Patrice Michaud a signé le 15 juin dernier sa neuvième participation aux Francos dans le même Théâtre Maisonneuve où, onze ans plutôt, il faisait la première partie du spectacle des Douze hommes rapaillés (avec Louis-Jean Cormier, Gilles Bélanger, Pierre Flynn, Michel Faubert, Yann Perreau, Vincent Vallières, Martin Léon, Yves Lambert, Michel Rivard, Daniel Lavoie, Jim Corcoran et Richard Séguin). Habitant la scène, l’auteur-compositeur-interprète gaspésien s’est avancé plusieurs fois sur le devant de la scène, pour échanger avec le public, faisant preuve de beaucoup d’humour.
Ses musiciens (Marc Chartrain, batterie, Mark Hébert, basse, Simon Pedneault, guitares, et Marie-Pierre Bellefeuille, claviers) ont été soutenus pendant tout le spectacle par le quatuor à cordes Esca (trois violons et un violoncelle) qui a sublimé l’ensemble. « Attachez vos ceintures », a-t-il prévenu dès le départ.
Le tendre titre Origami (2021) issu de son dernier album Grand voyage désorganisé a ouvert le bal. « Les Francos les plus libératrices, car depuis un moment on était plutôt sur les informations on joue, on joue plus… donc maintenant, chaque fois, nous jouons comme si c’était le dernier spectacle. Donc si vous avez envie de chanter, de danser ou de brailler, vous pouvez », avant d’interpréter Julie revient. Julie s’en va (2017) comprenant de belles harmonies vocales avec sa bande.
Avant d’entamer Golden Record (2021), l’artiste s’est arrêté une première fois sur l’année 1977 : « Avec la mort d’Elvis, la coupe Stanley pour les Canadiens de Montréal [contre les Bruins de Boston]. Le 5 septembre 1977 a été envoyé dans l’espace la sonde spatiale Voyager 1, pour aller le plus loin possible, sans retour, avec dedans un disque d’or (ou Voyager Golden Record) où ont été gravées des photos, les plus belles comme pour une agence de rencontre, mais aussi des musiques. »
Après Apocalypse Now (2017), Patrice Michaud nous a touché avec son récent titre 1977 (2021), nous parlant en introductiondu 9 septembre 1977, jour du mariage de ses parents : « Mon père avait les cheveux longs, la barbe aussi, sa veste en velours, son col deltaplane et son pantalon pattes d’eph. Une date avec des retombées notables, car vous ne seriez pas là ce soir ».
Après de doux moments, comme pour Je t’aime comme je mens (2021) ou La guerre de toi n’aura pas lieu (2021), l’artiste a offert un beau cadeau lors d’un retour dans son enfance. Il pratiquait le patinage artistique dans un aréna qui ne possédait qu’une seule cassette de musique de 60 minutes pour les accompagner. Il reprend, alors, le titre numéro un de la Face B de ladite K7, soit Living on my own de Freddie Mercury. Le public se lève, tape dans les mains et danse.
L’ambiance monte encore d’un cran avec les populaires et entrainantes Kamikaze (2017) et Vous êtes ici (2021) qui lui vaudra des applaudissements pendant de nombreuses minutes.
« La sonde spatiale Voyager n’a jamais arrêté sa route. Je viens de Gaspésie, je sais quand cela est loin », avant Un point bleu pâle (2021) aux paroles finalement très actuelles : c’est un grand voyage désorganisé, avec des inconnus qui rêvent de s’embrasser.
Trois rappels suivront dont le plus célèbre Mécaniques générales (2014), repris en cœur par une foule en feu, ou le dernier pendant lequel il invite Kathleen Sergerie, originaire comme lui de Cap-Chat en Gaspésie, pour un duo sur le tube de la chanteuse sorti en 1992 : Ça va bien, qui était la chanson numéro 2 de la Face B de la fameuse K7, si vous avez suivi…


