Ce mardi 1ier juin, nous avons eu l’occasion d’assister à quelques numéros de la très attendue comédie musicale Les Misérables présentée à l’Espace St-Denis dès le 20 juin. Découvrez nos entrevues et nos photos!
Entrevues
Alex Gaumond
Toi, tu un as rapport assez particulier avec Les Misérables : ce n’est pas la première fois que tu joues ce spectacle-là. Peux-tu m’en parler ?
J’ai commencé à jouer du piano quand j’avais 6 ans, j’ai commencé à chanter quand j’avais 14 ans, mais à jouer du théâtre, ma première expérience, c’était Les Misérables au cégep quand j’avais 17 ans. Ça m’a ouvert à l’univers des comédies musicales. Je suis juste entré là-dedans pour faire un projet avec mon ami qui était dans l’orchestre. J’ai auditionné, puis j’ai aimé ça. Avant ça, je faisais plus de la chanson pop. Même là, à la fin des années 90, tu sais, je ne pensais pas nécessairement faire carrière dans ça parce que ce n’était pas quelque chose qui était vraiment possible. On entendait parler de Robert Marien un peu, mais Notre-Dame de Paris n’était pas commencé.
On avait juste Starmania dans la culture québécoise, donc je ne pensais pas pouvoir faire carrière là-dedans. Puis là, mon père a eu une opportunité de travailler en Angleterre, donc est déménagés avec lui. J’ai postulé pour entrer dans une école là-bas, donc finalement, j’essayais de faire carrière là-dedans. Ça a tout changé mon parcours de vie, mais donc de revenir faire Les Misérables, 30 ans plus tard, pour ma première production professionnelle en français au Québec, c’est toute une aventure! En plus, Valjean, c’est le fil conducteur de l’histoire. Il y a beaucoup de personnages qui sont attachés à l’histoire, mais on part avec lui et, à la fin, c’est lui c’est le dernier à mourir. Spoiler alert : il y a beaucoup de personnages qui meurent (rires)!
Ça s’appelle Les Misérables pour une raison. En plus, j’ai le bon âge pour jouer ce rôle-là. Ça arrive dans un moment dans ma vie où j’ai beaucoup de recul, j’ai de l’expérience de vie que je peux apporter au rôle, ce qui est vraiment magnifique. Donc, je suis vraiment heureux de faire ce rôle-là ici dans cette production-là. J’ai tellement hâte qu’on commence avec le public!
Comment présenterais-tu ta version de Valjean ?
Comme je t’ai dit, j’ai l’âge, tu sais. Il y a de très bons acteurs qui l’ont joué à plein d’âge différents, mais moi, j’ai l’impression d’avoir le vécu nécessaire pour partir le show. Tu sais, quand il sort de prison, il vient de passer 19 ans en prison. Il y a quelque chose à un moment donné que, quand on a le même âge que le personnage, ça peut amener d’autres choses. Je pense que, ça, ça va me servir. Il y a aussi le fait que j’ai beaucoup d’expérience à Londres. Quand on a un contrat de spectacles, c’est pendant un an. Ça prend de l’énergie, donc cette expérience-là peut m’aider pour les 50 spectacles ici.
Je n’ai pas étudié à l’école nationale ici. J’ai étudié en Angleterre, donc c’est peut-être saveur un peu différente qui peut amener autre chose au personnage. Ce que j’adore de Ladislas [Chollat], notre metteur en scène, c’est qu’il parle toujours de jouer comme si on était au cinéma. Ça pourrait être une contradiction, en fait, parce que on est sur scène. Il faut que le monde qui soit dans la dernière rangée voit ce qu’on pense. Ce qu’il dit, c’est qu’il faut vraiment aller chercher les émotions en dedans de nous comme si on avait une caméra dans la face. Il faut vraiment vivre ce que les personnages vivent, puis laisser les décors, les costumes, la mise en scène, l’éclairage, faire leur travail. Si nous on vient chercher ça à l’intérieur, ça va communiquer encore plus fort avec les spectateurs.
