À 23 ans, Mélodie Dalmont conjugue ses passions sur plusieurs fronts. Animée depuis l’enfance par l’amour du chant, elle enseigne à l’École de chant Marie-Pier Perreault depuis l’adolescence, tout en poursuivant des études universitaires en communication et en travaillant comme attachée de presse. Une jeune femme à l’agenda bien rempli, qui refuse de se limiter à un seul rôle. Voici une entrevue réalisée avec elle.
Mélodie Dalmont, professeure de chant
Peux-tu m’expliquer un peu comment tu en es venue à enseigner à l’École de chant Marie-Pier Perreault ?
J’étais élève à l’école de chant depuis deux ans (j’avais environ 15 ans) et Marie-Pier avait comme projet d’ouvrir une école de musique pour pouvoir en faire profiter plusieurs. Marie et moi avions développé une belle complicité, et j’étais passionnée par la musique, donc elle m’a proposé de me former pour que je puisse enseigner les bases du chant aux plus jeunes, âgés entre 3 et 7 ans. J’ai donc commencé à enseigner il y a sept ans, et je n’ai jamais arrêté depuis. Ça me passionne beaucoup de pouvoir partager ma passion avec la nouvelle génération.
Aujourd’hui, après avoir étudié un an et demi en technique de chant au Collège Lionel-Groulx et suivi des cours privés depuis l’âge de 9 ans, je peux enseigner à un public beaucoup plus large, incluant les adolescents et les jeunes adultes.
À seulement 23 ans, tu es déjà la doyenne du groupe d’enseignantes. Comment te sens-tu par rapport à ce titre ?
Je me sens privilégiée de pouvoir avoir ce titre, car l’école de chant a une grande place dans ma vie depuis maintenant dix ans. Cela montre à quel point je suis passionnée par ce que je fais après sept ans, et l’influence que j’apporte à mes élèves. C’est d’autant plus amusant de penser qu’il n’y a pas si longtemps, j’étais à la fois la plus jeune et la doyenne de l’école.
Comment décrirais-tu le lien que tu crées avec tes élèves ?
J’aime m’adapter à chaque élève en fonction de son tempérament. Je crée beaucoup de liens avec eux grâce à mon côté émotionnel. Je suis quelqu’un de sensible aux émotions, ce qui me permet de mieux les comprendre et de savoir comment ils se sentent.
J’ai beaucoup d’élèves qui commencent le secondaire, et ça m’aide à créer un lien avec eux, car je me revois à leur âge. Je sais que parfois, la confiance peut être un enjeu à l’adolescence. J’essaie toujours de mettre mes élèves à l’aise et surtout de vraiment apprendre à les connaître. Comme ça, on ne reste pas des inconnus, on peut rire quand il y a une erreur, et les conseils que je leur donne sont mieux assimilés, car il n’y a pas la pression de performer. Et ça, je le répète toujours à mes élèves.


Comment te sens-tu dans ton rôle d’enseignante là-bas ? Qu’est-ce que tu aimes le plus ? Qu’est-ce qui te passionne dans l’enseignement ?
J’adore enseigner et voir l’évolution de chacun de mes élèves. Comme tout le monde n’a pas la même base en chant, chacun fait face à des défis différents. Pour certains, les progrès prennent plus de temps, et je suis fière de chaque petite victoire, quelle qu’en soit la taille.
C’est extrêmement motivant de voir que mes conseils et mon enseignement permettent à mes élèves de ressentir la passion de la musique et d’être fiers d’eux-mêmes. En tant que chanteuse, je sais à quel point on peut être sa propre critique et très exigeante. C’est pourquoi je tiens à ce que chacun apprenne de ses erreurs, sans être trop dur envers lui-même. Se tromper fait partie du processus : si tout était toujours parfait, on n’apprendrait rien.
Est-ce que tu ressens une certaine pression de la part des élèves qui souhaitent faire carrière professionnellement ?
Personnellement, je n’ai pas d’élèves qui ont, pour le moment, l’intention de faire carrière. Comme mes élèves ont entre 7 et 20 ans, ils viennent surtout prendre des cours pour le plaisir d’apprendre à chanter et par passion. Donc, je dirais que non.
Qu’est-ce qui t’a le plus marquée depuis que tu as commencé à enseigner ? Y a-t-il une expérience en particulier qui t’a touchée ?
