La chanteuse québécoise Lydia Sutherland fait clairement partie de mes coups de cœur New Country présentement. Nous avons de quoi être fiers de cette artiste originaire de Godmanchester, qui s’est d’ailleurs illustrée à l’échelle nationale lors de la compétition Sirius XM’s Top Of The Country. Nous avons eu la chance de lui parler avant qu’elle enflamme la scène au Festival LASSO la fin de semaine dernière.
Tu nous as rendus très fiers cette année, en tant que seule Québécoise de la compétition Sirius XM’s Top Of The Country. Raconte-nous ton expérience!
Lydia : Honnêtement, c’était dur à croire! C’est un concours renommé au Canada, en association avec les CCMAs (Canadian Country Music Association) et tout, donc, c’était un honneur! (…) La première année, je me souviens, quand j’étais allée au CCMAs, c’est le premier spectacle que j’ai vu (Top Of The Country 2021). C’était justement la grande finale avec Tyler Joe Miller, Kelly Prescott (et Raquel Cole). Ça m’a marquée, je ne sais pas, c’est l’fun … C’était comme le premier événement de l’industrie après la COVID on dirait, alors j’ai rencontré plein de personnes avec qui j’écrivais en ZOOM, que j’avais rencontré sur Instagram… Alors, je me rappelle cette soirée-là, ça avait été marquant pour moi. On dirait que ça venait bien boucler la boucle.
Et je me souviens t’avoir vue en spectacle, où tu nous présentais la chanson Chad, chanson s’adressant à tous ces « Chad » qu’on n’aime pas! (Rires) Comment en es-tu arrivée avec cette chanson-là?
Lydia : Oh mon Dieu! Une journée, je suis rentrée dans ma session (d’écriture) avec Aaron Pollock et Jimmy Thow et j’ai juste dit Man, he was such a Chad! Et les deux m’ont dit Pardon? Puis, on a googlé : il y a une définition urbaine de c’est quoi un « Chad » et ça faisait quelques fois que je voyais ça aller sur TikTok. Le mot Chad pour désigner un douchebag, qui porte sa casquette de côté, pas en avant, pas en arrière, de côté! (Rires) Alors, c’est vraiment comme ça. On voulait simplement écrire une chanson qui était l’fun. (…) C’est tellement facile d’écrire une chanson triste ; après une rupture, tu es comme « Ahhh, je m’ennuie! », mais moi, je ne m’ennuyais pas (rires) Je trouve ça bien d’apporter un peu de lumière dans des situations qui n’étaient pas nécessairement plaisantes.
Mais je crois que l’une des chansons de ton répertoire m’ayant le plus marquée jusqu’à présent, c’est ta chanson Dressing room. Pourquoi c’était important pour toi d’écrire cette chanson-là et de la chanter?
Lydia : Honnêtement, j’ai perdu probablement presque 100 livres. Je me rappelle au primaire surtout, mais au secondaire aussi, je me faisais achaler à cause de ma taille. Je trouve qu’aujourd’hui, on a un peu plus une conversation fluide à propos de ce qui est correct ou non, mais dans le temps, des fois… Même des gens de ta propre famille qui font des petits commentaires, des trucs comme ça. J’ai grandi avec ça et c’est quelque chose qu’on m’a vraiment installée dans la tête, que je ne suis pas belle si je suis grosse. (…) Et c’est vraiment triste, ce n’est pas correct. On dirait, c’est juste récemment, je viens d’avoir 25 ans, mais quand j’ai commencé à aller en thérapie à 22 ans, ma thérapeute m’expliquait des choses et je me suis vraiment rendu compte que c’est quelque chose qu’on m’a installé (dans la tête), que ce n’était vraiment pas ma perception de moi-même. Parce que ce n’est pas ma perception des autres non plus ; quand je vois quelqu’un de taille plus, je ne suis pas comme Ark. Et moi aussi, je suis un être humain et je ne dirais jamais ça à propos de moi. Alors, Dressing room, c’était comme mon dernier mental breakdown (dépression nerveuse) (Rires). C’est vraiment ça qui est arrivé : je magasinais justement pour les CCMAs et je n’étais pas capable de me trouver une robe de gala, c’était impossible! (…) J’étais avec mon meilleur ami Raphaël et j’ai juste dit Il n’y a rien qui brise mon cœur comme une salle d’essayage, c’est vraiment ça! Mot pour mot, c’est ce que la chanson dit et c’est comme ça qu’on l’a écrite… Alors, ça sort de ce moment-là.
