Le 17 mai dernier, Laurence St-Martin a célébré le premier anniversaire de son troisième album, intitulé Avec elle, en effectuant sa première montréalaise au Studio TD de Montréal. Lors de ce grand événement unique, elle a invité Gab Forest, Ghys Mongeon, Francis Degrandpré, Véronique Labbé et Doug St-Louis à son gros party de famille.
Voici des entrevues réalisées avec Laurence St-Martin, Francis Degrandpré, Doug St-Louis, Gab Forest et Ghys Mongeon.



Entrevues
Laurence St-Martin
Comment te sens-tu avant ta grande rentrée montréalaise ?
Je suis super excitée et je suis fébrile. Je suis un peu dans le jus parce que, clairement, c’est un gros show quand même à produire qu’on produit avec Véro (Véronique Labbé); on porte plusieurs chapeaux. Ça me rend fière, mais je suis comme : «Est-ce que je peux être juste une artiste, mettons ?» C’est super trippant, je suis vraiment excitée.
Dans ton spectacle de ce soir, chaque chanson a sa danse personnelle…
Chaque chanson est chorégraphiée par les écoles de danse Cowboy Barbu et JB Linedance. Ils ont aussi travaillé vraiment fort pour trouver une chorégraphie qui fitte sur nos chansons, ainsi que sur les chansons des invités. Ça va être super trippant, et ils sont super contents. Il y a également une trentaine ou une quarantaine de danseurs d’école country qui sont venus aussi nous découvrir; ça va créer une petite ambiance. J’ai hâte de voir les personnes qui ne dansent pas à ce niveau à l’action.



Pourquoi avoir eu autant de collaborateurs avec toi ce soir ?
Je pense que c’est pour faire différent, et essayer de se démarquer comme d’habitude. Je pense qu’on essaie toujours de se démarquer et de faire ce que les autres ne font pas. Les écoles de danse avaient beaucoup de regards sur mon projet depuis Premier rodéo. On s’est dit pourquoi ne pas l’exploiter un petit peu, et ils ont embarqué. C’est sûr que les danseurs country sont plus en région, alors c’était difficile de les déplacer ici. Cependant, il y en a quand même qui sont venus, et je suis contente de ça.
Est-ce que tu vois tes collaborations comme celles de ce soir comme des trucs qui te permettent de rejoindre un plus grand public ?
Oui à toutes ses réponses; les moves sont toujours un petit peu stratégiques. En même temps, c’est quand même un beau party de famille ce soir. J’aurais pu donner cette vitrine à d’autres artistes aussi en allant chercher des musiciens de milieux différents, mais j’avais envie qu’on célèbre ça ensemble tout le monde de la gang de PVL (Productions Véronique Labbé). C’est le fun, et je suis fière. Il y a Francis (Degrandpré) qui me rend un grand service quand même en étant ici ce soir. Je pense que Ghys Mongeon a peut-être moins la chance de performer à Montréal, et il est super content aussi. C’est un beau mélange de tout ça. C’est juste comme si on était au chalet en ce moment dans la loge. Il n’y a aucun stress, il n’y a pas de malaise. C’est comme toute notre famille.
Pourrais-tu définir chacun de tes invités de ce soir en un mot ?
Francis Degrandpré : Talentueux. En fait, ils sont tous talentueux.
Gab Forest : Naturel.
Véronique Labbé : Généreuse.
Ghys Mongeon : Familial.
Doug St-Louis : F***** cool. C’est lui qui a réalisé Premier Rodéo. Dans ma carrière, Doug a vraiment beaucoup d’importance. Ce soir, il fait la chanson avec moi. Je trouve ça le fun parce qu’il y a un an on l’a créée en studio. Et aujourd’hui, c’est la chanson la plus attendue du show après Fille des Îles.
Quelle est ta plus grande fierté en lien avec cet album paru il y a un an ?
