Après avoir eu la chance de performer avec Heartstreets (avec Emma Beko) à Osheaga, Laroie (Gab Godon de son vrai nom) performera en solo pour la première fois dans le célèbre festival montréalais. Pour vous mettre dans le bain et / ou vous donner envie d’y être, voici une entrevue réalisée avec la chanteuse qui sera en prestation à la tente Sirius XM à 18h30 dimanche soir.
Présente-nous ton EP Tragedy, paru le 3 mars dernier.
C’est un projet qui reflète de ma quête identitaire, de grandes remises en question, d’étapes difficiles qui ont dû être traversées pour atteindre cette quête et de sentir que je devenais 100% intègre à moi-même. C’est un projet très dansant, aux sonorités R&B, qui baigne dans la musique électro. On sent beaucoup les inspirations house ainsi que downtempo, certaines chansons ont des sonorités trip-hop. Je touche à beaucoup de styles de musique, et c’est toujours dans une énergie très dansante.
« L’idée de partir un projet solo après mon aventure avec Heartstreets, c’est de me redécouvrir en tant qu’artiste solo et de découvrir mon identité artistique. Je sens que, avec Speed of Life et Tragedy, j’ai trouvé un terrain de jeu qui me représente et dans lequel j’ai envie de grandir et d’évoluer. C’est une trajectoire qui me plaît. »
– Laroie.
Quelle serait la chanson de ton EP que tu souhaiterais mettre en valeur dans cet article ?
Je dirais Tragedy, la pièce-titre, parce que c’est le noyau du EP au niveau des thématiques abordées. Cette chanson a une force. Elle est à l’image de ce que j’essayais de communiquer dans cet EP. La chanson, c’est ce qui aurait pu être tragique si je n’avais pas fait face à certains défis qui me rapprochaient de moi-même. Ça aurait été tragique de faire fi de ça et de ne pas être intègre à moi-même. Ç’a été la tragédie qui n’a pas eu lieu parce que j’ai confronté les bobos qui devaient être confrontés. Et ainsi, je me suis retrouvée.
C’est la première fois que tu présenteras ta musique en solo à Osheaga. Comment te sens-tu à l’aube du spectacle ?
J’ai très hâte. Osheaga, ce n’est pas rien. Je ne tiens pas ça pour acquis. Je vois ça comme une belle opportunité de partager ma musique à un plus large auditoire. Je suis convaincue que je vais aller me faire de nouveaux fans. Vivre une expérience de scène en solo, c’est sûr que c’est différent. J’ai quand même un bagage de plusieurs années de shows dans le corps. J’ai une certaine confiance qui vient de mon expertise d’avoir fait beaucoup de shows dans les dix dernières années. Ce n’est pas pareil que quand je partageais la scène avec Emma Beko à nos débuts parce que je sais où je m’en vais.
« 30 minutes, c’est court, mais c’est l’opportunité d’en mettre plein la vue. Tout le monde aura le toupet en broussaille à la fin du spectacle ! »
– Laroie.
À quoi doit-on s’attendre comme spectacle ?
L’énergie sera dans le tapis dans le sens que je veux que ce soit un set dansant. Je souhaite que ça donne le goût aux gens de bouger, de sauter et de se laisser enivrer par les chansons. Je sélectionnerais les tracks plus house et plus danse de mon répertoire. J’incorporerais aussi des chansons qui sont dans l’émotion comme c’est un moment qui me permet de me rapprocher du public d’une certaine manière. Le côté soul et dansant sera beaucoup mis de l’avant avec les choristes qui m’accompagneront sur scène.



Si tu as le temps d’aller voir d’autres shows lors du festival, quel est celui que tu aimerais le plus aller voir ?
Ça va de soi que je vais aller voir Kendrick Lamar, j’ai très hâte de voir son set. Je suis légèrement déçue que Central Cee joue en même temps que moi, j’aurais été très down de le voir. Je suis curieuse d’aller voir Cigarettes After Sex et Fred again….J’encouragerais aussi les artistes qui partagent la même scène que moi, Hansom Eli et Pelada.
Sur une échelle de 1 à 10, comment te sens-tu au niveau de la pression ?
Ce jeudi matin, je suis un petit 2 ou 3. C’est l’expérience d’avoir fait plusieurs shows et d’avoir déjà vécu l’expérience d’Osheaga comme mentionné précédemment. Ça ne sert à rien que je sois à 10 maintenant parce que sinon je serai complètement vidée, rendue au festival. Ça serait de l’anxiété non nécessaire. Alors, j’essaie de garder mon esprit calme.
D’ici dimanche, c’est en mode crescendo. Je sais que je serai stressée la journée du show. Ça fait partie de la game et du processus. En étant stressée, ça démontre que je prends ça à cœur, que je prends ça au sérieux et que je ne m’en fous pas. Je prévois de me relaxer, me reposer, me ressourcer et recharger mes batteries au maximum samedi afin que je me réveille dimanche matin en pleine possession de mes capacités et prête à attaquer la scène.
Dimanche matin, je pense que je serai à 7. Lorsque j’arriverai sur le site, je serai à 8. Quand ça se rapprochera de l’heure, ça sera un 8,5 et un 9. Quand on me dira que je commence dans cinq minutes et que je verrais les gens, je serai peut-être à 10 ou même 10,5. C’est tellement un moment que tu dois vivre le moment présent. J’ai 30 minutes, et je ne peux pas le refaire par la suite. C’est maintenant ou jamais, comme on dit ! Quand le show commencera, je serai en euphorie totale.



Pourquoi doit-on assister à ton spectacle ?
Une chose qu’on me dit souvent quand on voit mon set c’est que partage une énergie qui est unique avec le public. Tu ne peux pas la retrouver … même dans un show de Kendrick Lamar. On doit vivre l’expérience pour savoir de quoi je parle. Alors, vous devez venir à un de mes shows. Il y a une énergie qui ne s’invente pas, et elle est définitivement transmise dans toutes mes représentations.
