Actuellement en tournée à guichets fermés en Amérique du Nord, Les Misérables a posé ses valises à Montréal pour une série de 8 dates. Écrite par Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg, et produite par Cameron Mackintosh, la comédie musicale a remporté de nombreux Tony Awards, et continue à ravir les foules depuis plus de 30 ans, avec plus de 130 millions de spectateurs dans 22 langues différentes.
Après une inclusion rapide de la production française dans la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques la semaine dernière, c’était la version anglaise qui était présentée hier soir à Montréal. L’histoire, basée sur le livre de Victor Hugo de 1862, ne se raconte plus tellement elle est connue. On y suit le périple de Jean Valjean, ancien bagnard sur le chemin de la rédemption et son ennemi omniprésent l’inspecteur Javert. S’y croisent les destins de la pauvre Fantine, qui peine à survivre pour sa fille Cosette, avec qui Marius Pontmercy tombe en amour alors que son amie d’enfance Éponine n’a que d’yeux pour lui en secret. Le tout sous la trame de la révolution de 1832 menée par Les Amis de l’ABC, et des thèmes d’injustice sociale, de lutte pour la dignité mais aussi d’amour.
La distribution est absolument solide, avec Nick Cartell en Jean Valjean tonitruant, avec une présence inégalable sur scène. Les voix féminines puissantes étaient également au rendez-vous, ne laissant pas un œil sec pendant les interprétations de I Dreamed a Dream par Haley Dortch, ou On My Own par Mya Rena Hunter. Mention spéciale pour Matt Crowle et Victoria Huston-Elem en Baron et Madame Thénardier, qui sauront mériter les rires de l’audience lors de l’adoré Master of the House. Les plus jeunes membres de la troupe ont également volé le cœur du public en tant que jeune Cosette et Gavroche. Et que dire des titres phares One Day More et Do You Hear the People Sing, puissants par la force des coeurs qui résonnent au sein de la salle Wilfrid-Pelletier.
Pour avoir vu la production londonienne de Cameron Mackintosh aux alentours de ses débuts en 2009, quelques changements se remarquent: pas de plateforme tournante sur la scène, tournée et restrictions techniques obligent. Cependant, la production se réinvente avec des jeux de projections et différentes couches de scénographie impressionnante, pour créer ce même effet cyclique de profondeur. Les lumières sont souvent très sombres, pour créer un contraste avec le faisceau de lumière blanche représentant la mort. Il en est des fois dur de voir les expressions des personnages, mais l’ambiance fonctionne avec l’atmosphère de la pièce.
Malgré ces différences mineures, la représentation reste magistrale. Le calibre des performances, costumes et émotions sont dignes des standards du West End, et le public montréalais est transporté en pleine immersion dans l’effervescence d’un Paris en pleine insurrection, 20 ans après la Révolution de 1789.
C’est un plaisir de découvrir (ou redécouvrir!) ce chef-d’œuvre au sein de la Place des Arts, et vous pouvez le faire d’ici le 4 Août. Pour plus d’infos et les billets, visitez le site d’Evenko.










Photos de Hannah Wallace

Marie Demeire | Journaliste
Marie est photographe depuis 2017, et fan de concerts depuis au moins deux décennies! Vous pouvez la trouver dans le pit d’un club, d’un aréna ou d’un festival, peu importe le style de musique. Pop, rock, hip-hop, country, sa mission est de capturer le moment parfait et de le transformer en un souvenir inoubliable!
