Dès le 12 avril à 21 h, TVA présentera L’effet Lara, un docuréalité en six épisodes de 60 minutes animé par Lara Fabian. Tournée en Sicile, la série réunit Nathalie Simard, Eve Côté, Mélissa Bédard, Christian Bégin et Alex Nevsky pour une expérience humaine et musicale axée sur le dépassement de soi.
Voici nos entrevues réalisées avec Christian Bégin, Nathalie Simard et Alex Nevsky ainsi que nos photos du visionnement de presse médiatique présenté le 1er avril chez Québecor.


Christian Bégin
Comment ça s’est passé, l’expérience ?
Ça a été incroyable. Moi, je ne m’attendais à rien. J’arrivais là avec beaucoup plus de méfiance qu’autre chose. Pas envers les autres, mais envers moi-même. Je me disais : est-ce que je vais être capable ? Est-ce que c’est légitime que je sois là ? Finalement, ça a été une expérience qui m’a bouleversé, transpercé. Je ne m’attendais pas à vivre ça, ni à rencontrer ces êtres humains-là de cette façon.
Je ne m’attendais pas non plus à être face à des profs de chant aussi compétents. Je parle de Lara Fabian et de son maestro, Fabio Lazarra, entre autres. Lara, je crois que c’est la plus grande pédagogue de chant que je connaisse. Je ne m’attendais pas à quelqu’un qui maîtrise autant son art, ni à quelqu’un d’aussi enthousiaste à transmettre son savoir. Puis ça, amalgamé au talent exceptionnel de son maestro — et on va l’appeler maestro, parce que c’est vraiment un maestro — ça a été incroyable.
Est-ce que tu te sentais vulnérable de chanter, sachant que le grand public est moins habitué à t’entendre dans ce registre ?
Tout à fait. Je ne me sentais pas vraiment légitime, même si je chante beaucoup dans mon métier. J’ai chanté à En direct de l’univers, à Belle et Bum. Il y a des spectacles solos dans lesquels je chantais beaucoup. Je suis un comédien-chanteur. Je n’ai pas le talent de Benoît McGinnis ou de Kathleen Fortin, qui sont des comédiens-chanteurs avec un instrument qu’ils maîtrisent davantage que moi. Donc, j’étais un peu pudique.
Mais rapidement, Lara m’a aidé en me disant d’enlever toute injonction de performance, parce que l’idée de vouloir performer, c’est comme un obstacle à la joie. Finalement, je vais toujours demeurer un comédien-chanteur, mais je pense que j’ai plus d’outils. Si on me demande de chanter dans une prochaine production, j’ai maintenant plus d’aisance à dire oui. Je suis capable de chanter, avec mes limites et mes forces.
Est-ce que tu trouvais l’invitation légitimante, étant donné ton âge et le fait que tu ne veux pas faire carrière dans le chant ?
En même temps, ce n’est pas tout à fait vrai, parce que ça me sert. Chanter et parler, ce sont un peu les mêmes canaux. Moi, je joue au théâtre. Donc, il faut que je fasse attention à ma voix, que je la déploie. Ça ne sert pas juste pour la voix chantée, ça sert aussi pour la voix parlée. J’ai des outils pour ne pas trop user ma voix. Ma voix, depuis mon opération (chirurgie au cerveau pour retirer une tumeur), est plus fragile. Ça va me servir pour les années qui me restent.
À un moment donné, tout le monde chante Tous les palmiers de Beau Dommage dans un bateau, et on te voit plus discret, même en train de prendre une photo de la vue…
Vous allez beaucoup m’entendre chanter par après. Vous allez être, je crois, étonnés de ce que vous allez entendre. Moi-même, j’étais étonné.

