Ce mois-ci, la magie de la musique de Renaud est mise en avant avec un hommage symphonique à l’artiste. Les deux dates, le 9 octobre à Montréal et le 11 octobre à Québec, sont une façon de célébrer l’influence que Renaud a eue sur la francophonie.
Décrit comme une « déclaration d’amour du Québec », l’hommage rassemble plusieurs artistes de différentes générations : Betty Bonifassi, Daniel Boucher, Émile Bourgault, Édith Butler, France Castel, Luc De Larochellière, Antoine Gratton, Yann Perreau, Marie-Jo Thério, Mara Tremblay et Édouard Tremblay-Grenier. Ensemble, ils interprètent des classiques qui ont touché le cœur des gens, accompagnés de l’Orchestre national de jazz.
Renaud est avant tout un poète. Depuis le début de sa carrière, il nous transporte dans de petites histoires drôles, émouvantes et remplies d’observations. Il nous fait réfléchir sur la société dans laquelle on vit, sans crainte d’exprimer ses opinions politiques. Ce sont des histoires intelligentes et créatives qui jouent avec la langue pour faire couler les phrases de manière ludique.
En ce qui concerne la musique, c’est un beau mélange d’énergie, d’ambiances légères, de douceur et de ballades. Il y a une chanson de Renaud pour accompagner chaque humeur et chaque occasion ; c’est pour ça que sa présence dure depuis 50 ans et continuera à toucher le public. Bien que Renaud vieillisse et qu’il ne soit plus capable de chanter comme auparavant, l’image de l’artiste et la pertinence de ses chansons restent toujours présentes.
L’hommage symphonique est donc un beau cadeau pour Renaud, qui était de passage au Québec en 2024 pour sa tournée Dans mes cordes. Lors de cette tournée, il a interprété ses chansons, dont Morgane de toi, En cloque, Le petit chat est mort et Dès que le vent soufflera, accompagné d’un orchestre de cordes.
On a parlé avec Édith Butler par téléphone une semaine avant l’hommage symphonique. L’Acadienne a partagé avec nous son lien avec Renaud et nous a donné un aperçu des préparatifs des spectacles.
Quelle est ta relation avec la musique de Renaud ? Est-ce que Renaud est quelqu’un qui t’a influencée pendant ta carrière ?
J’ai rencontré Renaud en 1987. Il est venu faire un spectacle avec nous pour la Fête nationale du Québec, donc on a passé l’après-midi ensemble. On a fait des répétitions, puis le spectacle. J’ai aussi vu le spectacle qu’il avait fait à Paris avec une espèce de grand bateau. C’était très, très bon. J’ai toujours continué à écouter sa musique et j’ai suivi sa vie, ses problèmes et la façon dont il a réussi à en sortir. Tout ça m’a beaucoup façonnée parce que Renaud est un homme simple qui n’a pas peur de dire des choses. Il a une belle poésie. Dans l’hommage, je fais une de ses chansons que j’aime beaucoup, qui s’appelle La mère à Titi.
Oui ! J’adore cette chanson !
C’est tellement beau et descriptif. Tu vois vraiment la mère à Titi et sa maison. C’est vraiment bon.
Donc, c’est cette chanson que tu vas interpréter pendant le spectacle ?
Oui, je suis très heureuse de ça et de faire partie de cet hommage. On est 12 artistes qui l’aiment beaucoup. On est accompagnés d’un orchestre de jazz symphonique et ça, c’est quelque chose de grand. C’est agréable, en plus, de chanter avec un orchestre ! On participe aux chansons des autres : des duos, des trios et on fait des back-up vocals. Ça va être très beau et joyeux !
À quoi ressemblent les préparatifs de l’hommage symphonique ? Avez-vous beaucoup de répétitions ensemble ?
Oui, il y a beaucoup de répétitions, mais pas avec l’orchestre. On répète avec un piano, puis à partir du 5 octobre, on commence avec l’orchestre. Tout le monde va être là parce qu’on pratique de 14 h à 17 h. Il y aura des répétitions tous les jours.
Selon toi, quelle est l’importance de la musique de Renaud pour les générations plus jeunes ? Penses-tu que ces spectacles vont attirer leur attention ?
Je ne sais pas si les plus jeunes vont se déplacer tant que ça pour le spectacle. Si c’était un spectacle gratuit, ils se déplaceraient. Je sais qu’il y a des jeunes qui dépenseraient 1 000 $ pour voir des artistes américains reconnus qu’ils aiment beaucoup. Quand nous, on arrive, ils n’ont plus d’argent ! Les gens qui connaissent le plus Renaud sont les gens plus vieux, mais peut-être pas aussi vieux que moi [rire].
Penses-tu que ses chansons résonnent toujours avec les jeunes ?
C’est difficile maintenant parce qu’on ne sait pas tout le temps où passe notre musique et on ne sait pas où elle va non plus [rire]. On cherche ma musique et on dit : « Ahh, c’est sur Spotify ! » Mais pour moi, Spotify est dans le ciel quelque part, je ne sais pas où ça se trouve !
S’ils entendent les chansons de Renaud, ils vont comprendre. Ce que dit Renaud est pour tout le monde, autant pour les plus vieux que pour les plus jeunes. Tout le monde peut se retrouver dans sa poésie. S’ils réussissent à l’entendre, ils apprécieront cette musique-là.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre et vit maintenant à Québec. Elle est francophone dans l’âme et aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent des histoires, que ce soit dans les paroles ou dans le lien personnel que la musique peut créer.

