Un homme visite son père vieillissant et diminué par la maladie. Un père, qui comme tant d’autres, a été absent, même quand il était présent. Un père silencieux qui pose des regards remplis de culpabilité et d’affection sur son fils. Et un fils qui parle, qui questionne sans accuser, avec toute la douceur qu’un enfant porte à son parent.
Le fils veut comprendre qui est justement son père. Entre ce que la mère lui a raconté, ce qu’il a vu et ressenti et ce qu’il comprend, quelque chose lui échappe. Mais le père ne dira jamais un mot et le fils devra lui-même tirer ses conclusions.
Un puissant face à face
Martin Faucher occupe l’espace entier par sa seule présence. Il ne prononce aucun mot et est en scène pendant 1 heure 45 minutes. Il parle avec son corps. Il crie sa douleur dans ses gestes. Il réussit l’exploit de communiquer ses émotions en silence, silence qui est plus éloquent que biens des paroles.
Félix-Antoine Boutin, quant à lui parle toute la durée de la pièce. Un long monologue où le personnage se glisse loin dans le passé, se remémorant des moments charnels de son enfance. Toute une gymnastique pour un comédien qu’il réussit haut la main. Il est attendrissant en fils qui remue mes souvenirs afin de mieux comprendre ce qui a bien pu arriver à ce père qui était absent même dans la présence.
Le poids du silence
Jérémie Niel signe une belle mise en scène sobre, faite de clair-obscur et de zones grises. Un texte livré à la manière de confidences, où les silences sont tout aussi importants que les mots prononcés.
Qui a tué mon père
Texte d’Édouard Louis
Mise en scène de Jérémie Niel
Avec Félix-Antoine Boutin et Martin Faucher
Une production de Pétrus en codiffusion avec le Théâtre de Quat’Sous.
À l’affiche au Théâtre de Quat’Sous jusqu’au 10 décembre
Crédit photo : Fabrice Gaëtan
Texte : Tania Lamoureux
