Après avoir terminé une maîtrise en musique, Léa Sanacore a proposé un EP de six chansons le 23 février 2024. Red Studio Sessions nous fait flotter à travers les différentes saisons et dans toutes sortes d’ambiances réconfortantes. Voici une entrevue réalisée avec l’auteure-compositrice-interprète.
Présente-moi Red Studio Sessions …
Red Studio Sessions marque l’apogée, la fin de ma maîtrise à l’Université Laval que j’ai faite dans les deux dernières années. J’étais inscrite en musique – interprétation (auteur-compositeur-interprète) et mon projet de maîtrise était d’enregistrer des chansons.
Comme je devais écrire une nouvelle chanson chaque semaine dans le cadre de mon cours, je me suis construit tout un catalogue de nouvelles pièces et de nouvelles inspirations. Je me suis dit que ça serait trop plaisant d’endisquer le tout et de le sortir. Cela a donné Red Studio Sessions, un mini-album de six chansons très folk, acoustique et qui me ressemble. Je te dirais que c’est un de mes projets qui me ressemble le plus à date.
Comment te sens-tu après l’avoir sorti sur les plateformes ?
C’est comme un accouchement artistique, il faut laisser aller le bébé. Il y a toujours un peu d’excitation et de fébrilité. J’avais hâte de voir comment le public allait le recevoir. Pour vrai, j’ai tellement eu de belles réponses. Je suis dans une période dans ma vie où c’est important de faire des projets que j’aime. Et ce projet-là, je l’aimais déjà avant de le sortir. C’est un des projets dont je suis le plus fier présentement.
Quelles sont les thématiques qu’on retrouve dans ton EP ?
C’est un amalgame de tout ce que j’ai vécu dans les dernières années. Il y a beaucoup de questionnements, car je suis une personne qui me questionne sur beaucoup de choses. Il y a beaucoup de doutes, il y a aussi de la solitude [durant la pandémie], mais il y a des moments d’euphorie à travers tout ça.
J’ai eu la chance d’aller à L’Anse-Saint-Jean. Les beaux paysages (avec de belles montagnes) ont nourri mon imaginaire. Tout ça se retrouve en petites parcelles à travers les chansons.
Pour qui penses-tu avoir fait ta musique ?
Au départ, c’était pour moi. J’avoue que quand je m’assois pour écrire une chanson, je le fais pour moi. Des chansons, ce sont souvent des pages de mon journal intime. Quand je la sors, c’est pour le public. J’ai souvent l’idée en tête de comment je vais l’interpréter sur scène.
Quelle est la pièce qui te représente le plus sur ce mini-album (en date d’aujourd’hui) ?
J’ai un coup de cœur pour la pièce Canary parce que c’est une chanson que j’ai écrite en ce temps-ci de l’année. Je l’ai écrite pendant la nuit. Il y a quelque chose d’un peu intime et de chaleureux. C’est une chanson qui me transporte dans un autre univers.
J’ai adoré écrire Sous le saule, c’est la seule pièce francophone sur l’album. J’aime beaucoup lire, j’aime être transporté dans des univers et j’aime imaginer. C’est parti d’un exercice d’écriture. Je me suis demandé de quoi aurait l’air la chanson traditionnelle Évangéline si c’est Évangéline elle-même qui l’avait écrite. Je me suis glissé dans la peau en changeant quelques petites choses.
Pourquoi avoir décidé d’inclure une petite pièce francophone solitaire sur ton EP ?
Je trouvais ça nécessaire. Je suis allée à l’école primaire en anglais. C’était beaucoup de l’anglophone qu’on écoutait chez moi, mais il y avait aussi du Harmonium, du Daniel Bélanger et du Beau Dommage. Plus j’évolue maintenant, plus je me tourne vers le francophone. Je pense déjà à mes prochains projets, et je veux qu’ils soient en français. Il y a de belles choses qui s’en viennent.
Quel a été ton plus grand accomplissement de cet EP ? Qu’est-ce qui te rend le plus fier ?
Dans Red Studio Sessions, je sens vraiment que les idées et la vision que j’avais des chansons ont correctement été mises sur audio. Je suis arrivé, avec mon professeur Rémy Tremblay et des musiciens exceptionnels (Jean-François Aubin, Benoît Marquis, Luc Jr Bélisle et Rémy Tremblay), à un résultat qui est vraiment authentique à ce que je voulais.
Comment tes études ont-elles influencé ton processus d’écriture et de composition ?
Ç’a été une très grande liberté. On a parfois l’impression que quand on a plein de temps, l’inspiration coule à flots. Ce n’est pas toujours le cas pour moi. Ça me prend un cadre, ça me prend certaines limites. C’est là que mon cerveau a le goût de s’envoler. Le fait que mon prof, sans pression, me disait chaque semaine qu’il voulait quelque chose de nouveau (une nouvelle chanson, un nouvel arrangement), je ne me posais pas de question. Je n’avais pas nécessairement le public en tête à ce stade-là. Je faisais juste mettre sur papier des idées et je ne me jugeais pas en le faisant. J’avais une idée, je la faisais et je la présentais. Il y a eu de belles surprises. C’est un procédé que je veux garder pour le futur.


On s’est connu à l’époque où tu étais choriste et musicienne pour 2Frères. En quoi cette expérience t’a-t-elle aidé à devenir la personne devant moi aujourd’hui ?
Je pense que ça fait huit ans que je travaille avec eux. On se connait tellement bien ! Premièrement, c’est juste du fun à l’état pur. On est aussi rendu tellement à l’aise. Quand on embarque sur une scène, ce sont comme des retrouvailles chaque fois.
On a une expression dans le band quand on a des choses qu’on ne peut pas contrôler, on se dit : « On va le vivre, on le vit ! » C’est quelque chose que je garde en moi et que je me répète parce que je suis une personne perfectionniste. J’aime donner le 100% de moi-même, et même un peu plus que 100%.
Il y a tellement d’affaires qui peuvent se passer sur scène. À ce moment-là, ça nous rappelle qu’on est chanceux de faire ce qu’on fait et qu’on n’a pas le contrôle. On est dans le moment et on vit dans le moment.
Quelles sont tes aspirations futures ?
Mon but est de me lancer dans la musique francophone. J’ai vraiment envie de continuer à écrire en français, c’est vraiment un beau projet. Je prends ça beaucoup au jour le jour. Je pense qu’avec tout ce qu’on a vécu avec la pandémie, c’est difficile de voir à long terme. J’ai certaines choses qui sont en train de se placer pour l’automne.
Un souhait : J’aimerais beaucoup enseigner en écriture de la chanson, c’est un peu pour ça que j’ai fait la maîtrise. Je suis une passionnée d’écriture ainsi que de la création et en plus j’adore enseigner. C’est mon petit côté intellectuel, je suis une nerd pour la musique.



Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