On fait plein de beaux shows. Je sais de plus en plus où je m’en vais. On a fait un album pour faire des festivals. On a adapté le show pour qu’il soit plus festif. Le show qu’on a monté (en excluant celui de ce soir comme il est entrecoupé par les artistes invités) est vraiment cool et super festif. C’est ça le mandat, et ça a fonctionné. Autre chose; les chansons jouent bien à la radio. Je pense qu’on commence à se tailler une place dans l‘industrie un peu plus qu’avant.
Justement, quelles sont les chansons que tu aimes le mieux performer sur scène depuis le début de la tournée ?
Clairement, Premier Rodéo et Fille des îles aussi. C’est mes deux préférées. J’aime toutes les chansons qu’on met sur le show, on les choisit. J’ai quand même le choix maintenant, j’ai trois albums. Ce soir, on fait les deux tounes coller. Il va y avoir bien de l’adrénaline.
Est-ce que tu as l’impression que tu dois proposer davantage tes chansons festives dans un spectacle comme celui de ce soir au détriment de tes ballades ?
Les ballades et même les chansons folk style feu de camp, on a changé ça. Ce n’est pas parce que je les aime moins ou que le monde les aime moins, mais plutôt parce qu’on a un objectif qui est de faire un spectacle festif. Parfois, c’est une question aussi de changement de guitare. On a mixé des medleys avec mes chansons aussi. Parfois, c’est juste une question aussi de match.
Qu’est-ce que tu penses des premières parties?
J’adore les premières parties! Je ne me suis pas prononcé parce que je me suis donné un mot d’ordre soit de ne jamais parler de politique sur mes réseaux. Ma carrière a grandi à cause de Matt Lang. J’ai fait sa première partie pendant un an. J’ai vu ce qu’était. J’ai eu son public en partage. Les gens m’ont connu. Je vendais des albums. C’était ma première année de carrière. J’ai vu ce qu’était un show de prod, un show monté, un show de qualité. J’ai eu des conseils de ce gars-là et de ses musiciens aussi. À chaque fois que je pense à mon show, je pense à ce show-là quand j’étais plus jeune.
Mon Dieu, c’est tellement important. Il n’y a pas un show que je ne veux pas de première partie. Si je peux partager mon public, je le fais. Je comprends pourquoi à un moment donné que les premières parties peuvent s’éterniser. Pour moi, une performance de trois ou quatre chansons permet de bien connaître l’artiste. C’est une vitrine. Ça devrait même être obligatoire dans les salles. On va s’aider dans la culture.
Francis Degrandpré
Comment te sens-tu à l’idée de performer sur la scène du Studio TD avec Laurence St-Martin et plusieurs de tes complices musicaux ?
C’est vraiment cool. C’est comme si toute l’équipe de production était réunie, et ça, on ne l’a pas fait souvent. Je me souviens de ma rentrée montréalaise au Théâtre Corona, en mars 2023 : Laurence et Véro étaient là. Mais cette fois, que tout le monde soit présent, c’est une première. C’est vraiment spécial.
Comment ça va dans tes projets en ce moment ? Tes chansons tournent pas mal à la radio…
Ça va super bien, autant à la radio que pour les shows. On entre en saison de festivals à la fin mai — notre premier est le 31 mai. À partir de là, jusqu’en septembre, on en fait 32 au total. Même à l’automne, on repart en tournée en salle, donc ça ne ralentit pas du tout. Et on commence déjà à booker pour 2026, même des festivals, donc un an et demi d’avance. C’est vraiment excitant. À la radio aussi, on vient tout juste de sortir Quand j’pars, qui est notre septième extrait. C’est vraiment le fun.
Est-ce que tu veux me parler de ce nouveau vidéoclip ?
C’est justement en lien avec la chanson qui vient de sortir à la radio, Quand j’pars. À la base, je voulais écrire une chanson de chasse, mais pas trop dans le style « with the boys ». J’avais déjà pas mal abordé ça dans mon premier album — la bière, partir avec les chums à la chasse… Cette fois, je voulais explorer un autre angle, plus familial. Donc, j’ai écrit une toune de veuve de chasse. Et pour le clip, j’ai intégré ma blonde dedans. Est-ce qu’elle était à l’aise ? La réponse, c’est non ! (rires) Mais c’était super drôle à tourner.