Est-ce qu’il y a des choses concrètes que tu as apprises et que tu utilises encore aujourd’hui ?
Complètement. La façon de réchauffer ma voix. Retrouver le chemin des sensations, en fait. Des fois, ce n’est même pas de refaire la technique, c’est de me rappeler où ça résonnait dans mon corps. Puis juste de retrouver cette détente-là ou de relocaliser ça dans mon corps, ça m’aide.
Et si on revient à l’expérience où tu chantais à l’envers (durant le deuxième épisode), comment tu as vécu ça ?
Ça a été capoté, parce que je ne m’attendais pas du tout à ça. Quand ils m’ont demandé de faire ça, je me disais : « Où est-ce qu’on s’en va, mes amis ? » Et tu l’as entendu, ça a complètement changé ma voix. Des fois, ces propositions-là, qui peuvent sembler un peu absurdes ou burlesques, ouvrent des canaux qui ne sont pas sollicités. Une fois que les canaux sont ouverts, je ne suis plus obligé de refaire le geste pour retrouver ce chemin-là. C’est comme s’ils avaient ouvert le chemin une fois pour toutes.
Depuis ton expérience à L’effet Lara, est-ce que tu regardes les chanteurs différemment, notamment lors des tournages de Y’a du monde à messe ?
Complètement. Pour moi, la voix est un instrument, c’est une façon de parler de soi. Je l’ai beaucoup vu en regardant Alex, Nathalie, Mel, Ève. Maintenant, quand je vois les gens chanter, on dirait que je comprends davantage ce qui se passe, comment ils se présentent à travers leur voix. Parce que ce n’est pas juste de bien chanter, c’est aussi ce qu’on dévoile quand on chante.
Je connais ta passion pour le vin : est-ce que tu as aimé l’expérience en Sicile ?
On a bu de grands vins. C’est ironique parce qu’avec Curieux Bégin, cette année, on s’en va en Sicile — on fait des voyages internationaux depuis quelques années — et aussi en Afrique du Sud. Mais moi, mon pays préféré, c’est l’Italie. Me retrouver en Sicile, où j’étais allé en voyage de noces avec ma blonde, c’était spécial. L’Italie, c’est le pays de la générosité. Et la Sicile, c’est encore autre chose, presque un pays à part. J’ai même fait à souper un soir pour toute la gang : des pâtes. Et je crois que c’était réussi. Je pourrais facilement m’installer en Sicile si j’en avais les moyens, ce que je n’ai pas.
Nathalie Simard
Comment ça s’est passée, l’expérience ?
Ah, c’était fabuleux. Ça a été une belle révélation de mieux comprendre son corps et de réaliser à quel point, en tant que chanteur, la voix peut être influencée par le passé. Ça nous fait comprendre à quel point c’est important d’aller au fond des choses. Moi, comme femme qui a beaucoup consulté dans la vie, j’ai recommencé après, justement pour délier certaines blessures que je croyais réglée. Mais la voix parle. Juste cette idée-là : la voix parle, la voix dit des choses. Et ça, on l’a vraiment compris. La voix, c’est puissant. Et Lara est puissante, puis Fabio est puissant.
Tu passes par toute une gamme d’émotions dans les deux premiers épisodes, notamment en extériorisant la colère et la tristesse…
Absolument. C’est d’extérioriser, de comprendre ce que le stress peut faire, ce que nos expériences de vie peuvent imprimer dans notre corps. C’est d’être à l’écoute de son corps, carrément. Parfois, on ne file pas et on se demande pourquoi. Mais il faut s’écouter. C’est vraiment ça.

