C’est tout un spectacle qui a eu lieu le 30 novembre dernier au MTelus, pour le retour sur scène de Karkwa en compagnie de nulle autre que Patrick Watson en première partie et Marie-Pierre Arthur comme invité.
Les gens ont eu droit à de grands numéros musicaux et aussi de beaux instants de vulnérabilité lors de cette soirée au MTelus « Vous êtes une marée humaine… et nous, on est choyé de rejouer ces chansons-là devant vous. Je ne pensais pas que ce show allait me rentrer autant dedans… dans le dedans du dedans, on va s’en souvenir longtemps. » – Louis-Jean Cormier
C’est définitivement une musique brillante, intelligente, pleine de sens et de sonorités. On pouvait y desceller des couleurs, des contrastes et des nuances contrôlés, justes et saisissantes, dans un professionnalisme irréprochable, une liberté et une légèreté tout en impact, comme un bon solo intense après une accalmie. Ce fut un spectacle à la hauteur de ce à quoi l’on s’attendait et au-delà encore. On peut comparer ce spectacle à un retour aux sources que l’on ne pensait pas nécessaire, mais qui au final nous permet de souffler et reconnecter à l’instant présent, le temps d’un spectacle.








Que dire de Karkwa qui a fait vibrer le MTelus comme jamais, de vrais passionnés qui maitrisent leur art ? La foule était grande et vibrante lors de la chanson Le pyromane, et s’est donnée à cœur joie pour chanter « Tu pourras dire que je t’aime, que je t’aime à mort », on sentait l’amour entre le public et le groupe, qui n’avait pas joué ensemble collectivement depuis plus de 15 ans déjà. Les retrouvailles sur scènes étaient d’autant plus magiques. Après quelques chansons, le chanteur du groupe, Louis-Jean Cormier s’est adressé au public, heureux de les retrouver « Salut salut Montréal ça va ? Tu as droit à une merveilleuse soirée jusqu’à maintenant non? »
« MTelus, tu ne sais pas à quel point ça nous fait plaisir d’être devant toi ce soir, d’être ensemble et d’avoir composé des nouvelles chansons… On change, on a pu la même attitude qu’avant, ni la même intention. Karkwa souffle sa 25e chandelle d’existence, mais ne t’excite pas trop le poil des bras », a-t-il rappelé à la foule en précisant que cela faisait quand même 12 ou 13 ans qu’ils n’avaient pas sorti de nouvelle musique.
On pouvait sentir que les musiciens se sentaient choyés, fiers, chanceux et même tout simplement reconnaissants. C’est tout en nuance que Louis-Jean s’est exprimé « On est plus en développement de carrière. Au départ, on voulait conquérir la planète. Ce soir, tu as devant toi les cinq meilleurs amis du monde qui sont là, presque comme en vacances… qui sont là pour le plaisir de jouer de la musique ensemble. TABARNAK HEIN? Ça nous aura pris 25 ans comprendre ça », a-t-il lancé en riant. Les gens ont eu droit à de beaux moments de musique, par ces musiciens talentueux et expérimentés en plus de quelques instants de nostalgie et de rire. « Merci d’être là, toutes les générations; les plus jeunes et les plus vieux. Merci d’écouter autant les plus vieilles chansons que les nouvelles ».








C’est avec un grand sens de l’humour que le chanteur a charmé le public. « On a appris avec cette chanson à lâcher prise », invitant le public à faire de même sur l’air de Moi léger. On pouvait noter une belle complicité entre les musiciens, ainsi qu’envers Patrick Watson. « Il a ouvert le spectacle de Karkwa comme première partie de façon très authentique et officielle le 27 avril 2006, on voulait recréer le moment… Depuis… Patrick Watson est devenu beaucoup plus populaire que nous autres, mais c’est ça, regarde. Si Drake avait fait notre première partie à l’époque, on l’aurait appelé… J’espère quand même que vous passez une belle soirée », enchaînant avec une autre blague « Je n’ai pas tout compris ce que Patrick vous a dit au début du spectacle même si j’étais backstage… De toute façon, on comprend jamais vraiment bien ce qu’il dit. »
« Criss de belle soirée, merci! Vous nous faites un sacré de beau cadeau ce soir et vous ne le savez même pas. » Ils ont conclu le spectacle par un grand élan du cœur, parlant du courage que ça prend pour faire face à la maladie, nous rappelant que le courage est ce qui nous rassemble tous « Tout le monde vit de près ou de loin avec ce combat-là et ça prend Du courage pour deux… Cette chanson-là rejoint tout le monde par la vérité et la simplicité de son texte ».
Le groupe a d’ailleurs annoncé un spectacle supplémentaire en plus de la série de spectacles déjà annoncés (1, 2 et 9 décembre). « On sera de retour sur les planches le 23 novembre 2024 … parce qu’on n’en a pas eu assez ». On pourra donc les retrouver à nouveau. Ne manque pas ta chance de les voir sur scène !








Patrick Watson, en première partie
Patrick Watson a été des plus généreux et authentique en ouverture de la soirée « Tabarnak c’est beau ça » en parlant de la foule chantant fort ses plus grands succès tels que The Great Escape et Big Bird in a Small Cage « to sing along to the sound of the birds », « Débile! J’adore ça » s’est-il exclamé au public en délire. Il semblait libre « je peux jouer n’importe quoi, faire une erreur et je sais que it doesn’t matter ».







Il a ensuite porté une belle attention envers ses confrères et a rapidement mis la table « Karkwa sont des légendes… J’adore Louis-Jean, il est incroyable. Je suis pas mal, mais je n’ai pas sa moustache… Le pianiste, c’est le meilleur. Ce sont des incontournables de la musique au Québec ».







Il a laissé les gens sans voix devant l’interprétation de sa chanson mythique « Je te laisserai des mots », en interrogeant le public « On va voir si vous dites les bonnes paroles » et en invitant Marie-Pierre Arthur à se joindre à lui, à la grande surprise des spectateurs « J’adore Montréal merci pour ça ».








Audrey-Anne Séguin | Journaliste