Ta blonde est une veuve de chasse…
Ben oui ! Quand je pars avec mes chums, elle reste seule à la maison avec notre petite country girl qui a deux ans et demi. Je voulais souligner ça un peu dans une chanson, puis je pense qu’on l’a amené de la bonne façon aussi.
Qu’est-ce que tu souhaites accomplir de nouveau ? Qu’est-ce que t’as pas encore accompli que t’aimerais ça accomplir ?
C’est une bonne question ! Honnêtement, c’est la première fois qu’on me la pose. Les gens me demandent souvent : « C’est quoi que tu souhaites ? » et je leur réponds : « Moi, ce que j’aime, c’est faire des shows. » Mais ce que j’ai pas encore accompli… avec sept extraits radio qui ont super bien fonctionné, oui, je me souhaite un numéro un.
Côté spectacles, je suis vraiment gâté : les gens sont au rendez-vous, que ce soit en salle ou en festival. On fait de plus en plus de grosses scènes, c’est vraiment trippant. Mais oui, à la radio, un numéro un, je pense qu’on est rendu là. C’est ça que je me souhaite.
J’aspire aussi à faire des duos. À date, j’en ai juste fait un — avec Vince Lemire, un de mes bons chums — sur mon premier album, et ça fait déjà deux ans et demi. J’en avais pas non plus sur mon deuxième album. Là, je pense que le moment est venu pour se faire un trip de même.
Est-ce que tu vises d’aller un petit peu plus dans la musique anglophone bientôt ?
Je vais toujours le faire en français. C’est ancré en moi et c’est ce que j’aime faire. En anglais, je le ferais possiblement un deux, trois chansons, peut-être sur mon troisième album juste pour le trip de dire que j’ai fait des tounes en anglais parce que je ne te cacherai pas que quand je prends ma guitare à la maison, je chante pas mal tout le temps en anglais, Mais oui, ça s’en vient. Quand exactement, je ne pourrais pas te dire, mais dans les deux, trois prochaines années, c’est sûr qu’on va entendre des chansons en anglais de Francis Degrandpré.
Je suis un pur laine québécois, et mes textes, on le sent. J’ai ce sentiment d’appartenance-là, et j’ai mon slang à moi. La bonne vieille langue française, ça va toujours faire partie de moi, et aussi dans mes chansons. Mais le fait de faire en anglais, ça va vraiment juste être un trip pour le fun. Et si ça fonctionne, tant mieux, mais la langue française va toujours préconiser.



En 2025, c’est quoi la chanson que tu aimes le plus performer?
Je dirais de mon deuxième album, c’est la chanson Si demain. C’est une chanson qui est sensible, qui est intense. Puis maintenant, en spectacle, contrairement au début, on la faisait full band. Puis au fil du temps, au fil des spectacles, je me suis rendu compte que les gens la chantaient plus fort que moi. À un moment donné, j’ai dit aux boys, écoute. Je pense que j’aimerais ça la faire acoustique, guit-voix avec les gens. Puis même que hier, c’est drôle, on était en show au Saguenay. Puis c’était incroyable à quel point les gens allaient chanter. Ils m’enterraient. Fait que je les ai juste fait chanter.
Ce n’est même pas un extrait radio en plus …
Je dirais que c’est dans le top 2 des chansons les plus fortes du deuxième album, mais elle ne fit malheureusement pas avec le son que les radios veulent avoir. Mais en spectacle, c’est mon moment fort du show.
Qu’est-ce que tu penses des premières parties ?
C’est vraiment important. Ça me donne le pouls de la salle aussi, des gens qui sont là. Les gens qui font ces quatre, cinq chansons-là avant un show, ça les met sur la map. Donc, pour vrai, il n’y a rien de négatif à avoir une première partie, autant pour cet artiste-là qui vient chanter avant, autant pour l’artiste principal. Et autant pour les gens aussi qui sont dans la salle. Ça fait des belles découvertes, donc il n’y a rien de négatif là-dedans.