Ça, ça vient me chercher en termes de mise en scène et de direction. Je suis à 100% là-dedans, puis j’ai hâte de voir le résultat. C’est tellement gros comme histoire. Les tounes sont grosses, les émotions sont grosses, la musique est grosse.



Tu en as parlé un peu tantôt, mais pour toi, c’est une première grosse production au Québec alors que tu travailles principalement en Angleterre!
Jouer en français professionnellement, ça, c’est déjà un super gros cadeau que j’ai. Aussi, en vivant à Londres, je l’ai vue plein de fois, la version qui existe là-bas depuis 40 ans. Donc, je la connais beaucoup cette version-là, mais d’avoir l’opportunité de faire une version complètement différente de ce que j’ai vu à travers les années, ça, c’est super excitant pour moi. C’est ça qui m’a beaucoup attiré à vouloir faire cette version ici. C’était ça aussi.
videmment, c’était de jouer ici, c’était de jouer en français, c’était de jouer ce rôle iconique-là, mais j’étais aussi content de voir que c’était une autre version. Ça, ça m’intéresse. En plus, même si on a les décors de Paris et qu’on a les costumes de Paris et, Ladislas est très collaboratif. Il nous donne l’opportunité d’apporter de nouvelles idées. Même lui, il voit quelque chose, puis il va le changer lui-même. Il réinvente un peu ce qu’on fait; ce n’est pas une réplique complète de Paris. C’est vraiment notre version, c’est la version québécoise des Misérables, basée sur celle qui se fait à Paris, mais elle va nous appartenir. Quand on va être rendus, ça va être notre version.
Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite encore à venir voir le spectacle ?
Ce n’est pas compliqué : on est juste là cet été. Moi, je m’en retourne à Londres parce que j’ai une femme et un chien qui m’attendent, que je ne verrai pas pendant quatre mois (rires)! Donc, ça va juste jouer cet été. N’attendez pas que ça va revienne peut-être plus tard comme des fois les spectacles le font. C’est vraiment juste cet été. Puis, si vous avez déjà vu le spectacle, ce n’est pas la même version. Ce n’est pas non plus comme le film ou le livre. C’est une version complètement viscérale! Vraiment, il faut être là pour le vivre.
En plus, ils ont remporté plein de prix à Paris. Donc, déjà ça, ça devrait être une raison. Pour les gens qui n’ont jamais vu de comédie musicale, c’est la meilleure! Ce n’est pas compliqué. Ça roule depuis 40 ans pour une raison. Ça parle des gens qui ne sont pas dans le spotlight d’habitude dans leur vie, des gens qu’on oublie, des gens qu’on croise et qu’on ne regarde même pas. Cette humanité-là dans les gens va vraiment toucher tout le monde. Donnez-vous la chance de vivre cette opportunité-là de voir cette comédie musicale pendant qu’elle est ici dans cette version-là. Avec la troupe, je l’ai dit tantôt plein de fois, mais le talent ici, c’est incroyable.
C’est tout un honneur de jouer avec eux. Je me sens comme un petit enfant à Noël parce qu’il y a tellement de talent à chaque fois que je me retourne, tout le monde dans la distribution. Je n’ai même pas encore entendu les musiciens, mais je suis sûr qu’ils vont être écœurants aussi. Ça vaut vraiment la peine! S’il y a une comédie musicale à voir dans les cinq ou dix prochaines années, ça va être celle-là maintenant. En plus, malheureusement, il n’y a plus de hockey. Le hockey est fini. Tout l’argent que vous aviez pensé mettre pour la ronde de la coupe Stanley, dépensez-le sur nous à la place. Ça va être aussi excitant que le hockey, sinon plus!
