Le samedi 26 novembre, nous nous sommes glissés au milieu de la foule du Salon du livre de Montréal. Nous en avons profité pour partir à la rencontre d’auteurs québécois inspirants.
Lucie Désaulniers
Ancienne enseignante et directrice d’école, elle publie son deuxième roman intitulé Le concierge, publié aux éditions Arts Global, un suspense psychologique.
Quelle a été votre inspiration pour ce livre ?
J’ai écrit Le concierge à partir d’un fait vécu. Dans une petite école primaire de campagne, composée d’une vingtaine de femmes vulnérables, est arrivé un nouveau concierge, le personnage principal. Il a commencé à avoir un comportement malveillant avec les gens, et n’acceptait pas que la directrice soit une femme. Il a fini par faire de mauvais coups et par harceler les gens, allant très loin. Le climat a commencé à être inquiétant.
Quelle est la part de fiction et de réalité ?
J’ai mélangé les deux. Dans la réalité, c’était assez troublant. Nous n’étions pas capables de nous en défaire, étant dans une institution publique avec des règles. C’est 20 ans après que je raconte cette histoire, mais différemment. Il fallait que j’attende, car j’ai craint cet individu pendant longtemps. Les premiers lecteurs me racontent qu’ils se laissent happer par l’histoire et me posent des questions. Je voulais aussi rendre hommage à l’enseignant, le personnel du service de garde et la secrétaire, qui est la première cible.


Denis Lessard
L’ancien journaliste et chroniqueur politique québécois sort Par-delà les scandales – rivalité, crises et réformes politiques aux Éditions La Presse.
Ce livre est-il une reprise de vos chroniques ?
C’est essentiellement un recueil d’une partie de mes chroniques, souvent basées sur un anniversaire, comme le 50e de la crise d’octobre, le 20e de telle crise au Parti québécois. Je remonte à une centaine d’années.
La crise d’Oka, et des événements qui ont marqué ?
Oui. Il y a aussi l’apparition de programmes comme l’assurance médicaments et l’assurance maladie, les négociations constitutionnelles à Victoria, celles qui ont entouré Charlottetown. Il s’agit d’une série de faits saillants de 1 500 mots chacun, avec donc des chapitres assez courts à lire. J’ai rajouté un texte sur René Lévesque pour le 100e anniversaire de sa naissance. Après il y a des portraits de politiciens comme Bernard Landry, Robert Bourassa, Lucien Bouchard ou Gilles Duceppe. J’aborde aussi la création du ministère de l’Éducation ou de l’assistance publique devenue l’aide sociale, sans oublier d’évoquer des scandales comme celui des commandites ou du lobbying, qui ont cristallisé l’opinion.


Sonia K. Laflamme
La Romualdienne écrit beaucoup pour la jeunesse, avec pour exemple Enquêtes sur mesure, mais s’aventure aussi ailleurs avec Mamu. Les deux ouvrages sont parus chez Hugo et Compagnie.
Pourriez-vous nous présenter votre livre Enquêtes sur mesure ?
L’histoire se passe dans ma ville d’enfance, à Saint-Romuald, près de Lévis. Des chats vont disparaitre. Le personnage Joannie Cardinal, une jeune adolescence, rêve de devenir inspectrice de police. Elle va avoir l’occasion d’enquêter sur ces disparitions. Elle va recevoir des énigmes du kidnappeur et devoir trouver la clé pour découvrir l’emplacement où se trouvent les chats.
Et pour votre livre Mamu ?
Mamu veut dire ensemble en Innue. Il s’agit d’une fiction, avec un fond de réel basé sur les mentalités. C’est l’histoire de Jack, un métis blanc et innu. Quand il est avec les autochtones, il est considéré comme un blanc et quand il est avec les blancs «comme un sauvage». Il vit dans une petite communauté innue où il y a une série de suicides. Sa grand-mère va lui suggérer de prendre le large. Il va aller aux États-Unis et rencontrer des gens qui ont aussi des problèmes identitaires. Il va revenir ensuite et se rendre compte qu’il n’a pas à choisir [entre ses deux cultures]. J’aborde mes livres, souvent à partir de questions identitaires, c’est très important pour moi.



Mélanie Minier
Auteure native de Jonquière, la Saguenéenne a reçu le premier prix du concours littéraire Damase-Potvin avec sa nouvelle Elle s’appelait Zaharah. Elle est revenue pour ce salon avec son dernier roman Cascouia chez Léméac Éditeur. Elle a sorti en août une série jeunesse, Ma famille pas ordinaire, chez Dominique et Compagnie.
Votre roman se passe dans la baie Cascouia qui est située dans votre région, si je ne me trompe pas.
C’est un roman fictif paru en avril. Mais les lieux sont vrais, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Nous nous promenons à Jonquière, Chicoutimi, Alma ou Arvida. L’action se passe principalement dans le village de Larouche près d’Alma dans un chalet. Je me suis inspirée du chalet de mon grand-père, où j’ai passé mes étés quand j’étais petite. J’ai élaboré une histoire autour de ça.
Que se passe-t-il dans cette ville et ce chalet ?
C’est une fille qui travaille à Montréal depuis de nombreuses années et qui est à la croisée des chemins. Elle se rend compte qu’elle est devenue quelqu’un d’autre qui ne lui ressemble plus. Elle décide de tout laisser tomber et de retourner au Saguenay, dans le chalet de son père, qui est décédé lorsqu’elle avait 11 ans, dans des circonstances nébuleuses.
Donc, elle fuit Montréal pour retrouver un passé un peu trouble … ?
Oui, elle retrouve des choses qu’elle avait laissées en plan dans sa région. C’est le récit d’une reconstruction. Les personnages sont plus grands que nature. Ils représentent bien les Saguenéens, soient des personnes chaleureuses, mais un peu intrusives. Les voisins vont en faire trop, mais être là pour l’aider finalement. Un personnage Wilfrid est vraiment drôle, inspiré de mon père. Les dialogues sont en joual. Il y a aussi un enfant autiste non verbal, qui a dû mal à communiquer, qui n’habite pas loin du chalet avec qui elle va nouer une relation très particulière. Elle va se redécouvrir, rejouer du piano […].