Qu’est-ce qui t’a le plus marquée dans ton expérience ?
J’ai été marquée dans tous les sens du terme, très positivement. Mais il y a un moment qui a été extraordinaire pour moi : à l’opéra de Catane (Teatro Massimo Bellini). C’était un moment fabuleux que je n’oublierai jamais. C’était du chant lyrique, de l’opéra.
Qu’est-ce qui t’a donné envie d’accepter l’invitation ?
L’aventure, apprendre, sortir de ma zone de confort, découvrir ces maîtres-là, passer du temps avec Lara, que je n’avais pas vue depuis longtemps. C’est tout ça, en fait. Une belle aventure, une belle opportunité. C’est produit par Déferlantes, alors je me suis dit qu’on allait avoir du fun.
Est-ce qu’il y a des outils que tu utilises encore aujourd’hui ?
Absolument. Le lâcher-prise, être à l’écoute de son corps, plein de choses comme ça. Plier le genou, par exemple — aujourd’hui, j’y pense, je l’ai vraiment intégré, ce que j’ai tendance à faire quand je suis plus fatiguée. Il y a plein d’outils comme ça qui sont restés et qui continuent d’évoluer. C’est vraiment une question d’écoute. Être déposée dans mon instrument, qui est notre corps.
Les cordes vocales, c’est un muscle. Il faut les respecter, il faut les dorloter. Quand Lara a dit qu’elle avait eu une corde vocale gauche paralysée, je n’en revenais pas : on peut réellement blesser nos cordes vocales. Ce show-là va aider le public à comprendre qu’on n’est pas des machines, qu’on est des êtres humains, et que ça se travaille. C’est vraiment intéressant.
Alex Nevsky
Comment ça s’est passé, l’expérience ?
Challengeante. Vraiment challengeante. On le voit dans le deuxième épisode à quel point je suis résistant à me laisser aller. Mais ça a été vraiment riche. Je pense qu’à certains moments, je réussis à aller vraiment là où je voulais aller. À d’autres, je sais que j’aurais voulu faire plus, approfondir davantage. Mais je suis vraiment fier. En arrivant au sixième épisode, à la fin, de ce qu’on a fait, de ma présence, de comment je me suis investi, je suis vraiment fier.
Je suis tellement heureux d’avoir rencontré ces quatre personnes-là. On avait vraiment du fun. Chaque soir, après les tournages, on retournait à la maison : des soirées jusqu’à très tard, quelques verres de vin, mais surtout de belles discussions. On était tellement vulnérables qu’on s’est rapprochés très rapidement. Ça fait partie des plus beaux souvenirs de ma vie, et clairement de mes plus beaux souvenirs avec une équipe de tournage. C’est le moment où je me suis senti le mieux dans un contexte comme celui-là. C’était vraiment beau, vraiment fort. Puis l’équipe était extraordinaire. Il y avait Jean-Philippe Dion, ils ont été là avec nous tout le long, il y avait tellement de bienveillance de la part de tout le monde. Puis Lara est tout simplement exceptionnelle.
Comment as-tu reçu les critiques constructives de Lara et Fabio après tes interprétations ?
C’est pour ça que j’étais là. C’est sûr qu’il y a des choses — je le dis dans le premier épisode — où j’étais dans mes habitudes. Mais après, je suis retourné en studio avec plein d’outils dans mon coffre pour enregistrer avec plus de présence, une meilleure élocution. Au niveau du chant, ça m’a vraiment aidé. Ça a changé ma façon de chanter, même en live. L’impact a été réel, et il l’est encore. Je ne suis pas juste allé faire un show de télé, je suis allé vraiment apprendre à chanter, ce qui est exceptionnel. Je n’ai jamais suivi de cours de chant. Ça a toujours été très instinctif. Alors quand tu as une technicienne aussi solide que Lara, puis Fabio en plus, qui viennent te pointer des choses aussi précises, c’est un gros cadeau.
Est-ce que tu as hésité au départ ? Est-ce que tu étais réticent à l’idée ?
J’étais plus réticent parce que je ne connaissais pas ces gens-là. Je n’avais jamais vraiment passé de temps avec Ève, ni Mel, ni Christian, ni Nat. C’était ça, ma crainte. Parce que Lara, je l’ai côtoyée à La Voix, et j’aime chanter. Mais au final, ce qui a été le plus effrayant, ça a été de chanter. Et ce qui a été le plus rassurant, ça a été d’être avec tous ces inconnus-là, qui sont devenus mes amis. Donc ce qui était ma peur s’est transformé en la plus belle expérience. Puis ce en quoi j’avais confiance m’a demandé d’être beaucoup plus vulnérable.