Dominique Côté
Les Misérables, c’est d’abord un grand classique de littérature de Victor Hugo qui est adapté en comédie musicale. Comment décrirais-tu ton rapport à cette œuvre ?
En fait, je connais Les Misérables depuis que je suis né. J’ai connu ça tout petit. J’ai connu la première version française avant que le West End de Londres et Broadway en fassent le grand succès que c’est devenu. Donc, vraiment, je connais ça depuis longtemps. J’ai toujours aimé ça, puis je connais l’œuvre dans tous les sens. En plus, j’avais fait Marius quand j’étais jeune dans la version symphonique avec l’OSM. Depuis ce temps-là, ça m’habite et je me dis que j’aimerais faire une production complète un jour.
Bon, évidemment, le temps faisant son œuvre, je suis passé de Marius à Javert, pour mon plus grand plaisir parce que c’est toujours agréable de jouer les méchants (rires). Tous les personnages sont exceptionnels. Même à l’époque, quand j’avais fait Marius, j’avais lu le roman pour pouvoir vraiment voir d’où était partie cette comédie musicale-là. Les personnages de Victor Hugo sont tellement riches dans le roman. Il y a des descriptions de dizaines et de dizaines de pages pour chacun des personnages. Donc, c’est super riche pour un interprète d’avoir accès à cette œuvre-là pour nourrir un peu le musical parce que, comme Ladislas [Chollat, metteur en scène] le disait, le musical, ça va vite. Il faut en quelques secondes installer plein d’histoires, plein de situations, plein de vécus. Donc, c’était très nourrissant de lire le roman pour avoir une bonne référence du personnage.
Ton Javert, comment le présenterais-tu ?
Mon Javert, c’est d’abord un être profondément seul et même assez malheureux. Sa vie est d’une tristesse assez infinie. Il y a une information très importante pour le public qui passe vraiment à une vitesse folle. Je dis que je suis né dans une cellule entourée de mécréants et de bandits. Ça, évidemment, dans le roman, c’est un peu plus décrit, mais dans le musical, j’ai une ligne pour faire passer ça, et c’est ultra important pour son histoire. Il vient d’un milieu ultra défavorisé, de la grosse misère. Je ne suis pas un grand connaisseur des prisons d’aujourd’hui (rires), mais de ce qu’on voit, de ce qu’on nous dit, ça semble quand même un peu mieux maintenant.
Donc, toute sa vie est orientée à ne pas être ça, à se sortir de ce qu’il considère comme étant vraiment le fin fond des déchets de la société. En fin de compte, plus il avance dans sa vie, plus il se rend compte que peut-être qu’il a été un peu trop extrême dans ses choix, et que ça ne l’a pas rendu plus heureux pour autant. On essaie beaucoup de travailler cet aspect-là du personnage : sa solitude, son désespoir, son échec de vie, plus que sa méchanceté. Je ne pense pas qu’à la base, il est foncièrement méchant. Je pense qu’il est beaucoup plus malheureux et en maudit contre lui-même que méchant, ce qui fait en sorte qu’il se trouve à être méchant envers les autres parce qu’on fait souvent ça dans la vie (rires)! On projette notre malheur sur les autres. C’est beaucoup ça qu’on travaille en répétition.



Toi, tu as fait quand même plusieurs projets à grand déploiement associé à la littérature. Je pense à Nelligan, entre autres. En quoi Les Misérables est-il différent des autres projets auxquels tu as participé ?
Par le nombre et par le nombre de tout : le nombre d’interprètes, le nombre d’accessoires, le nombre de costumes. On en voit ici aujourd’hui, et ce n’est même pas la moitié. Tout est vraiment démesuré. J’en ai quand même fait beaucoup des projets dans ma vie. J’ai fait beaucoup d’opéras aussi. Je n’ai jamais vu une production avec autant d’éléments à tous les niveaux et autant de gens sur scène qui font des actions très précises et très importantes pour le déroulement de l’action. Par exemple, à l’opéra, on a souvent des chœurs de 40 choristes.