Et maintenant, revenons à LASSO : qu’est-ce que ça te fait d’être ici aujourd’hui? Lydia : C’est tellement l’fun, car je suis venue ici l’année passée pour voir mon amie Robyn Ottolini etj’ai trippé sur le festival! C’est vraiment spécial pour moi, parce que de un, c’est mon premier spectacle full band à Montréal! Et je viens d’une petite ville à une heure de Montréal. J’ai beaucoup de famille et d’amis qui viennent me voir, alors j’ai hâte!
Tu rêves de faire la première partie de quel(le) artiste et qui verrais-tu faire ta première partie ou avec qui tu ferais un plateau-double?
Lydia : Ça, c’est dur! J’ai toujours la logique de me demander avec quel(le) artiste j’aurais du sens (Rires.) J’aime vraiment Kelsea Ballerini! (…) (Pour) un plateau-double, je ne ferais définitivement pas leur première partie, je ferais plus la leur… Mais Seaforth, je les aime tellement! Et personne ne le sait encore, mais Tom de Seaforth (Tom Jordan) produit mon prochain single. Alors, je travaille avec lui depuis quelques mois et c’est tellement drôle, car c’était l’un de mes groupes préférés! Alors, quand je l’ai rencontré, on a été prendre un café avant de commencer à travailler ensemble et j’étais comme Helloooo! (sous le charme) ! Donc, de faire un plateau-double avec Seaforth, je trouverais ça super!
Mais là, tu parles d’un prochain extrait… Ça va parler de quoi? Ça va s’intituler comment?
Lydia : C’est la chanson la plus country que j’ai faite jusqu’à présent. Parce que je suis quand même très pop dans le country. Ça s’appelle Girls at the Bar. C’est une chanson, c’est juste le fun, c’est rythmé. C’est à propos des filles que tu rencontres au bar à Nashville. Elles sont tellement fines, tellement cool ; elles te font sentir comme une star! Elles te trouvent belle, tu les trouves belles, et tu te fais de meilleures amies pour une soirée! C’est l’une de mes préférées jusqu’à présent!
Et ça, ça va se retrouver sur ton prochain EP qui s’en vient… Peux-tu nous donner plus de détails là-dessus?
Lydia : Qu’est-ce que j’ai le droit de dire? (Rires) Toutes les chansons sur le EP, ce sont mes histoires à 100%, il n’y a rien de réinventer, toutes les paroles sont vraies et se rattachent à mon histoire. C’est vraiment important pour moi en tant qu’écrivaine ; quand je rentre dans une session d’écriture, que je ne perde pas ma vérité. Ce sont toutes des chansons que j’ai vécues au cours des deux dernières années.
Laquelle de tes chansons aimerais-tu que les gens connaissent davantage?
Lydia : Je dirais Dressing room, parce que j’ai l’impression que c’est une chanson que les gens ont besoin d’entendre, même s’ils ne le savent pas.
Et un(e) artiste québécois(e) avec qui tu aimerais enregistrer un duo?
Lydia : J’aime vraiment Brittany Kennell! Je la connais quand même très bien, on a écrit plusieurs chansons ensemble, c’est l’une des premières amies que je me suis faite dans l’industrie à Montréal. Je suis vraiment une fan de sa musique, j’aime tout ce qu’elle écrit, c’est l’une de mes auteures préférées!

Billie-Lou Roy | Journaliste
Passionnée de musique depuis sa plus tendre enfance, Billie-Lou est directrice musicale de deux stations de radio en plus d’être animatrice, blogueuse et intervieweuse. Au cours des dernières années, elle s’est spécialisée dans la musique New Country, mais elle écoute de tous les styles musicaux. Elle a à cœur de promouvoir nos artistes d’ici et se réjouit toujours lorsque ceux-ci rayonnent à l’international.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.
