Si vous avez envie de (re) découvrir l’univers musical de Kelowna Rose, elle sera en spectacle ce soir, soit le 18 octobre, à L’Escogriffe de Montréal dès 20h30. Voici une entrevue réalisée avec la chanteuse, baignant dans la musique r&b, soul et jazz anglophone, qui sortira son premier EP en mars 2024.
Présente-nous ton parcours jusqu’à ce jour.
J’ai grandi sur les albums de classique rock et blues qu’écoutaient mes parents. Dès ma première année du secondaire, je baignais dans le monde de la scène à Jean-Raimbault, dans le programme particulier en musique où j’ai appris à jouer le cor français. Cependant, la voix est l’instrument qui m’habitait le cœur depuis un jeune âge, donc à 13 ans, j’ai décidé de surpasser ma gêne et de chanter devant une audience pour la première fois. Tout le monde était épaté, même moi! J’ai poursuivi mes études en musique au Cégep de Drummondville dans le volet virtuose. Dans cet environnement, j’ai pu participer à la direction artistique de projets tels que The Kelowna Rose Jazz Quartet ou le spectacle Paradoxe, et découvrir mon esprit entrepreneurial. Pour mieux comprendre l’industrie musicale québécoise, l’an passé, j’ai complété un ASP en industrie du spectacle au CFP Maurice-Barbeau. C’est seulement en été 2022 que j’ai formé mon propre projet de composition R&B, soul et jazz sous le nom de Kelowna Rose.
Quand as-tu réalisé que la musique était destinée pour toi ?
Plus jeune, c’était toutes les fois que je montais sur scène ou même en pratiquant avec des musiciens collègues. Quand je performe, c’est un des seuls moments où tout est en équilibre pour moi. Tout fait du sens dans mon être. C’est aussi un moment où je suis capable de rejoindre des gens et de communiquer avec eux de manière authentique. Aujourd’hui, je le vois moins comme mon destin, mais plutôt comme un mode vie que je choisis et rechoisis chaque jour. La musique sera toujours une partie fondamentale de ma personne, mais j’ai aussi plusieurs autres champs d’intérêt comme la psychologie et le travail social que j’explore dans d’autres sphères de ma vie.


Comment s’est passée la recherche de ton identité musicale ? Est-ce que tu es confiante d’avoir trouvé « ton son » ?
Honnêtement, c’était très naturel et intuitif.
Mon processus de création ne se fait pas dans une recherche musicale et intellectuelle accrue, mais plutôt dans une ouverture qui permet la découverte et l’expression de ce qui est déjà en moi. Les styles musicaux qui m’habitent et me touchent le plus sont le r&b, soul, funk, disco et jazz. Je crois que ma musique est un amalgame intéressant et accessible de ces styles.
La musique militante de Nina Simone, le groove indéniable de Stevie Wonder et l’ingéniosité musicale du groupe Hiatus Kaiyote sont quelques influences qui ont formé mon identité artistique.
À quoi doit-on s’attendre comme spectacle ?
Le 18 octobre, je vous invite vraiment dans mon univers le temps d’une soirée. Vous entendrez en primeur les chansons qui figureront sur mon EP qui sortira en mars prochain. Pour ce faire, je serai accompagnée de mon merveilleux band composer de Violette Lapierre, Ismaël Chagnon, Antoine St-Onge et Antony Linteau. Nous présenterons aussi plusieurs de mes influences musicales en passant par Erykah Badu, Joni Mitchell et Earth Wind and Fire. La talentueuse Édelène Fitzgerald, une de mes bonnes amies, se joindra aussi à nous pour quelques chansons.
Qu’est-ce qui te rendrait le plus fier de ce spectacle ?
Créer un contact avec le public, leur faire vivre des émotions, peu importe lesquelles. Je ne veux pas que les gens sortent indifférents du spectacle. Aussi, d’avoir du fun et me sentir libre d’être moi-même, malgré les stress qui accompagnent la production d’un spectacle!


Tu prévois de sortir un EP en mars prochain. Qu’est-ce que tu peux nous dire à ce sujet ?
Nous l’avons enregistré en mai et juin dernier au merveilleux studio Kiunak à Granby. C’est un court album de six chansons anglophones qui portent sur plusieurs thèmes, dont le deuil, le privilège social, la culpabilité, mais aussi l’empowerment et la guérison émotionnelle. Je crois que les gens pourront s’y identifier. C’est jazz par bouts et néo-soul par d’autres. C’est un petit échantillon de ma personne.
Qu’est-ce qui t’inspire quand tu écris de la musique ?
La guérison émotionnelle est un grand carburant pour mon écriture. Les relations humaines et les études féministes motivent aussi mon travail. Du côté musical, je m’inspire beaucoup du jazz pour créer mes mélodies ainsi que l’harmonie de mes chansons. Et j’aime les choses qui groove!!
Que souhaites-tu accomplir dans les prochaines semaines et prochains mois ?
Terminer tout ce qui concerne la postproduction de mon EP ainsi que sa mise en marché et préparer mon lancement. J’aimerais beaucoup me trouver une équipe pour m’aider à naviguer dans mon introduction à l’industrie en tant que compositrice, surtout parce que j’ambitionne d’accroître la portée de ma musique hors du Québec et de m’aventurer dans le Canada anglophone, et éventuellement à l’international.


Selon toi, qu’est-ce qui te permet de te distinguer en tant qu’artiste ?
C’est toujours une question difficile à répondre! Les gens qui m’entendent performer me disent que ma voix les touche et que je chante d’un endroit qui est vrai. Personnellement, je pense que c’est mon côté humain qui est très fort et transparaît dans mes performances lives et dans mon écriture.
Quel est ton spectacle le plus marquant que tu as vu dans ta vie ?
Il y en a eu tellement qui m’ont marqué au cours des années, mais un de mes spectacles favoris était celui de The Brooks. C’était à la Maison des arts de Drummondville en formule cabaret, je devais avoir 15 ans. J’étais avec ma mère et deux de mes amies. C’était une soirée de pure joie, nous avons dansé sans cesse. Je n’avais jamais autant ressenti la musique en live. Ça groovait tellement, c’était incroyable et j’adorais la section de cuivres! Le plaisir et l’interaction que les musiciens avaient entre eux étaient contagieux. Le chanteur (Alan Prater), doté d’un charisme indéniable, nous avait fait monter sur scène pour danser avec et chanter avec lui. On peut dire que ça m’a donné la piqûre.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