C’est impressionnant, mais on fait souvent des scènes de foule un peu plus statiques aussi par manque de temps parce qu’on a beaucoup moins de temps de répétition à l’opéra. Dans Les Misérables, le chœur, vous l’avez vu un peu dans les extraits qu’on a présentés, est loin d’être statique. Les gens qui en font partie ont de la job. Chaque chose qu’ils font a une influence sur le reste de la scène. Si tel accessoire ou tel meuble n’a pas été placé au bon moment, moi, j’arrive et je ne peux pas l’utiliser parce qu’il n’est pas placé. Donc, tout le monde est ultra important dans le casse-tête de cette mise en scène-là.
Ça, pour vrai, pour moi, c’est du jamais vu dans ma carrière. Je n’ai jamais vu autant de détails. C’est ultra stimulant, en fait, comme interprète, parce que tout le monde a quelque chose d’important à faire, autant les premiers rôles que les gens qui font partie de l’ensemble. Donc, personne ne s’emmerde (rires)! Je suis là à chaque répétition et il y a encore des interprètes de qui je n’ai pas encore suivi le parcours. Je m’amuse quand je ne suis pas dans la scène à suivre quelqu’un. Il y en a que je ne sais pas encore ce qu’ils font. J’imagine que, d’ici la première, je devrais avoir eu le temps de faire le tour (rires)!
Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite encore à venir voir le spectacle ?
Je dirais qu’il n’y a aucune hésitation à y avoir. C’est un casting de rêve. Vraiment, vous avez vu la qualité des interprètes qu’il y a! Tout le monde est vraiment parfait dans son rôle vocalement et scéniquement. Nous, on a bien sûr vu les décors, les costumes, c’est vraiment absolument magnifique. C’est très, très poétique, très imagé. C’est un vrai spectacle à grand déploiement, comme l’équivalent d’un blockbuster au cinéma. Qu’on puisse avoir accès à ça à Montréal, c’est vraiment génial, puis on espère que les gens vont être au rendez-vous parce que, nous, on est tous ultra excités. Comme je m’amuse à dire parfois, c’est comme le musical des musicals. Quelqu’un qui ne connaît pas la comédie musicale a sans doute entendu parler des Misérables ou entendu certaines chansons.
Amélie Baland-Capdet
Les Misérables, c’est d’abord un grand classique de littérature de Victor Hugo qui est adapté en comédie musicale. Comment décrirais-tu ton rapport à cette œuvre ?
Moi, j’ai lu le livre quand j’étais petite. C’était la version abrégée, évidemment (rires)! L’histoire est très touchante parce que c’est des humains qui vivent des choses. C’est des gens sans histoire qui vivent des histoires. Donc, c’est très facile en tant que lectrice, en tant qu’humain, de s’identifier à d’autres humains qui vivent des choses, tu vois. Donc, c’est sûr que Les Misérables, ça touche tout le monde. Juste l’histoire touche tout le monde, puis la comédie musicale, c’est une beauté musicale, c’est tellement bien écrit musicalement. Moi, je trouve qu’il a très, très bien composé le 800 pages de livres en seulement deux heures et demi de fou. Musicalement, c’est vrai que, moi, ça me touche beaucoup. J’ai tout le temps les thèmes en tête. C’est vraiment très beau!
Comment présenterais-tu ta version de Cosette ?
Justement Cosette, c’est une jeune fille qui n’a pas vécu et qui rêve de vivre et qui a toujours suivi son père, qui a toujours eu confiance en son père. Comme ça, du jour au lendemain, elle rencontre cet homme dans la rue [Marius], et c’est le coup de foudre parce que c’est le coup de foudre de lui, de sa personne, mais c’est le coup de foudre aussi parce qu’il y a d’autres choses qui existent que son père, que sa maison. Donc, elle peut découvrir le monde, elle peut aller voir ailleurs ce qui se passe sans être tout le temps coincée avec papa.