Est-ce qu’il y a des outils que tu utilises encore aujourd’hui ?
Au quotidien, je ne chante pas tant que ça. Je joue surtout du piano ces temps-ci. Mais oui, il y en a plein. Dans ma vie de chanteur, c’est beaucoup d’activer ces muscles-là, comme elle disait, qui sont un peu atrophiés. Il y a des positions de bouche, des façons de faire… surtout arrêter d’avoir peur, arrêter de me regarder chanter, puis vraiment mettre ma bouche à disposition des sons. C’est quelque chose qu’elle m’a appris, et ça change tout. J’atteins des notes que je n’atteignais pas avant, il y a une rondeur dans ma voix. Tout ça vient de ces exercices qui me donnent une conscience de ce qui se passe dans ma bouche, chose que je n’avais pas avant. Ça a l’air basique, mais ça change énormément de choses.
Est-ce qu’il y a des aspects que tu savais devoir améliorer, sans savoir comment t’y prendre ?
Oui, il y en a plein. On a passé une semaine là-bas, mais je pourrais passer un an à travailler avec Lara. Il y a des zones que j’ai réussi à apprivoiser, mais il y en a encore beaucoup qui restent des défis. Je ne peux pas dire que je chante beaucoup ces temps-ci, donc je ne suis pas en mode amélioration vocale. Je travaille davantage mon piano, et la voix est un peu sur le « back burner », mais tous ces acquis-là ne disparaissent pas.
Est-ce qu’on peut s’attendre à un nouvel album instrumental de ta part ?
Ben oui, c’est sûr que ça va arriver, parce que j’ai tellement de nouvelles pièces. Mais ce n’est pas du tout dans les plans pour l’instant. Je ne suis pas allé en studio, il ne se passe rien de ce côté-là, mais je compose tous les jours.
Mélissa Bédard
Depuis sa participation à Star Académie en 2012, Mélissa Bédard n’a pas suivi de cours de chant. C’est pour elle l’occasion rêvée d’apprendre et d’être poussée à se dépasser. Celle qui possède une voix puissante et qui dégage une joie de vivre contagieuse souhaite laisser tomber ses peurs et travailler selon les bons conseils de Lara.

Eve Côté
Originaire de la Gaspésie, Eve Côté, humoriste au langage coloré, cumule les projets d’animation à la télé et à la radio. Enfant, elle rêvait d’être chanteuse. Mais après une mésaventure sur scène à l’âge de huit ans, Eve a abandonné ses aspirations musicales. Trente ans plus tard, elle y revient devant nulle autre que Lara Fabian !

Jean-Philippe Dion (producteur exécutif et idéateur du projet)

Lara Fabian (et Fabio Lazarra)
** Photos de courtoisie **



Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

Cet émission est génial . J’adore mais j’aimerais bien savoir les titres de chansons italiennes que vous avez interprété. J’aime tellement ces chansons. Merci 😍
« EXTRAORDINAIRE émission, j’adore ! Comment dire… j’aurais tellement voulu être là. Il y avait de la bienveillance, de l’amour pour la chanson et pour les gens. Des personnes hors du commun comme Lara… quelle dame ! Et que dire de Fabio ? J’ai pris plaisir à me mettre à leur place, juste pour le bonheur d’imaginer.Ève m’a fait rire, je ne la connaissais pas vraiment, et les autres m’ont ému. Bravo pour cette idée ! Bravo à Lara et à son conjoint pour cet environnement magnifique. Quel talent elle a, cette Lara ! Pédagogue jusqu’au bout des doigts. Bravo aussi à toute l’équipe de chanteurs, d’humoriste et de comédien. Merci pour ces bons moments. Pour tout vous dire, j’ai écouté chaque émission deux fois !Bonne continuation. Si je deviens riche, mon rêve serait d’appeler Lara pour aller vivre cette expérience avec mes grands enfants. Un grand rêve, quoi ! 🙂 »