séduisante, pour moi, a été certainement L’Aquarium : on y perçoit les mouvements fluides des poissons et des algues dans leur univers aqueux, et ça transporte les esprits !
Une soirée divertissante où les deux pianistes ont été chaudement applaudis.



Michel Jolicoeur | Journaliste

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : Steve for Tam Photography