C’est drôle et à la fois triste en même temps parce que je fais tellement de shows que je ne vais même pas voir de show. Je ne prends pas le temps d’aller voir des shows. Je suis toujours en show du jeudi au dimanche. Je reviens à la maison le dimanche, donc je ne vais pas voir de show.
Tu as l’air très occupé, est-ce que tu vas souvent voir des shows ?
C’est drôle et à la fois triste, parce que je fais tellement de shows que je ne prends presque jamais le temps d’aller en voir. Je suis en spectacle du jeudi au dimanche, et quand je reviens à la maison le dimanche, je ne vais pas voir de show.
Doug St-Louis
Comment te sens-tu de performer avec Laurence St-Martin et plusieurs de tes autres complices musicaux ?
Je trouve ça super cool. Je me sens comme si c’était une soirée en famille. Tout le label est là, tous les chums avec qui j’aime travailler en studio sont là. De partager la scène tous ensemble, c’est vraiment cool.
Après de nombreuses années en tant que musicien et réalisateur, tu sortiras, finalement, ton premier album en solo dans les prochains mois. Pourrais-tu nous en parler ?
20 ans de carrière, et ça sera mon premier album solo. J’ai sorti plein de projets de toutes sortes. J’ai réalisé plus d’une centaine d’albums pour plein d’artistes dans toutes sortes de styles. Et là, je me gâte avec un premier album officiel en carrière. Musicalement, ça va être un style qui me ressemble beaucoup. C’est un album qui va être new country, mais avec des saveurs très pop. Ça va être très mixé. Bien que ce soit de la musique country, je pense que ça va être quelque chose qui va s’écouter facilement. Je veux vraiment y aller avec des vers d’oreilles. Je souhaite que les gens qui aiment tous styles de musique puissent apprécier.
Comme tu as de l’expérience dans plein de styles, pourquoi avoir choisi la branche du new country ?
J’ai grandi dans le country beaucoup, et j’ai travaillé beaucoup dans la musique urbaine. Quand j’étais jeune, mon grand-père jouait dans un band de country et il faisait de la soul aussi. J’ai grandi un peu là-dedans. Ça faisait plusieurs fois que j’essayais de ramener le country au Québec; par exemple lors de la vague de new country d’il y a 12-15 ans. J’ai produit quelques chansons. Il y a quelques traces sur Internet de chansons que j’ai sorties, mais je pense que le Québec n’était vraiment pas à la même place. J’étais signé par un major dans ce temps-là, et il ne fallait pas que je porte un chapeau de cowboy parce que l’image ne marchait pas. J’avais, entre autres, sorti une chanson qui s’appelle Jeunesse éternelle qui avait quand même joué à CKOI. Toutefois, on ne voulait pas qu’on l’étiquette comme du country et il fallait qu’il n’ait rien de country dans le vidéoclip. Et pourtant, c’était du country, du new country. Et enfin, dans les dernières années, il y a eu une recrudescence de ce côté-là. Je pense que le timing était bon pour revenir avec ce style-là et attaquer ce premier album-là.
Parmi tes collaborations, tu as chanté avec Roxane Bruneau sur la chanson Seuls ensemble; qui a été sa première chanson en carrière.
On a produit sa première chanson ensemble comme un duo qu’on a fait vraiment pour le fun. Elle avait beaucoup de succès sur les médias sociaux dans ce temps-là et on a fait ça pour s’amuser. En fait, la chanson raconte l’histoire d’une de nos amies communes qui vivait quelque chose. On était dans un party et on a décidé d’écrire cette toune-là pour le plaisir. On l’a enregistrée et on a décidé de la sortir. Encore aujourd’hui, elle roule encore. On a un disque d’or avec ça.
Comment est-ce que tu t’es senti d’avoir collaboré avec elle à l’aube de la propulsion de sa carrière qui a suivi ?
Je suis super content. Je suis tellement content que ça ait explosé pour elle. Je sentais qu’elle avait tout ce qu’il fallait pour que ça marche. Je suis vraiment content qu’on ait fait cette chanson ensemble. De voir où elle est rendue aujourd’hui, je suis super fier.
Quelles sont tes ambitions en termes de spectacles pour les prochains mois ?
