La groupe qui fête leur 25e anniversaire d’existence cette année a enflammé les Francos après 12 ans sans avoir foulé les planches de cette scène. Les plus anciens fans comme les nouveaux ont été servis. On a eu droit à de l’interprétation sur un plateau d’argent.
« Montréal j’espère que t’es prêt! On est crinqués nous autres. »
– Louis-Jean Cormier
C’est dressé et en contrôle que Louis-Jean s’est adressé au public, heureux de les retrouver. On le sentait déposé, là où il se doit d’être, sur scène… à la fois à la guitare et à livrer les histoires de ses textes, à la fois au sommet de son art et entouré de ce qui est précieux pour lui, ses amis, sa famille et la musique. Louis-Jean était en forme… de monument grandiose, comme on l’aime : défini, sombre, majestueux, complexe, comme ces mélodies et ses contretemps, enrobé de soie.
Que dire du pianiste François Lafontaine, qui est la définition d’une main de fer dans un gant de velours, offrant de solides performances ciselantes… des plus alternatives, en plus de ces harmonies vocales irréprochables ? Il était comme toujours, en symbiose avec son piano, donnant l’impression de ne faire qu’un. Le tout vaporeux, enchanteur et tranchant à souhait. Les échanges de sourires et les regards complices entre les musiciens laissaient présager une fierté de jouer ensemble, du talent de chacun d’eux, s’inspirant les uns les autres, au plus grand bonheur du public.
C’est avec un regard perçant et confiant que le chanteur s’est dévoilé tout en vulnérabilité à la foule, qui connaissait les paroles de tous les plus grands succès du groupe. Le public a eu droit entre autres aux chansons telles que : Le Pyromane, Marie Tu Pleures, Le Vrai Bonheur, Moi-Léger. « On va aussi en sortir quelques-unes des boules à mites », donc la chanson Le coup d’état.
Louis-Jean Cormier était en symbiose avec la foule, lui demandant de lui répondre avec entrain.
« Tu pourras dire Que je t’aime »
Lui répondant « Que je t’aime … à mort! »
On pouvait clairement voir le plaisir qu’ont eu les musiciens de se retrouver ensemble les cinq sur scène
« Ah ouais, ah ouais, ah oui! »
« Merci aux Francos de Montréal de nous avoir invités, on avait espoir en repartant la machine de venir ici. De se retrouver les cinq meilleurs amis du monde aujourd’hui, c’est beaucoup de nostalgie et d’émotions qui se pointent.
On s’est libéré d’un certain poids depuis quelques années. Il y a 25 ans, on se développait, on voulait conquérir le monde. Là, on est à la colonie de vacances et on est là pour la meilleure raison : Le plaisir de jouer de la musique ensemble. Profite en FRANCOS. Notre plan de match est éphémère. Prends conscience du moment présent. Tu as devant toi la meilleure version de Karkwa! On a gagné en restant couché sur la tablette, on a maturé. On est comme un vieux vin ensemble. »
« Le plaisir inonde le ciel » c’est le cas de le dire. Les Francos étaient en fête, en rock strident, mais iconique. Louis-Jean, dans une lumière dorée, offrant le solo de guitare le plus sensuel de la soirée a charmé la foule. « Une étincelle craquée dans un vieux cœur de pierre. De toute manière, j’suis pas du genre à faire semblant. »
On sentait le chanteur à l’aise, délicat et reposé comme sortant de son lit sur la pointe des pieds avec comme extension de lui-même, sa musique et sa guitare. On peut dire qu’on se sentait comme dans une grande réunion chez lui, un « jam » à ciel ouvert. « Je vais vous demander de l’aide pour chanter Marie Tu Pleures… on est 14 à chanter là-dessus en studio.
On s’est dit « on l’essaie-tu de même spontanément ? Je commence tout seul? » s’interrogeant lui-même sur la direction à prendre pour commencer la chanson. Les autres musiciens répondant sarcastiquement. « T’as parti tout seul, t’as fini tout seul! » C’est seulement rendu à mi-chemin emballé qu’il s’exclame « Criss ce n’est pas si mal! Ça vous tente d’embarquer les gars? Ok, On y va; rockabilly? »
C’est à la Dédé Fortin, comme dans un déjà vu que Louis-Jean a livré une performance mémorable, éclatée, sautant sur scène, s’y donnant corps et âme, le vent dans les cheveux… tel un prince et l’instant d’après déchaîné et flamboyant « On est dans une zone. On est dans une criss de zone. » On pouvait voir qu’il était heureux de rallier les générations derrière la musique francophone « Hey vous autres les jeunes qui ont écouté notre musique, vous êtes qui? » C’est inondé d’une lumière bleue qu’il offre un moment cristallin et épique d’un solo de guitare, sortant de l’ombre, se révélant, s’avançant vers son public conquis.
Libre … Brillant! Les plus chanceux pourront dire avoir été là. « J’ai un petit peu trop de fun », nous dit le chanteur. Il nous rappelle toujours de belles morales et surtout l’essentiel. « On a pas peur, on se pointe. On vient encourager la musique québécoise et on vient tripper surtout sur de la musique québécoise! »