Présentée cette semaine, dont la première médiatique était le 5 juin, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, La Géante rend hommage à Rose Ouellette, la légendaire La Poune, figure incontournable du théâtre québécois. Avec une forme entre comédie musicale et théâtre narratif, le spectacle propose une relecture de sa vie, portée par une distribution généreuse. Mais malgré de belles intentions, l’ensemble demeure inégal.
*Une narration difficile à suivre*
L’idée de revisiter le parcours de La Poune à travers différents tableaux est prometteuse, mais le fil conducteur perd parfois en clarté. Plusieurs personnages secondaires manquent de définition, ce qui peut rendre la compréhension de certains liens et situations plus floue. Le rythme est inconstant, ce qui donne l’impression que le récit se dilue à certains moments. Et le spectacle est un peu trop long, il aurait été plus sage de le raccourcir afin de ne pas laisser le temps tuer l’envie!







*Une mise en scène sympathique, mais sans éclat*
Sur le plan visuel, la mise en scène reste plutôt sobre. Les décors sont fonctionnels, mais n’ont rien de spectaculaire. Il manque parfois cette touche de flamboyance qu’on aurait pu espérer d’un spectacle dédié à une artiste aussi colorée que La Poune. L’ensemble demeure sage, là où un peu plus d’audace aurait sans doute renforcé l’impact.
*Une distribution investie*
Malgré ces faiblesses, les interprètes livrent des performances solides. Gabrielle Fontaine incarne La Poune avec beaucoup de douceur et de justesse. Elle est très attachante! Jade Bruneau, qui signe également la mise en scène, joue plusieurs rôles avec assurance. Rita Tabbakh insuffle une belle intensité à chacune de ses apparitions, tandis que Simon Fréchette-Daoust tient efficacement le fil narratif quoiqu’on ne comprenne pas trop l’origine de son personnage…







*Un hommage sincère, mais qui laisse sur sa faim*
La Géante réussit tout de même à transmettre de l’émotion. On sent un réel respect pour la figure de La Poune, et certains moments touchent droit au cœur. Cela dit, on ressort du spectacle en ayant l’impression d’en avoir appris peu sur Rose Ouellette elle-même. Sa vie privée, ses défis, ses choix artistiques… tout cela reste en surface.
*Une proposition à découvrir, malgré tout*
Malgré ses imperfections, le spectacle mérite d’être vu. On ne rend pas assez souvent hommage aux grandes dames de notre culture populaire, et il est important de faire vivre leur mémoire. La Géante est une belle porte d’entrée dans l’univers de La Poune — même si on aurait aimé qu’elle soit un peu plus grande, un peu plus ouverte sur la femme derrière la légende.







Annie Roy | Journaliste
Diplômée de l’École de théâtre et détentrice d’une Maîtrise en Communication, Annie est passionnée des arts depuis sa tendre enfance. Elle est une femme déterminée et très polyvalente qui allie l’animation radio, le mannequinat, le jeu, le journalisme culturel, le chant, la gestion d’artiste et l’enseignement au primaire depuis plus de 15 ans. Grande voyageuse et très « foodie », elle aime découvrir de nouveaux endroits.