On a beaucoup de shows qui se sont bookés cet été, on sera notamment au Festival western de Saint-Tite le 13 septembre prochain. On est en train de créer l’album en même temps que de créer le show. Plus ça va, plus on tasse des covers et de vieilles tounes. J’ai quand même adapté tout mon répertoire de carrière, toutes mes grosses chansons et tous mes featuring dans la vibe country pour que ça fitte dans le show. Il y a bien des tounes que je fais en show que les gens ne savaient même pas que c’était moi qui chantais dessus. J’ai été dans le groupe Audio Playground et on a eu un gros hit avec la pièce Emergency notamment. On ramène ces chansons-là dans le show en plus des tounes de l’album qui s’en vient.
On fait beaucoup de mashups en show. On aime ça mixer des tounes qui n’ont pas rapport sur des tounes new country d’aujourd’hui. Entre autres, on met du Backstreet Boys sur du Morgan Wallen. Ça n’a pas rapport, mais ça marche tellement bien ! Il y a un peu d’EDM et de hip-hop, et c’est mélangé avec du country. On touche à tout, mais tout garde une belle couleur grand public.


Avec Audio Playground, vous aviez fait un duo avec Snoop Dogg. Comment c’est venu à avoir un duo avec lui?
Mon partenaire là-dedans (Gino Baggio) a fondé Audio Playground à la base, et on m’a recruté un peu plus tard. Le but de notre projet était d’aller chercher des noms de renommée, de faire des singles un à la fois et de les sortir à l’international. On partait vraiment de rien en tant qu’indépendant et on essayait de conquérir le monde avec le single. De fil en aiguille, il s’est adonné à faire un transfert en bus avec Snoop Dogg et ils ont parlé ensemble. Et moi, j’avais déjà fait la version francophone de Emergency sans savoir que Snoop allait être là-dessus. Gino m’a appelé pour me dire qu’il pense qu’on va avoir Snoop là-dessus. Deux semaines plus tard, on est allé à Los Angeles et ça a vraiment bien parti l’aventure. On a fait un deuxième single avec lui [du temps que son nom d’artiste était Snoop Lion] pour une reprise de Could You Be Loved de Bob Marley (On ne sait jamais). On a fait une toune avec Flo Rida aussi (Have It) qui a bien roulé aussi. Le groupe existe toujours même si on ne sort pas de singles ces temps-ci. Peut-être qu’on va ressortir éventuellement une toune pour le fun.
Sujet tendance du moment; Qu’est-ce que tu penses des premières parties en spectacle ?
Je trouve que c’est le fun de découvrir des gens. C’est le fun de performer devant un public qui te découvre. J’aime autant avoir une première partie que de faire une première partie. Tu en donnes juste assez pour allumer le public durant qu’ils prennent le temps de te découvrir. Et après, ils sont curieux, ils en veulent plus et ils veulent découvrir l’artiste. On va voir ce que l’avenir réserve aux premières parties, mais moi j’ai toujours trouvé que c’était un plus.
Gab Forest
Comment te sens-tu de performer avec Laurence St-Martin et plusieurs complices musicaux ?
C’est vraiment un plaisir! Il n’y a aucun stress de notre côté ce soir : on confie tout le trac à Laurence ! Pour nous, c’est avant tout l’occasion de s’éclater. J’ai fait ma rentrée montréalaise au Studio TD il y a quelques semaines, et revenir sans la pression, c’est fantastique. Je suis habitué de suivre Laurence et de suivre Francis Degrandpré beaucoup dans les premières parties. Je suis content de les retrouver et de partager la scène avec eux. Ce sont de vrais chums, et ce soir, on va simplement transformer la salle en immense fête.
Avec le recul, comment vois-tu ton album aujourd’hui?
Je trouve que c’est un album rempli d’histoires le fun. C’est un bon équilibre entre l’énergie des chansons de party et la simplicité authentique du country. Il y a autant des tounes pour prendre une bière avec ses chums que des morceaux plus profonds. C’est aussi d’aller chercher les sentiments des gens qui écoutent. C’est du new country qui s’écoute bien.