Je n’ai pas un moment précis, mais ce qui me touche le plus dans mon rôle, c’est quand je réussis à créer une vraie connexion avec mes élèves. Par exemple, j’ai une élève que j’accompagne depuis environ 3-4 ans. Elle était très timide, elle me parlait à peine au début. Et cette année, quelque chose a changé et elle s’est ouverte. On a pu approfondir sa technique, et au spectacle de fin d’année, elle a chanté Je vole de Louane (une chanson quand même difficile).
Elle s’est vraiment laissée porter par la musique, elle a osé pousser ses notes et se faire confiance. Voir ce genre d’évolution, ça me touche profondément. C’est ce genre de moment qui me rappelle pourquoi j’aime autant enseigner. Être témoin de ce cheminement-là, c’est un vrai privilège.


En donnant des cours, qu’est-ce que tu as découvert ou appris qui t’aide dans ta démarche artistique personnelle ?
Donner des cours de chant me pousse constamment à évoluer, même vocalement. Chaque élève a un registre vocal différent et ça les amène parfois à choisir des chansons assez complexes. Comme je dois les accompagner dans ces défis, je dois souvent montrer l’exemple, ce qui me pousse moi aussi à sortir de ma zone de confort et à atteindre des notes que je ne tenterais peut-être pas spontanément.
Enseigner m’a aussi aidée à avoir plus confiance en mon propre talent. J’ai commencé jeune, donc au début, je vivais un peu le syndrome de l’imposteur. Mais avec le temps, l’expérience et les résultats que je vois chez mes élèves, j’ai réussi à surmonter ça.
Et puis, cette année, j’ai eu la chance d’accompagner certaines élèves dans l’écriture de leurs propres chansons. Ça m’a vraiment redonné envie, et surtout la confiance, de me remettre à écrire moi aussi.
Si tu devais résumer ton expérience en trois à cinq mots, ce seraient lesquels ?
- Passion
- Complicité
- Dépassement de soi
- Plaisir
- Gratitude
Mélodie Dalmont, une chanteuse dans l’âme
Peux-tu me présenter ton parcours musical?
J’ai commencé à chanter à 9 ans en prenant des cours, et depuis, je n’ai jamais arrêté. Vers 13 ans, j’ai changé de professeure pour aller avec Marie-Pier Perreault. On a développé une belle relation et sommes devenues très proches.
Deux ans plus tard, elle a eu un enfant, qui est allé à la pré-maternelle où travaille ma mère. Moi, j’ai toujours été entourée d’enfants, j’ai grandi avec eux. Un jour, elle m’a demandé si je voulais enseigner l’éveil musical. J’ai commencé à donner des cours à des tout-petits, puis tranquillement, j’ai pris de l’expérience. Aujourd’hui, ça fait sept ans que je suis là. J’ai commencé à 15 ans, j’en ai 23. Je suis la doyenne de l’école!
Est-ce que tu enseignes encore seulement aux enfants?
Non. Quand j’ai terminé le secondaire, je suis allée au Collège Lionel-Groulx en chant pop. J’ai fait un an et demi, puis j’ai arrêté pendant la pandémie. J’ai continué à prendre des cours de chant en parallèle, donc avec le temps, j’ai accumulé beaucoup d’expérience. Aujourd’hui, j’enseigne aussi à des ados et à de jeunes adultes. J’aime ça, surtout les ados, car je comprends ce qu’ils vivent.
Est-ce que tu fais aussi des contrats musicaux de temps en temps?
Pas en ce moment. Quand j’ai arrêté ma technique, j’ai dû me trouver un plan B. Je ne voulais pas juste enseigner, je trouvais que c’était trop routinier. J’aime faire plein de choses! Je suis donc entrée à l’université en communication. En parallèle, j’ai continué à écrire des chansons, mais pour moi. J’en ai plusieurs, certaines sont commencées, mais pas terminées.
Quand j’ai quitté le cégep, j’avais perdu un peu de passion. Mais tranquillement, elle est revenue. Maintenant, ça va beaucoup mieux. Pour l’instant, je me concentre sur mes études, mais après je veux finir mes chansons avec quelqu’un quand j’aurai plus de temps.
L’école de chant organise des spectacles où les élèves se produisent aux côtés de leur enseignant. Dans ce genre d’événement, préfères-tu chanter ou faire briller tes élèves ?