En quoi dirais-tu que ce projet est différent des autres auxquels tu as participé ?
C’est un spectacle d’envergure. Je n’ai jamais fait une production avec autant de gens sur scène, autant de rapports entre les personnages. C’est juste impressionnant avec l’orchestre, les chanteurs, les décors, tout est wow! C’est juste magique. Tout est magique!
Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite encore à venir voir le spectacle ?
Il ne faut pas (rires)! Il ne faut pas hésiter parce que vous allez tout ressentir. Les Misérables, oui, ça donne trois heures de pause dans la vie régulière. Les gens entrent dans l’histoire et n’en sortent pas. Pendant trois heures, ils restent là-dedans parce que c’est vraiment magique. Quand ils sortent quelques minutes après, quelques heures après, ça revient et ça reste. Ça reste dans leur semaine, ça reste, ça habite leur cerveau, et il y a des réflexions qui se font musicalement. Les gens vont rester dans la beauté de la musique.
En plus, les sujets et les réflexions que les personnages ont sur scène, comme je te disais, ils sont très humains. Ces réflexions-là qu’on a en tant qu’humains, tout le monde peut les avoir. Donc, il faut venir voir Les Misérables parce que c’est un trois heures de pause dans la vie régulière parce que les gens sautent dans une histoire, mais aussi parce que ça va rester avec eux et les faire réfléchir dans les semaines et les années qui vont suivre. Les personnages sont complexes, ils sont vraiment comme de vrais humains.
Kenza Nejmi
En 2025, tu t’es rendue au premier variété de Star Académie, mais tu n’as pas été choisie pour entrer à l’Académie. 1 an et demi plus tard, tu te retrouves dans une grosse production avec un rôle très important. Qu’est-ce que ça te fait quand tu penses à ce cheminement-là ?
Oh mon Dieu, je suis juste tellement contente d’avoir maintenant une opportunité de partager mon amour pour la musique, pour la comédie musicale, de pouvoir montrer ma voix et partager ma passion sur la scène. Je suis tellement reconnaissante de cette opportunité-là, d’avoir ce rôle-là d’envergure. Éponine, ce n’est pas un petit rôle. Ça fait peur au début, mais je suis contente d’avoir attaqué ce rôle-là. Ça fait déjà un an et demi que je n’ai pas été choisie à Star Ac. Moi, je suis retournée à New York, là où j’habite présentement. J’étais assez abattue. Je ne veux pas te mentir. C’était vraiment triste, d’être si près de l’Académie et de ne pas y aller.
Je suis retournée chez moi dans un autre pays dans ma petite bulle, puis j’ai continué à travailler comme je le fais toujours. Je continue à faire des shows, des cours de chant, des cours de danse, des cours d’acting pour toujours m’améliorer.
Quand j’ai vu l’annonce pour Les Misérables, c’était sûr que je ne passais pas à côté de ça. C’est tellement une comédie musicale que tout le monde connaît, puis je pense que plein de sortes de monde peuvent être dedans. Ce n’est pas juste pour un type de personne; ça rassemble tellement plein de groupes d’artistes, d’acteurs, de chanteurs. C’est comme une grosse famille, donc je me disais que c’était le show pour moi. J’ai envoyé une vidéo pour Fantine et pour Éponine ou même Cosette. Je voulais juste être dans le show et faire n’importe laquelle (rires)! Même dans l’ensemble, j’aurais été contente, mais là, Éponine, c’est vraiment un rêve qui devient réalité. Je veux encore me pincer, c’est fou de penser que je vais chanter au Saint-Denis et au Grand Théâtre de Québec, c’est complètement fou!
Les Misérables, c’est d’abord un grand classique de littérature de Victor Hugo qui est adapté en comédie musicale. Comment décrirais-tu ton rapport à cette œuvre ?
