La pièce de théâtre Là où la poussière se dépose est présentée à la Salle Michelle-Rossignol du Centre du Théâtre d’aujourd’hui (CTA) du 30 septembre au 12 octobre 2024. Voici notre compte-rendu du spectacle.
À peine entré dans la salle Michelle-Rossignol du CTA, on est déjà chez quelqu’un. Un éclairage doux assure le confort du regard et des tapis multiples couvrent le sol, délimitant les pièces d’un possible logement. Même que les acteurs sont installés devant nous, en train de terminer calmement un puzzle sur la table basse du salon en silence… Un piano et un musicien vont créer l’ambiance de la soirée. On est comme en visite. Et il y aura des confidences…
La scène élisabéthaine ouverte sur deux côtés fait que le public entoure l’espace scénique, pouvant participer et voir les réactions des autres spectateurs de l’autre côté. Il y a même un petit balcon au-dessus, peut-être pour les nobles assistants en retrait au spectacle…


Les personnages présents habitent visiblement cet espace, mais sans paraître être en interrelation. Chacun ouvrira son jeu à tour de rôle, éclairé avec précision afin que l’on puisse entrer dans son univers propre, connaître ses pensées et ses refrains intérieurs. L’observation de l’habitat intime ainsi livré par chaque individu bouleverse, il est en changement perpétuel, marqué par les autres et par son intérieur. On ne peut y échapper. Abri, maisonnée, appartement, place, domicile, asile, gîte, logement, tout cela constitue un cadre de vie, une protection, un refuge ou, pour un jeune ado, une chambre « en attendant » de partir grandir ailleurs. Et que dire de la pseudo agente immobilière qui décortique les valeurs et les décors des maisons à prix indécents!
D’autant que l’actualité nous parle beaucoup de pénurie de logements et de maisons détruites par les bombardements, on ressent encore plus fort le propos contrasté. Que se passe-t-il dans nos cœurs sensibles qui habitent ces maisons? Lors des séparations qui délaissent les meubles ou partent avec? Le confort de dormir seul sur un matelas simple enfin…
La musique et les bandes sonores assurent un lien solide entre les différentes prises de paroles. Avec ses musiques inspirées, le pianiste Alexis Elina nous amène à prendre un détour musical de belle façon et aux bons moments. Le salon de la famille McGarrigle donne envie de se blottir près du feu pour simplement être bien avec le son de leur voix. Les deux concepteurs auteurs Julien Morissette et Karina Pawlikowski sont parties prenantes et jouent de leur magie personnelle et bienveillante. Les voix et les présences vibrantes d’Émilie Bibeau et d’Emmanuel Schwartz sont aussi bienvenues pour nous plonger dans ces fragments de vérité intérieure.


Une expérience envoûtante qui ouvre sur la beauté et le calme malgré les émotions du vivre ensemble et des départs. À voir jusqu’au 12 octobre 2024.

Michel Jolicoeur | Journaliste

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : Valérie Remise

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