Je dirais que j’aime les deux. Quand je chante, je prends ma place. Mais quand ce sont mes élèves, je les laisse briller. Je les accompagne souvent sur scène, mais je veux qu’ils vivent leur moment. Quand c’est mon tour, je me permets d’être la vedette. Je suis un peu deux personnes : timide à l’extérieur, mais plus extravertie une fois qu’on me connaît. Sur scène, je me transforme. Je deviens une autre. Je peux être extra, je peux shiner.


Tu disais avoir des chansons écrites. Tu penses pouvoir les sortir un jour?
Oui, il y en a une en particulier qui a beaucoup de potentiel. J’ai longtemps été bloquée sur cette chanson, car c’est très personnel. J’écris toujours à partir de ce que je vis. Je ne pense pas donner mes chansons à quelqu’un d’autre, j’y suis trop attachée. Mais elles pourraient être retravaillées et devenir quelque chose de beau. J’écris surtout en anglais, parce que c’est ce que j’écoute le plus, mais j’essaie aussi d’écrire en français. J’aime les deux. Il ne me manque qu’un réalisateur ou un producteur pour avancer.
Tu n’écris pas quotidiennement avec les études, j’imagine…
Non. J’écris des phrases ici et là. L’université prend beaucoup de temps. Je travaille aussi. Pendant la COVID, j’avais plus de temps libre. C’est là que j’ai commencé à écrire sérieusement. J’écrivais chaque jour au piano. Mais depuis que les études ont repris, je me concentre sur mon enseignement et mes cours. Bientôt, je termine, donc je vais pouvoir recommencer à écrire plus régulièrement.
Je ne suis pas une virtuose du piano, mais je connais mes accords. C’est comme ça que je compose. Ça me donne une base solide pour écrire.
Dans un monde idéal, à quoi tu aspires à long terme?
J’aimerais continuer en communication, parce que j’ai étudié trois ans là-dedans. Mais en parallèle, je veux aussi finir mes chansons. Mon objectif principal, c’est de trouver quelqu’un pour m’aider à amener ma musique plus loin. Parce qu’écrire, composer, arranger… faire tout ça toute seule, c’est vraiment beaucoup. J’ai besoin d’un autre regard, d’un collaborateur.
Est-ce que ton expérience comme attachée de presse chez Communications Narimane, où tu rencontres des musiciens d’expérience, peut t’aider dans ton parcours ?
Oui, vraiment. Depuis que je travaille en communication avec des artistes, ça me motive. Voir la magie en coulisses, ça me donne confiance. Je me dis : les gens sont là pour aimer ce que tu fais. Ça m’encourage à écrire, à être plus audacieuse.
Et puis, j’ai été chanceuse à l’école de chant. Chaque année, on monte un vrai spectacle avec des musiciens professionnels. On travaille avec des musiciens qui ont joué pour Isabelle Boulay, Kaïn… Par exemple, Étienne Joly (2Frères, Matt Lang), je le connais depuis longtemps. Tous ces gens-là, je les côtoie. Ça me motive encore plus. Je sais qu’ils pourront m’aider, le moment venu.
Tu crois que c’est réaliste de sortir ta propre musique un jour?
Oui. Avant, j’avais tendance à me limiter, mais Audrey-Anne Séguin — qui enseigne aussi à l’École de chant Marie-Pier Perreault — m’a dit un jour : “Tu es une chanteuse. Assume-le.” Depuis ce moment-là, je le dis haut et fort : je suis chanteuse. Mais je suis aussi en communication, et je suis professeure de chant. Je suis trois choses en une. Et je crois sincèrement qu’on peut tout faire dans la vie. On n’est pas obligés de se mettre dans une seule boîte
Qu’est-ce qui t’inspire quand tu écris? Et ton style musical, il ressemble à quoi?
J’écris souvent des chansons tristes qui viennent rejoindre les gens. Mon style, c’est souvent des ballades un peu tristes, mais parfois je me challenge en essayant des chansons plus rythmées. J’aime explorer plein de styles différents pour finalement trouver vraiment mon son à moi
Charlotte Cardin m’inspire beaucoup, surtout pour la façon dont elle écrit. Sinon, j’ai beaucoup aimé Tate McRae à ses débuts. Mon but, c’est de toucher les gens avec des chansons dans lesquelles j’espère qu’ils pourront se reconnaître. Mon style c’est ça : de la douceur, du vrai, des émotions.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