Moi, j’ai connu et appris Les Misérables quand j’étais enfant. J’avais peut-être 10 ou 11 ans. Je faisais partie d’une chorale, puis on a fait un medley des Misérables un jour. Je trouvais cette musique-là vraiment bonne. Le sujet des chansons était assez lourd. Les Misérables, c’est ça. Ça parle de la pauvreté et de plein de sujets difficiles. Je ne comprenais pas tout, mais je savais que c’était une belle pièce. Ça, c’était mon introduction, mais après ça, j’ai fait des recherches sur la comédie musicale.
J’ai plus connu les chansons en anglais dans mon adolescence parce que c’est vraiment très connu aux États-Unis. Là, je suis en train de lire le livre pour la première fois. Avant, j’étais juste dans la comédie musicale. Je trouvais ça beau et ça me parlait. Je savais que c’était des choses que je pourrais chanter dans le futur, puis c’est fou d’être ici maintenant. Cette œuvre-là, dès que je l’ai découverte, je savais que c’était quelque chose de très fort. C’est toujours resté avec moi. C’est sûr que maintenant, en étant plus mature, je comprends beaucoup plus les couches et les complexités des personnages, mais j’ai quand même toujours aimé ça.



Comment présenterais-tu ta Éponine ?
Oh mon Dieu, mon Dieu! J’ai vraiment forgé ma version d’Éponine grâce au metteur en scène Ladislas [Chollat]. C’est vraiment grâce à lui, il m’a vraiment aidée à trouver l’Éponine qui est en moi. C’est une jeune femme qui est très fragile de l’intérieur, mais elle ne veut pas montrer sa fragilité aux gens autour d’elle. Elle se met des murs parce qu’elle sait que, si elle montre ses émotions, elle va craquer, puis ce n’est pas ça qu’elle veut. Elle est très, très, très forte, puis elle a une certaine fierté aussi.
Sa posture est toujours assez haute parce qu’elle se protège. Évidemment, elle a un côté qui est si beau et fragile à l’intérieur, puis quand elle a l’opportunité de montrer ça, elle s’ouvre complètement. C’est ça qui arrive avec la chanson « Mon histoire » que j’ai chantée tantôt. Elle parle de l’homme qu’elle aime, mais elle sait qu’elle ne sera jamais avec lui malheureusement. Malgré ça, c’est ça qui la raccroche à la vie, son amour pour lui. C’est ça qui la drive dans la vie. Ladislas m’a parlé d’une citation d’Alfred de Musset qui dit « si j’ai aimé, j’ai vécu », et c’est ça pour Éponine. Marius, c’est sa lumière.
Même si elle l’aime et que ce n’est pas réciproque, elle préfère qu’il soit dans sa vie qu’il ne le soit pas du tout. Elle préfère qu’il soit là parce qu’elle n’a tellement rien dans la vie. Elle est pauvre, elle vit dans la rue. Ses parents ne sont pas proches d’elle. Le gars qu’elle aime, il ne l’aime pas en retour. Elle assiste au coup de foudre de Marius et Cosette, puis elle se sent invisible, elle a l’impression de n’être jamais remarquée. Elle n’a vraiment rien pour elle, donc elle se raccroche à cet amour-là qu’elle a à l’intérieur. C’est ça qui la garde en vie chaque jour. C’est du bonbon à jouer!
Il y a beaucoup, beaucoup à travailler, puis à découvrir avec elle parce que c’est vraiment une femme forte qui montre ses côtés vraiment forts, mais qui est aussi très fragile et très, très, très sensible. Donc ça me rejoint. Moi, je suis très, très sensible et très expressive, puis ça, c’est un défi parce que je parle beaucoup avec mon visage, avec mes mains, alors qu’elle, elle ne fait pas ça du tout. Elle ne veut pas montrer ses émotions. Elle se retient toujours, elle pourrait brailler et crier, mais elle ne le fait pas. C’est vraiment le fun à jouer!
