Le samedi 18 mai, Laurence St-Martin a continué la tournée de son nouvel album, Avec Elle, avec un show intime et festif au Théâtre Petit Champlain, à Québec. Comme elle l’a expliqué au début de son spectacle, la tournée, à date, a été variée, avec une grande salle puis un festival à l’extérieur, avant de jouer dans cette petite salle à Québec.
Prenez note : Les photos ont été prises lors du lancement de son album à Montréal.
Sur plusieurs chansons, elle a fait lever les gens pour qu’ils puissent danser et bouger et, pour Party’s on the way, elle a invité un groupe de filles à monter sur scène pour faire un genre de danse en ligne. Vu qu’Adamo n’était pas présent pour leur chanson Premier Rodéo, Laurence a mis des lunettes de soleil, pour se transformer en «rappeuse québécoise», et elle a fait le rap elle-même. L’énergie était présente tout au long du spectacle, intensifié par le fait qu’elle a donné des shots de téquila aux gens devant la scène avant de jouer sa chanson Téquila.
Commençant la soirée, Gab Forest a joué quelques chansons en tant que première partie. L’auteur-compositeur-interprète, qui sortira son premier EP plus tard cette année, apparaît sur la chanson J’ai besoin aussi, qui termine l’album. Il a donc rejoint Laurence sur scène pour cette chanson, ainsi qu’à la fin du show, alors qu’il dansait parmi les musiciens avec un sourire.
Avec Elle est un album qui est aussi personnel que ses deux précédents, mais avec plus d’accent sur le fait de s’amuser.
Cet aspect rassembleur est bien transmis dans ses spectacles, peu importe l’endroit. On a parlé avec la jeune auteure-compositrice-interprète avant son spectacle au Théâtre Petit Champlain pour en savoir plus sur l’album et ses expériences dans l’industrie musicale.
Ça fait quelques semaines depuis la sortie de ton album, Avec Elle, et le lancement que tu as fait au Lion d’Or à Montréal. Comment te sens-tu maintenant?
Tellement bien. Je suis full fière de l’album et aussi du lancement. Je suis full reconnaissante parce qu’il y avait beaucoup de monde et tellement d’amour.
En tant que troisième album, est-ce qui a des choses que tu voulais faire différemment? Parfois, le troisième album est comme un moment où un artiste se réinvente.
Je ne pensais pas tant, mais tous les commentaires que j’ai reçus étaient comme «ayoye, c’est ton meilleur album» donc j’étais comme ok! J’étais tellement dedans et c’était tellement intense que je ne me suis pas rendu compte que j’avais tant évolué. Je savais qu’on allait ailleurs, mais pas à ce point. Les commentaires que j’ai reçus étaient super valorisants et je pense que, oui, j’ai pris le temps pour chaque chanson.
Le côté country est intensifié et il y a des chansons qui jouent vraiment avec ça, par exemple, Téquila, Party’s on the way, et Bottes de Cowboy. Comment décrirais-tu le mode de vie lié à la musique country?
C’est le troisième show en trois jours, donc je suis un peu fatiguée. C’est beaucoup de route et je ne sais pas si je suis la personne parfaite pour ça, parce que j’aime vraiment retourner chez moi, mais, au final, j’aime tellement quand on arrive sur place pour faire des spectacles. Ce n’est pas facile, je vais bien chez moi, mais je m’habitue! Ce que je ressens au retour est tellement plus fort que le stress de partir, donc j’en parle un peu dans Bottes de Cowboy. Ce n’est pas toujours facile, mais en même temps, quand je suis sur scène et quand les gens donnent des commentaires, ça en vaut la peine.
Cette année, tu vas être la première artiste féminine francophone à ouvrir la scène du Festival Lasso de Montréal. Quelle est votre opinion sur la représentation dans la scène country, que ce soit la féminité ou la langue?
Je pense qu’il n’y a vraiment pas assez de femmes dans l’industrie et, en même temps, ça vient un peu avec l’effervescence que ça donne aux gens, ils sont plus présents pour les gars parce qu’ils sont plus payants. Sur la scène, je pense qu’avec l’aspect vendeur, les gars mettent plus le party. Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas plus de femmes, ou, au moins, c’est toujours les mêmes. Il y a moins d’espace pour la relève féminine. Je le vis et, même si je suis super reconnaissante, je sais que c’est pire pour d’autres artistes. C’est comme le hockey féminin et le hockey masculin. Je crois qu’il devrait y avoir plus de place pour les femmes.
As-tu remarqué quelques changements depuis que tu as commencé ta carrière?
