Le 17 janvier, Ken Presse a dévoilé son deuxième album. Lors de son lancement au Ministère de Montréal (la même journée), on a réalisé une entrevue avec l’artiste montréalais pour parler de sa nouvelle palette intitulée Someday.
Parle-moi de ton nouvel album Someday.
Je suis une personne qui travaille sept jours par semaine, et ce 12 heures par jour. Plus je vieillis, plus je réalise que j’ai juste travaillé dans la vie puis je veux changer ça. Quand mes amis me demandent « Peut-on faire quelque chose ? » ou que ma femme me dit « Peux-tu prendre la fin de semaine de congé? », je leur réponds toujours « Someday. Someday. » Je réalise que je dois arrêter de dire « Someday » et apprécier le moment présent. C’est ce que raconte la chanson-titre de l’album.
En général, l’album parle d’anxiété et de stress. Quand j’ai écrit l’album, j’attendais mon premier enfant. En général, je suis le genre de personne qui stresse et qui a beaucoup d’anxiété envers le travail. Je sais que les paroles de l’album peuvent paraître déprimantes, mais je trouve qu’il y a quand même de la lumière à la fin de l’histoire pour dire que ça va être correct et que je suis en train de changer.
Je sais que les auteurs écrivent sur ce qu’ils vivent. Pourquoi as-tu été motivé à parler de ça, et non d’autres choses ?
Je suis le genre de personne qui ne partage pas ce qu’elle ressent dans la vie en général. La seule façon dont je suis capable de le faire, c’est de le faire en chanson. Alors, c’est un peu comme ma thérapie. Quand j’ai sorti ces chansons-là, je n’étais pas sûr. Après la parution de mes premiers extraits, j’ai reçu des messages comme : « Je ressens la même chose, tu m’as vraiment aidé. » Je n’écris pas nécessairement les tounes dans l’optique d’aider quelqu’un. Alors quand je reçois ce genre de messages, c’est comme « It’s everything ». C’est super important pour moi de voir que mes tounes aident des gens.
Quand tu as décidé de partir de ta carrière en solo après avoir été dans le groupe The Franklin Electric, ça devait être une source de stress immense …
Au début, il n’y avait pas de stress parce que je ne savais pas ce que je faisais avec ce projet. C’est comme « Je vais sortir des tounes, puis on va voir ce qui se passe ». Tout d’un coup; quand le monde a commencé à m’écouter et à venir me voir en spectacle, le stress a commencé un peu. C’est plus le stress que je mets sur moi-même parce que je veux être à un certain niveau. Si je ne joue pas à ce niveau, je suis vraiment déçu.
Quelle est la différence, selon toi, entre ton premier (In My Mind, 2022) et ton deuxième album ?
Le premier album, j’ai dû le faire super vite. Je pense que j’avais comme six jours pour finir six tounes. Et il n’y avait pas d’attente. C’était vraiment plus « let’s see what happens ». Le deuxième album, ça a pris plus de temps. J’avais écrit 20-25 tounes pour l’album, et j’ai coupé ça à huit. C’est sûr que les autres vont sortir un jour. Je voulais vraiment raconter une histoire. L’album est différent d’un point de vue musical également. C’est beaucoup moins indie. Il n’y a pas de gros synthés. Le gros son, c’est vraiment la voix mise en avant. Les paroles sont importantes, et elles sont mises en avant.


Est-ce que tu as l’impression d’être encore plus proche de toi-même parce que tu as vraiment parlé de trucs ancrés en toi?
Oui. En plus, j’ai un enfant de cinq mois à la maison. Plus que jamais, j’essaie vraiment de « To take my own advice » en écoutant ce que je dis dans mes propres chansons, soit « Ne stresse pas, n’angoisse pas et passe du temps avec ta famille et tes amis. » Plus que jamais, c’est le temps de m’écouter moi-même.
Vu que tu as écrit tes textes avant la naissance de ton enfant, est-ce que tu as déjà l’impression que tes textes sont légèrement désuets ?
C’est une bonne question, mais non parce que ça prend du temps de changer. Quand on vieillit et qu’on veut faire un changement que ce soit physique ou mental, ça prend du temps. Les problèmes mentaux, l’anxiété, le stress que j’ai eu toute ma vie, ce n’est pas d’un jour à l’autre que ça va changer. Alors non, je dois encore apprendre de mes propres paroles.
À l’exception d’un spectacle, quel serait le moment le plus opportun pour écouter ton nouvel album ?
S’il y a une nuit où tu n’es pas capable de dormir, écoute l’album (rires). La première toune Losing Sleep parle du fait que je ne suis pas capable de dormir parce que je me sens stressé. Si tu n’es pas capable de dormir, les paroles vont peut-être te dire que tout va être correct, de relaxer et d’aller te coucher en toute quiétude.
En première partie de ton lancement, c’est une artiste avec lequel tu as déjà travaillé sur son projet solo. Comment te sens-tu de mettre en vitrine Celina Wolfe ?
Ah, c’est super cool. C’est important de s’aider entre artistes. C’est une industrie tellement dure. Quand tu peux aider un autre artiste, c’est vraiment la meilleure chose. Qui va nous aider sinon ? J’ai fait sa première partie au Verre Bouteille l’année dernière. Je suis capable de jouer devant ses fans, puis elle vient jouer devant mes fans. De cette manière, on a plus de fans tous les deux.


Personnalités artistiques
Andie Therio


Megane Lebel



Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
