Le troisième lundi du mois de janvier serait considéré comme étant le jour le plus déprimant de l’année. Pour souligner cette journée tout en humeur et en humour, une quatrième édition de La Nuit de la déprime s’est tenue, à guichets fermés, le 22 janvier au Théâtre St-Denis. Durant deux heures trente, Christian Bégin et ses 18 invités, sous l’excellente direction musicale d’Antoine Gratton, ont tenté de mettre un peu de joie dans notre grisaille hivernale. Nous sommes ressortis de cette soirée avec le sourire aux lèvres et le baume au cœur !
Réunis pour une bonne cause
Plusieurs artistes de divers horizons participent avec cœur à ce projet, car les profits du spectacle seront à nouveau versés à la Fondation Ronald-Denis, qui œuvre à aider les personnes souffrant d’obésité morbide et qui, souvent, sont affectées également par la dépression. Chose certaine, durant cette soirée qui n’arrive qu’une fois par année, la morosité a été délogée par les éclats de rire !




L’inénarrable animateur de la soirée, Christian Bégin, contribue pour beaucoup à ce spectacle déjanté, qui a pour but de nous divertir et de nous changer les idées. Cynique et rempli d’autodérision, son humour est absolument tordant ! Commençant la soirée de façon ambitieuse en interprétant Tourne la page, ses mimiques nous faisaient déjà rigoler lorsque Nathalie Simard vient le retrouver pour chanter en duo avec lui. La soirée était lancée avec rythme et humour lorsqu’il déclare : « Ostie que je haïs ça chanter, c’est là qu’on voit que c’est un métier, et ce n’est pas le mien! »



Une distribution impressionnante
Nulle part ailleurs, on ne peut retrouver une brochette aussi diversifiée d’artistes, qui va de Klô Pelgag à Laurent Paquin en passant par Anne Dorval et Guylaine Tanguay. Animant la soirée sur un ton aussi joyeusement insolent, Christian Bégin, sarcastique, n’hésite pas à se payer la tête de ses nombreux invités. Le temps d’une soirée, ceux-ci se prêtent joyeusement au rôle et chanteront ou raconteront la déprime à leur façon. « Ce soir, une vingtaine d’artistes ont dit oui avec enthousiasme afin de donner le meilleur d’eux-mêmes et que, tous ensemble, on puisse réussir à ne pas se laisser asphyxier par les odeurs de fin du monde. »
Mettant fin à ses propos moroses, l’animateur fait place à la douce et lumineuse Ingrid St-Pierre, qui interprète Ficelles au piano avec beaucoup d’émotion. Guylaine Tanguay arrive ensuite sur scène pour chanter une version tout en voix et en chaleur humaine de La Bohème. Avec une pièce fort à propos intitulée Déposer les armes, Marie-Pierre Arthur suivra avec fougue et dynamisme. Son interprétation fera dire à Christian Bégin : « Y’a pas juste Le Clan Panneton qui déménage ! Après ça, tes oreilles sillent tellement que t’entends plus personne chialer ! »






Moments forts de la soirée
Précédés d’un duo improbable composé de Laurent Paquin et de Guylaine Tanguay chantant du country, nous avons eu la chance d’assister au grand retour sur scène de Véronique Béliveau, elle était magnifique dans sa robe longue en velours vert et ses longs cheveux roux, venue chanter Je sais pas avec une puissance vocale remarquable.






La grande championne de la promotion de la langue française, Monique Giroux, est venue chanter avec style Alors on danse. Eh oui, nous n’avons pas rêvé, elle a bel et bien dansé ! Plusieurs spectateurs sont restés ensuite bouche bée devant l’interprétation spectaculaire d’Un peu plus haut, un peu plus loin par Vladimir Kornéev. Avec sa voix puissante, il a encore une fois cassé la baraque comme l’an dernier, il s’est mérité une longue ovation.








Une déprime qui fait du bien…
Plusieurs numéros empreints de douceur se sont succédé après l’entracte, où Jacques Brel était encore à l’honneur : La chanson des vieux amants chantée par France Castel, ou encore La Quête interprétée par l’acteur Jean Maheux.



Des artistes sont venus apporter un peu de dynamisme et d’humour dans la morosité ambiante, comme Émile Bilodeau avec sa populaire chanson J’en ai plein mon cass ou bien du glamour flamboyant avec la reine des drag-queens, Gisèle Lullaby, vêtue de blanc satiné.
Des moments de grâce nous ont également été offerts durant la soirée, par la présence sur scène de Dominique Fils-Aimé, Marie Eve Janvier et Pierre Flynn. Leurs voies douces et magnifiques nous ont donné les frissons. Et c’est la grande Marie-Josée Lord qui a clôturé la soirée, spectaculaire par sa beauté et sa voix grandiose dans la pièce de Charlebois, Ordinaire.



















Tous les numéros de cette Nuit de la déprime ont enthousiasmé le public ! Cette soirée est une « catharsis » selon Bégin. On ne peut que lui donner raison, car dans ce contexte humoristique et émouvant, on passe du rire à l’émotion, et on en ressort avec le cœur plus léger. Dans ce contexte de morosité ambiante « aux effluves de fin du monde », cette soirée unique fait beaucoup de bien, estime Christian Bégin, qui reste convaincu que « l’art et la culture peuvent nous sauver, quand la vie a été adverse et l’est encore beaucoup. »
Rendez-vous en 2025
Par ailleurs, la production de La Nuit de la déprime a annoncé qu’une cinquième édition aura lieu l’an prochain, avec Christian Bégin à l’animation, au grand plaisir des spectateurs dans la salle. Les billets sont déjà en vente.











Liste des chansons et interprètes :
- Nathalie Simard & Christian Bégin – Tourne la page
- Ingrid St-Pierre – Ficelles
- Guylaine Tanguay – La bohème
- Marie-Pierre Arthur – Déposer les armes
- Laurent Paquin & Guylaine Tanguay – L’hôtel et la boisson
- Véronique Béliveau – Je sais pas
- Klô Pelgag – J’aurai les cheveux longs
- Monique Giroux – Alors on danse
- Vladimir Kornéev – Un peu plus haut, un peu plus loin
- France Castel – La chanson des vieux amants
- Pierre Flynn – En cavale
- Anne Dorval et Christian Bégin – Le téléphone pleure
- Jean Maheux – La quête
- Émile Bilodeau – J’en ai plein mon cass
- Dominique Fils-Aimé – Fall and All
- Gisèle Lullaby – Total Eclipse of the Heart
- Marie Eve Janvier – She Used to Be Mine
- Marie-Josée Lord – Ordinaire
Détails :
- Mise en scène : Benoit Rioux
- Direction artistique : Pierre Bernard
- Idée originale : Raphaël Mezrahi
- Textes : René Brisebois
- Production : Les Agents Doubles Productions

Josée Laberge | Journaliste
Passionnée de musique depuis son jeune âge et ayant une formation de pianiste, Josée a des goûts musicaux très éclectiques. Dévorant la culture sous toutes ses formes, elle adore assister à des spectacles ou événements de tous genres, afin de partager sa passion pour la richesse de la culture québécoise et de ses nombreux artistes talentueux.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.

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