En plus, c’est ton premier gros projet!
Moi j’ai gradué de mon conservatoire à New York en mai 2022, donc ça fait quatre ans déjà. Je fais beaucoup de concerts pour créer des connexions. C’est beaucoup ça à New York. Puisque je ne suis pas connue et que je ne suis pas sur Broadway, je fais beaucoup de concerts de style cabaret, puis j’envoie des vidéos pour me faire connaître. Avant Les Misérables, c’est vraiment ce que je faisais. Mais là, quel honneur de faire partie de cette distribution! Comme je disais, je me pince encore!
Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite encore à venir voir le spectacle ?
Premièrement, Les Misérables, je pense que ça va parler à tout le monde. Dans un sens, chaque personnage a tellement une histoire différente, une drive différente, des combats différents. Par exemple, si on pense à Éponine, je pense qu’on a tous déjà vécu ça dans notre propre vie. On aime quelqu’un, mais il ne nous aime pas en retour. Valjean, lui, il aime sa fille. Moi, c’est de l’amour romantique. Il y a différents types d’amour, puis c’est aussi une histoire de rédemption. On a tous déjà voulu changer la personne qu’on était avant.
Donc, il y a plein, plein, plein de petites histoires dans une grosse histoire que vous allez voir sur scène, puis je pense que ça va parler à tous les types de personne. Puis, la musique, la musique, parle-moi de la musique! C’est incroyable, c’est 1 million sur 10. c’est tellement beau! Les mélodies, l’adaptation que Claude Michel [Schonberg] a faite en musique, c’est beau, c’est beau! Les paroles, c’est juste grandiose et majestueux comme musique. Je pense que c’est un peu connu de tout le monde Il y a des gens qui connaissent juste le musical et d’autres qui connaissent juste le livre. Même s’ils ne connaissent ni l’un ni l’autre, ils devraient y aller. C’est vraiment une histoire qui rentre dedans! En plus, c’est tellement un casting incroyable. Ils ont mis le paquet.
Je pense que tous les acteurs qui ont été associés à chaque rôle représentent le rôle tellement bien et mettent tellement bien ça en vie. C’est incroyable, c’est une expérience de feu, de malade! L’expérience de le voir aussi en tant que public, vous allez capoter! C’est à voir au moins une fois dans une vie! C’est important d’encourager les arts! Vraiment, c’est très important d’encourager la musique, la danse, le jeu, tout ça, c’est super important. Ça rend heureux, puis on aime ça rendre les gens heureux aussi à venir nous voir. Tout le monde est gagnant là-dedans!
Les Misérables sera présenté dès le 20 juin à Montréal et dès le 7 août à Québec.
Autres membres de la distribution
On note la présence de Klara Martel-Laroche, Stanley Kassa, Roger LaRue, Krystel-Mary Assaf, Émile Auger, Élodie Bégin, Élise Cormier, Guillaume Dubois, Pierre-Olivier Grondin, Alexandre Iannuzzi, Alexandra Lagueux, Félix Lahaye, Alexandra Ghezzi, Joëlle Lanctôt, Christian Laporte, David Noël, Éric Paulhus, Lucie St-Martin, Nicolas Drolet, Patrick Olafson, Élysabeth Rivest, Camille Cormier-Morasse, Cassandra Montreuil, Daniel Murphy et Ismaël Perceval Faucher-Zitouni.


























Autres photos des numéros présentés devant les médias

























Samuelle Guimond | Journaliste
Samuelle est une passionnée de musique, de littérature, de télé et de théâtre. Si elle est journaliste pour le média, c’est dans le but de faire briller des artistes d’ici en qui elle croit, principalement à travers des entrevues. Tu pourrais très bien la croiser dans une salle de spectacle aux environs de Montréal!

Frédéric Lebeuf | Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
