Le dîner de cons, dans sa version québécoise mise en scène par André Robitaille, est de retour en supplémentaires au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts pour quatre représentations du 10 au 12 octobre. Après plus de 150,000 billets vendus, un exploit rarissime au théâtre, le public montréalais était dans une attente joyeuse : celle de la promesse d’une soirée de rires. Et il n’a pas été déçu !
Le Théâtre Maisonneuve vibrait le 10 octobre sous les rires d’un public conquis par Le dîner de cons, portée par la distribution prestigieuse annoncée (Laurent Paquin, Normand D’Amour, René Simard, Bernard Fortin, Pascale Montreuil, Isabelle Giroux). Ce grand classique de Francis Veber, revisité avec une touche québécoise, prouve que le comique de situation et la satire sociale n’ont rien perdu de leur mordant.
Scène, interprétation et ambiance
L’intrigue est bien connue : chaque « participant » d’un dîner doit amener un « con », et le plus spectaculaire remporte la palme. Brochant (Normand D’Amour) croit avoir trouvé la perle rare : François Pignon (Laurent Paquin), fonctionnaire passionné de maquettes en allumettes. Ce que Brochant ignore, c’est que Pignon est un virtuose de la catastrophe accidentelle.
Dès les premières scènes, le ton est donné : le rythme est vif, les dialogues claquent, et l’espace scénique, bien exploité, laisse respirer les gestuelles, les regards, les silences lourds. Laurent Paquin, dans le rôle de Pignon, impose un personnage maladroit mais attachant : chaque entrée dans une pièce, chaque mot mal placé, chaque geste censé être innocent provoque des ondes de chaos. D’Amour, en Brochant, incarne la froideur bourgeoise, l’arrogance qui vacille, jusqu’à l’impensable. Les seconds rôles (Simard, Montreuil, Fortin, Giroux) tissent l’arrière-plan social, les pressions minutieuses et les relais comiques qui alimentent l’engrenage.



L’interaction entre le texte et l’interprétation québécoise s’avère un équilibre : on sent le respect de l’œuvre originale, mais aussi le désir d’adapter certaines intonations et références à la sensibilité locale. Le public rit sans retenue, mais aussi fréquemment à retardement, quand les gags s’imposent après un instant de flottement.
Distribution & mise en scène
Le casting d’artistes bien établis au Québec et reconnus du public apporte une densité émotionnelle et une familiarité bienvenue. La mise en scène d’André Robitaille réussit à maintenir le tempo, à doser les grands moments de comique et les respirations.
L’adaptation québécoise fonctionne, sans outrance : l’œuvre conserve son esprit, tout en retrouvant une certaine proximité pour le public local. L’humour, parfois grinçant, passe bien : les quiproquos verbaux, les jeux de mot, les inversions de pouvoir, tout converge vers un plaisir collectif.



Quelques limites
À plusieurs moments, le tempo paraît un peu retenu : des scènes entre deux (ou trois) personnages traînent juste un peu trop. Certains effets comiques, trop attendus, peuvent paraître prévisibles pour qui connaît bien la pièce. Le défi du classique : surprendre sans trahir l’original. La grande salle (Maisonneuve) exige que les énergies soient amplifiées : quelques subtilités d’intonation perdent de leur impact pour les rangs éloignés.
Un rendez-vous à recommander
Hier soir, Le dîner de cons à la Place des Arts n’était pas qu’une redite : c’était une célébration de la comédie de boulevard. La pièce résiste au temps, et cette version québécoise lui redonne fraîcheur et pertinence. Une soirée réussie, drôle, intelligente et parfaitement adaptée au public québécois. Le dîner de cons reste une leçon intemporelle sur la bêtise, l’arrogance et… la tendresse humaine.
- Distribution : Laurent Paquin, Normand D’Amour, René Simard, Bernard Fortin, Pascale Montreuil, Isabelle Giroux.
- Auteur : Francis Veber
- Mise en scène : André Robitaille
- Production/Diffusion : Gestev/Monarque productions
Le dîner de cons sera présenté au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts jusqu’au 12 octobre 2025. Pour l’achats de billets: https://www.placedesarts.com/evenement/diner-de-cons.

Josée Laberge | Journaliste
Passionnée de musique depuis son jeune âge et ayant une formation de pianiste, Josée a des goûts musicaux très éclectiques. Dévorant la culture sous toutes ses formes, elle adore assister à des spectacles ou événements de tous genres, afin de partager sa passion pour la richesse de la culture québécoise et de ses nombreux artistes talentueux.

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : Émilie Lapointe