Et le buzz autour de toi, tu l’as senti à quel moment?
Je te dirais que c’est vraiment un mélange de tout. Je pense que c’est rare que ça explose du jour au lendemain pour un artiste. Dans mon cas, c’est vraiment un build-up : un album à la fois, un show à la fois. À chaque spectacle, je vois qu’il y a plus de monde, plus de gens qui chantent les paroles. Et à chaque nouvelle chanson à la radio, ça devient plus facile, les stations embarquent plus. C’est pas un buzz instantané, mais clairement, il y a quelque chose de beau qui est en train de se construire.



Ta conjointe est enceinte. Comment envisages-tu cette nouvelle étape avec l’œil d’un futur père?
Je suis tellement excité, honnêtement. Ça fait longtemps que je rêve de devenir père, c’est quelque chose de super important pour moi. Présentement, je suis en pleine écriture pour mon deuxième album, et j’essaie même de composer des chansons pour mon petit gars. Mais c’est tough, parce que je vis toutes sortes d’émotions en même temps. On l’attend pour le début août, donc ça tombe en plein pendant la saison des festivals… Ça va être le chaos côté horaire, mais j’ai juste hâte de le prendre dans mes bras et de vivre tout ça avec lui. J’imagine déjà le moment où je vais pouvoir l’amener avec moi en show, avec ses petites coquilles sur les oreilles, comme j’ai vu Frank faire avec sa fille il y a un an et demi. J’ai tellement hâte de vivre ça. Je ne pense pas que ça va changer ma musique, mais j’ai l’impression que ça va me donner une personne de plus avec qui partager toute cette aventure-là.
Sujet tendance du moment; Qu’est-ce que tu penses des premières parties en spectacle ?
Je ne peux rien dire de négatif sur les premières parties, parce qu’elles ont été tellement cruciales pour moi. On parle souvent de la visibilité qu’elles offrent, mais on oublie de mentionner à quel point elles permettent aux artistes de gagner en expérience sur scène. Moi, je n’en avais pas fait tant que ça au départ, et ça m’a permis d’apprendre vite, devant du vrai monde, avec du vrai stress. Aujourd’hui, quand j’arrive pour faire un festival ou mon propre show, j’ai l’impression que mon stress a chuté de 80 %. Je me sens prêt, rodé. Donc pour moi, les premières parties, c’est un passage essentiel. Je leur dois beaucoup.
Ghys Mongeon
Comment te sens-tu de performer avec Laurence St-Martin et plusieurs complices musicaux ?
C’est vraiment le fun. On est vraiment une belle équipe. On aime toute notre musique, l’un et l’autre. De pouvoir s’amuser sur la même scène, de faire le même party, je pense qu’on a tous un peu la même vibe. Donc, c’est vraiment le fun. Pour moi, en plus, c’est plus rare que je puisse jouer à Montréal. Donc, ça me donne de belles opportunités. Puis, en plus de pouvoir chanter pour le public à Laurence, c’est sûr qu’on va avoir une maudite de belle soirée.
En tant que musicien de country plus traditionnel, comment te sens-tu d’avoir une chanson sur le palmarès Mediabase des chansons francophones en ce moment ?
C’est vraiment cool. Quand j’ai lancé mon premier album, mon objectif, c’était de jouer dans les festivals country. Pis on s’entend : le country a beaucoup évolué depuis. Même les festivals ont changé — ils restent western, mais moins qu’avant. Moi, j’ai évolué avec ça. Aujourd’hui, je me rapproche davantage d’un style qui me ressemble. À mes débuts, j’étais très influencé par des artistes comme Dany Bédar. Et là, je peux enfin amener un peu de ce son-là. Mon style, maintenant, cadre mieux avec ce que le palmarès Mediabase reflète. Depuis que je travaille avec Véro, c’est déjà ma troisième chanson qui entre dans le Mediabase… mais La paresseuse, elle, s’est rendue dans le top 50, et ça, c’est quelque chose.
