Le 4 décembre dernier, Le Prénom a fait son entrée en grande pompe à Montréal sous la direction artistique de Serge Denoncourt. Cette comédie, qui s’inscrit désormais parmi les classiques du théâtre contemporain, trouve un nouveau souffle grâce à une adaptation québécoise pleine d’esprit et à une mise en scène d’une précision redoutable.
Une mise en scène maîtrisée
Serge Denoncourt prouve une fois de plus son talent en livrant une mise en scène à la fois sobre et percutante. Le décor, épuré, mais évocateur, plonge immédiatement les spectateurs dans l’intimité d’un souper familial. Ce cadre, d’apparence chaleureuse, devient le théâtre de tensions, de violence psychologique et de révélations explosives. Le choix de ne pas surcharger la scène met en lumière la dynamique entre les personnages, créant un équilibre parfait.
Chaque mouvement est calculé pour maximiser l’impact des moments clés, qu’il s’agisse d’un éclat de rire ou d’un silence lourd de sous-entendus. Denoncourt orchestre habilement ces transitions, laissant le public suspendu à chaque échange.


Une distribution convaincante
La réussite de cette production repose également sur un casting réussi. Mikhail Ahooja, dans le rôle de Vincent, campe avec brio ce personnage provocateur et charismatique. Sa prestation, à la fois drôle et irritante, catalyse les conflits de la soirée. Karine Gonthier-Hyndman, dans le rôle d’Élisabeth, offre une performance touchante, très juste et son monologue final est, quant à lui, ce qu’il y a de meilleur de la soirée à mon humble avis! Quant à Benoît Drouin-Germain, son interprétation de Claude apporte une légèreté bienvenue sans jamais sacrifier la profondeur émotionnelle de son personnage.
L’alchimie entre les acteurs est palpable, chaque interaction révélant des facettes complexes de leurs personnages. Ce travail d’équipe contribue à rendre cette version de Le Prénom à la fois authentique et vivante.


Une comédie intemporelle
Le Prénom touche à des thèmes universels, comme les tensions familiales, les préjugés et les non-dits. L’annonce d’un prénom inattendu déclenche une série de réactions qui forcent chaque personnage à dévoiler ses vérités les plus enfouies. Ce qui démarre comme une comédie légère se transforme en une exploration profonde des relations humaines, un équilibre que Denoncourt parvient à maintenir avec une finesse remarquable.
Cette adaptation québécoise modernise le texte original avec des références locales (François Legault, Jean-Sébastien Girard, etc.) qui font mouche, sans jamais alourdir le propos. Elle parvient ainsi à conserver l’esprit de l’œuvre tout en le rendant accessible et pertinent pour le public d’ici.


En résumé, Le Prénom au Théâtre Jean-Duceppe est une réussite! La mise en scène inspirée de Serge Denoncourt et les performances nuancées de la distribution font de cette production une expérience théâtrale divertissante et cela fait du bien à l’âme. Si vous cherchez une soirée à la fois légère et réfléchie, ne manquez pas cette pièce. Vous en sortirez le sourire aux lèvres, tout en réfléchissant aux complexités des relations humaines. La pièce est présentée jusqu’au 15 décembre à Montréal, puis part en tournée à travers le Québec. Visitez leur site web pour plus de détails.

Annie Roy | Journaliste
Diplômée de l’École de théâtre et détentrice d’une Maîtrise en Communication, Annie est passionnée des arts depuis sa tendre enfance. Elle est une femme déterminée et très polyvalente qui allie l’animation radio, le mannequinat, le jeu, le journalisme culturel, le chant, la gestion d’artiste et l’enseignement au primaire depuis plus de 15 ans. Grande voyageuse et très « foodie », elle aime découvrir de nouveaux endroits.

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : Catrine Daoust

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