Je pense que les femmes se démarquent et ça c’est l’fun. Dans mon projet, je sais ce qui manquait et maintenant je sais ce qu’il faut pour aller chercher ma place. Je cherche des chansons festives. On fait de la danse en ligne pendant nos shows et on a des chansons avec un gros drum. En même temps, je garde mon côté Laurence avec les chansons plus intimes et les paroles qui viennent de mon coeur.
Tu viens de Saint-Ignace-de-Loyola où tu habites actuellement. Pourrais-tu nous parler de ton environnement et comment a-t-il a influencé ta musique, surtout parce que cet album est très inspiré par ton quotidien?
Les trois albums sont très inspirés par mon quotidien. Saint-Ignace-de-Loyola est paisible et tous les gens se connaissent. C’est comme mon safe space au bord de l’eau, avec les bateaux, les petits insectes et les choses de la campagne. J’aime tellement être au bord de l’eau, l’aspect chaleur et le home sweet home.
Est-ce que tu as l’habitude d’écrire au bord de l’eau?
Oui, vraiment! J’en parle souvent dans mes chansons et aussi les valeurs comme la famille et l’amitié.
Quelle était ta relation avec la musique en grandissant? Est-ce que la musique country et folk étaient une grande partie de ta jeunesse?
Pas vraiment. Mes parents écoutaient beaucoup de musique québécoise, folk québécois et les chansons qui étaient jouées à la radio, mais je n’ai pas grandi dans un environnement country. Je pense que la raison pour laquelle je fais ça aujourd’hui, c‘est parce que mes paroles viennent tellement de mon coeur. Elles parlent du bord de l’eau, de la campagne, donc je crois que c’est à cause de mes paroles que je suis allée vers le country. Mon agent et mon équipe sont plus dans le country aussi, alors c’était naturel.
Est-ce qu’il y avait des artistes qui t’ont inspiré quand tu as commencé à créer la musique, peut-être les artistes country féminines?
Non, je suis quelqu’un qui prend un petit peu de tout le monde. Par exemple, j’aime bien l’authenticité de Roxane Bruneau et le son de Luke Combs, ainsi qu’Alana Springsteen. Je suis toujours comme «c’est bon! Je veux faire quelque chose de similaire!»
Depuis ton premier album, Filles des îles, en 2019, est-ce que tu as appris des choses qui ont changé ton approche à l’écriture?
Je pense que j’ai la langue française un peu plus à cœur parce que naturellement je la défends. Je stand pour ça et pour tout ce qui concerne les femmes dans le business culturel. J’apprends que c’est beaucoup de travail. Je m’améliore en tant que musicienne et j’ai appris comment écrire des chansons avec une structure.
Il y a des collaborations sur ton nouvel album, Premier Rodéo avec Adamo et J’ai besoin aussi avec Gab Forest. Est-ce que tu avais ces artistes dans ta tête avant de créer l’album? Qu’est-ce qu’ils ont apporté aux chansons?
Je n’avais pas les deux dans ma tête, mais j’adore faire des duos, c’est tellement nice comme partage artistique. Adamo, je l’ai écouté sur mon bateau et je voulais un rappeur pour mélanger les deux mondes. Ce qui m’a inspiré, c’est la chanson Ciel d’Alicia Moffet et FouKi. J’ai envoyé un message à Adamo sur Instagram pour voir s’il voulait collaborer et il a dit oui! On s’est rencontré, puis en deux jours on a écrit et enregistré la chanson. C’était la dernière toune et j’en suis vraiment fière. Gab Forest, je l’ai trouvé sur internet et j’ai pris le temps avec mon agent de le signer. On a fait la chanson ensemble dans mon salon.
Est-ce qu’il y avait des chansons sur cet album qui sont plus personnelles pour toi et qui apportent des souvenirs marquants? Si oui, lesquelles?
Toutes! Toutes les chansons ont quelque chose mais j’ai un petit coup de cœur pour Tour du monde parce que c’est la chanson que j’ai faite avec mon frère. On était dans une tempête de neige à Montréal où on l’a écrite avec Kingdom Street. À la fin, j’étais comme «elle manque quelque chose» et j’ai demandé à mon frère de chanter. Il a chanté sa partie chez nous.
La vibe complète de l’album est une fête ensoleillée et un rassemblement. À part tes spectacles, dans quelle ambiance aimerais-tu que les gens écoutent ta musique?
Je pense surtout en venant me voir en spectacle. Il y a des gens qui consomment ma musique mais qui ne viennent jamais me voir en show. J’aimerais qu’ils vivent l’expérience.










Photos, spectacle lancement à Montréal au Lion d’Or

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.