Avant ça, tu étais le genre de gars qui était peut-être plus connu pour ses spectacles que pour ses succès radiophoniques …
Je suis passé dans de grosses émissions comme Tout simplement country et tout, mais mes chansons étaient peut-être un peu moins accessibles pour le grand public. C’est un peu pour ça que j’ai approché Véro : elle savait exactement vers quel son m’amener. Personnellement, l’album qu’on vient de sortir — mon troisième (Une autre raison d’boire) — c’est celui qui me ressemble le plus. Il reflète tout ce que j’ai fait dans ma carrière jusque-là. Je pense que je suis enfin vraiment sur mon X, et ça m’inspire énormément.
D’avoir un album qui te ressemble, je présume que tu dois capoter ta vie en spectacle en ce moment …
J’ai vraiment beaucoup de plaisir en spectacle en ce moment. Avant, avec mes autres albums, je chantais souvent avec les house bands dans les festivals — j’adorais ça, j’avais du fun, peu importe. Mais avec mes nouvelles chansons, on dirait que ça s’impose d’avoir mon propre band. Donc, depuis deux ans, je tourne avec mes musiciens. C’est mon show, mon univers. Mon dernier album s’appelle Une autre raison d’boire parce que je fais encore de la musique très festive, un peu dans l’esprit de Bob Bissonnette et compagnie. C’est de la musique qui donne le goût de faire le party, qui donne le goût de lever son verre. Sur scène, je me sens vraiment à ma place, puis j’adore partager ça avec le public. Faut venir me voir pour comprendre — c’est contagieux, ce qu’on fait.


Est-ce que tu présentes souvent des covers festives pour accompagner tes chansons parce que le public en spectacle doit en demander ?
Exact, le public en demande toujours. Mais c’est un couteau à deux tranchants. J’ai pris la décision que mes spectacles, c’était avant tout pour présenter mes chansons. Le monde qui aime Ghys Mongeon vient entendre du Ghys Mongeon. Cela dit, j’en glisse quand même une ou deux, parfois trois, des covers, dans mon show. Parce qu’il y a des gens qui me suivent depuis longtemps et qui sont attachés à certaines reprises que je faisais, comme Toune de bière de Bob Bissonnette ou Hurt So Good (de John Mellencamp). Ils me disaient : “Ah, tu ne fais plus ça ? Tu le faisais tellement bien !” Alors je les ai ramenées, et le monde est content. Mais si j’en fais trop, il y en a d’autres qui viennent me dire : “Moi, j’adore ton album… pis là, je suis venu te voir, puis tu as presque pas fait tes tounes ? Je suis déçu.” Faut essayer de plaire à tout le monde. Je pense qu’on réussit bien à trouver l’équilibre. Mon spectacle est bien balancé. Et en plus, mon public me suit de plus en plus, alors ils connaissent mes chansons maintenant. Même ceux qui ne me connaissaient pas au début finissent souvent par chanter avec nous.
Qu’est-ce que tu penses des premières parties ?
J’adore faire des premières parties, parce que ça me permet de rencontrer un public que je ne verrais pas autrement. Moi, j’ai mon public, Francis a le sien, Les LeBlanc aussi. Et en faisant leurs premières parties, je découvre plein de nouvelles personnes. Ça me fait réaliser que mon style peut plaire à toutes sortes de monde. Même si un jour j’arrive à un point où c’est moi qui ai besoin d’avoir des premières parties, je pense que je vais continuer d’en faire quand même, juste pour le trip. C’est vraiment une belle expérience. Combien de fois je suis allé voir un show et que j’ai découvert un artiste en première partie ? Simon Leblanc, je l’ai connu comme ça ! Après, je suis allé voir sa page Facebook, je voulais savoir où il jouait, puis je suis devenu fan. C’est pareil pour les musiciens. La première fois que j’ai vu Gab Forest, il faisait une première partie — aujourd’hui, je fais partie de son équipe ! Donc oui, moi, je vote pour les premières parties à 100 %.
Article du tapis rouge

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.
* Les photos du tapis rouge sont de Patricia Duval.

1 thought on “Journée d’entrevues à la rentrée montréalaise de Laurence St-Martin”