Ouf! Quelle performance que celle de Benoît McGinnis sur les planches du Rideau Vert. Dans La Machine de Turing présentée jusqu’au 24 février, il joue de façon magistrale le rôle principal d’Alan Turing, considéré aujourd’hui comme un des pionniers de l’Intelligence Artificielle. Une œuvre déchirante basée sur un fait vécu où l’intelligence et l’incompréhension humaine se heurtent sur scène.
Héros dans l’anonymat
Durant la deuxième guerre mondiale, recruté par le Gouvernement britannique, le mathématicien Alan Turing réussit à intercepter et décrypter les messages que les Nazis envoient à leur flotte de sous-marins. On lui demande de garder secret cet exploit même s’il a sauvé des milliers de vies.
Après la guerre, Turing se concentrera sur la possibilité conceptuelle de prêter une intelligence à des machines.
À cause de son homosexualité, cet héros resté longtemps dans l’anonymat descendra aux enfers, à la fin de sa vie.
Il est accusé de « pratiques indécentes en compagnie d’un autre homme » à la suite d’une aventure avec un jeune homme.
Il garde ses valeurs et plaide coupable.







Triste fin
Considérant qu’il a trop de travail pour aller en prison, il accepte l’alternative qu’on lui propose : la castration chimique.
Sans horizon possible, il se suicide en croquant une pomme empoisonnée.
Un certain logo ne vous vient-il pas à l’esprit ?





Parfaite harmonie
Incarner Alan Turing sur scène est laborieux et avant tout physique. Benoît McGinnis y réussit de façon époustouflante. Il ne le caricature pas, il entre dans sa peau.
Il est tellement vrai dans son rôle de génie au comportement bizarre et qui bégaie par surcroît. Son ton de voix, ses postures, ses regards, ses déplacements sont en parfaite harmonie avec le texte. Ce qui rend encore plus crédible son personnage.
Il est un des plus grands comédiens au Québec et il vient de nous le prouver avec cette pièce.
Poignant
Une mise en scène bien structurée de Sébastien David, un texte émouvant au plus profond de Benoît Soles, une fine adaptation de Maryse Warda et des comédiens dirigés de main de maître, tout est mis en place pour une soirée exceptionnelle.
Le drame renversant de ce héros déchu nous prend aux tripes et dégage une émotion incroyable.
Il faut se rendre au théâtre du Rideau Vert pour voir cette pièce interprétée de façon magistrale.






La Machine de Turing jusqu’au 24 février
Basée sur Alan Turing (The Enigma d’Andrew Hodges), la pièce La Machine de Turing tient l’affiche du théâtre du Rideau Vert jusqu’au 24 février.
Notre photographe Frédéric Lebeuf était sur place lors de la rencontre médiatique. Images du photo-op
De: Benoit Solès (inspiré de la pièce de Hugh Whitemore, « Breaking the code »)
Adaptation : Maryse Warda
Mise en scène : Sébastien David
Avec : Benoît McGinnis, Gabriel Cloutier Tremblay, Jean-Moïse Martin, Étienne Pilon
Crédit photo : Frédéric Lebeuf
Texte : Micheline Rouette
