Dans Kick, l’adolescence explose sans filtre, sans fard. Quinze ans après sa création par Étienne Lepage, cette pièce-choc reprend vie sous le regard incisif de Fanny-Maude Roy et Nathan Bois McDonald. Présenté du 18 au 20 juillet au Théâtre Rialto, ce spectacle cru et viscéral met en scène une jeunesse en quête de repères, confrontée à ses pulsions, à son image, au regard omniprésent des autres. Portée par une distribution de la relève, cette relecture brouille la ligne entre le jeu et le réel, entre le party et le malaise. Ici, chaque mot claque, chaque reflet interroge, chaque silence résonne.
Découvrez notre entrevue avec Fanny-Maude Roy, ainsi que nos photos prises lors de la générale présentée le 17 juillet au Théâtre Rialto.
Qu’est-ce que c’est, Kick, exactement ?
C’est un texte d’Étienne Lepage, écrit en 2010, qui met en scène un groupe d’ados qui vivent un moment de débordement. C’est cru, frontal, direct. On parle de sexe, de pouvoir, de violence, de solitude, de malaise existentiel. C’est une pièce qui ne prend pas de détour, et c’est ça qu’on aime.
Pourquoi le reprendre aujourd’hui, quinze ans plus tard ?
Parce que ça nous parle encore. Et différemment. Le monde a changé. Aujourd’hui, les adolescent·e·s grandissent avec les réseaux sociaux, les selfies, les likes. Le regard des autres est partout, tout le temps. On ne peut plus juste être : faut performer qui on est. On s’est demandé : si on reprenait Kick maintenant, avec ce contexte-là, ça donne quoi ?












Et donc, ça donne quoi ?
Ça donne un spectacle où le texte de Lepage devient une sorte de miroir déformant de notre époque. On l’a poussé dans le corps, dans le regard, dans la tension physique. On a monté ça à partir d’explorations, d’improvisations, de confrontations aux miroirs et de trucs très instinctifs.
Le miroir, justement, il est super présent dans votre mise en scène. Pourquoi ?
Parce que c’est ça, l’affaire : on est tout le temps en train de se regarder, ou d’être regardé·e. Chaque comédien·ne a son propre miroir sur scène. C’est pas juste un accessoire : c’est un partenaire, un témoin, parfois un ennemi. On se confronte à notre reflet, on tente de l’éviter, on le transforme. C’est une façon de rendre visible ce rapport-là au soi, à l’image et au regard des autres.











Il y a une ambiance de party dans le show… mais on sent aussi le malaise. Est-ce voulu ?
Tellement. Le party, c’est une façade. Une fuite. Qui n’a jamais mis de la musique trop forte pour ne pas entendre ce qui se passe à l’intérieur ? On voulait jouer avec cette tension-là : entre l’excitation, la fête, le désir d’être vu·e, et le vide que ça peut cacher. À quel moment le plaisir devient inconfort ? Quand est-ce que le fun dérape ?
Le public est interpellé directement… pourquoi ?
Parce qu’on veut pas que les gens restent passifs. On leur parle. On les regarde. On les questionne. C’est pas juste du théâtre pour regarder, c’est du théâtre pour réagir. Le public devient un miroir de plus. On veut créer un petit malaise, parfois. Leur faire sentir qu’eux aussi, ils sont pris là-dedans : le regard, l’image, le besoin d’être aimé.












Parle-moi de l’équipe.
On est une gang de la relève, tout droit sortie (ou presque) des écoles de théâtre. Le spectacle, je le co-signe à la mise en scène et à la production avec Nathan Bois McDonald, diplômé du Cégep de Dawson.
Et sur scène, on retrouve de talentueux·se·s comédien·ne·s : Noémie-Jade Fisher-Choinière, finissante du Conservatoire d’art dramatique de Québec, tout comme moi. Matisse Lavoie-Henry, quant à lui, termine sa formation à l’École nationale de théâtre du Canada. Alizée Potvin-Tremblay et William Lagrangre complètent la distribution, toustes deux issu·e·s du programme de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe.
La création sonore est assurée par Vincent Stafford, qui signe aussi la musique jouée en direct. Sa guitare électrique devient un véritable partenaire de jeu — une extension de l’émotion des personnages, traduisant leurs pulsations internes.
À la conception des éclairages et de la scénographie, Juliette Lamoureux donne corps à l’univers du spectacle, tandis qu’Arianne Fauteux signe les costumes, les coiffures et le maquillage, en dialogue étroit avec les corps et les identités des interprètes. Jade LeBlanc a également travaillé avec nous sur les chorégraphies de la pièce.
Chacun·e a mis beaucoup de soi dans ce projet. Pas seulement en tant qu’artiste, mais en tant qu’être humain. C’est un beau travail d’équipe. C’est brut. C’est sensible. Et c’est profondément vivant.



Distribution
Interprètes :
Noémie-Jade Fisher Choinière — Catherine
Matisse Lavoie-Henry — David
Alizée Potvin Tremblay — Christelle
William Lagrange — Maxime
Fanny-Maude Roy — Léa
Création sonore et musique live : Vincent Stafford
Scénographie et éclairages : Juliette Lamoureux
Costumes, coiffure et maquillage : Arianne Fauteux
Chorégraphie : Jade LeBlanc
Mise en scène et production : Fanny-Maude Roy et Nathan Bois Mcdonald
Du 18 au 20 juillet au Théâtre Rialto.
Lien pour les billets : http://lepointdevente.com/Kick

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
