Joseph Poirier est un auteur-compositeur-interprète qui est apparu en 2023 avec ses chansons Montréal et Lever nos verres. Légère et pensive, sa musique donne l’impression d’être sur la route, traversant la province avec la tête remplie de souvenirs.
Avec sa nouvelle chanson Rendez-vous (sortie le 5 janvier), Joseph Poirier a été sélectionné pour être La future star iHeartRadio (Rouge FM) du mois de janvier. Pour coïncider avec ça, il nous parle de son parcours musical, de la ville de Montréal, et de ce qui définit la musique pop.
Pour commencer, pourrais-tu nous raconter un peu ton parcours ?
Je viens de la Côte-Nord et, à 19 ans, j’ai quitté pour Montréal. La musique faisait déjà partie de moi. C’est quand j’étais à Montréal que j’ai écrit ma première chanson, Montréal, qui a été jouée à la radio dernièrement. À partir de ce moment, c’est comme si les choses avaient décollé. J’ai signé avec un label et aujourd’hui je suis dans le studio. Je travaille présentement et c’est vraiment l’fun d’avoir une équipe autour de moi qui rend mes idées plus concrètes.
Où es-tu basé actuellement?
J’habite à Sainte-Croix, ce qui me rappelle un peu d’où je viens sur la Côte-Nord. J’aime que ce soit un peu plus tranquille, au bord de l’eau et tout ça. Ça me fait du bien de ne pas être trop en ville.
Quelle partie de la province inspire ta musique et ta créativité le plus ou est-ce que c’est plus un mélange des deux environnements?
Je pense que c’est partout. Je trouve mon inspiration quand je vis des moments plus difficiles ou des moments qui sont très plaisants. Je pourrais être n’importe où. Il y a beaucoup de moments où j’écris et où j’ai des inspirations pendant des voyages; par exemple. Je pense que la chanson Montréal a bien fonctionné parce que c’était la première fois que j’étais tout seul dans une grande ville. Il y a tellement de différences entre cette ville-là et la petite ville de la Côte-Nord dont je suis originaire. Je pense que c’est grâce à ça que la chanson est née.
À Montréal, y a-t-il des quartiers ou des endroits où tu étais plus impliqué? Tu as déménagé là-bas quand tu avais 19 ans. Donc, j’imagine qu’il y a des choses qui t’ont marqué.
J’habitais à Vaudreuil-Dorion, alors c’est un peu à l’extérieur de Montréal, mais j’allais souvent sur la rue Sainte-Catherine pour faire du busking. Puis, j’étais plus sur le Plateau-Mont-Royal parce que mon frère a déménagé là-bas. À ce moment-là de ma vie – à 19 et 20 ans, j’étais plutôt au centre-ville.
Comment as-tu trouvé ton expérience de jouer sur la rue Sainte-Catherine?
C’était difficile. Ce n’est pas quelque chose que j’aimais vraiment faire, mais je pense que c’est quelque chose que je voulais essayer. Ça m’a permis de créer un contact avec des gens qui passaient. C’était difficile parce que souvent ils ne me regardaient pas, mais c’était un bon défi. Je me rappelle que, pour créer un genre de mouvement parce que je n’étais pas quelqu’un connu du tout, j’ai demandé à un ami de passer de temps en temps et de mettre une pièce de monnaie dans mon sac. C’était une petite technique qu’on a faite une fois.
Tu as été sélectionné pour être La future star iHeartRadio (Rouge FM) du mois de janvier grâce à ta chanson Rendez-vous. Selon toi, quelle est l’importance de quelque chose comme ça qui te donne plus de visibilité à la radio? Penses-tu que ça va beaucoup influencer ta carrière?
Je pense que oui. Rouge est une des plus grosses radios à Montréal. Alors je pense que ça permettra aux gens de m’entendre peut-être une première fois, et puis de s’intéresser un peu à ce que je vais faire avec mon équipe.
Est-ce que tu écoutes beaucoup la radio en général et, si oui, penses-tu que c’est une bonne représentation de la musique québécoise?
J’écoute beaucoup de musique, pas seulement la radio, mais j’écoute la radio pour essayer de m’imprégner de ce qui se passe et ce qui sont les chansons qui vraiment rejoint les québécois.e.s. Je veux offrir un peu de ça dans ma musique. Sinon, j’explore la musique sur des plateformes variées.
J’ai lu que la chanson Rendez-vous est décrite comme un concentré de tout ce qu’on aime d’une chanson pop. C’est vrai que c’est très léger et vivant. Quelles étaient tes motivations derrière la chanson?
J’étudie beaucoup ce qui pogne de nos jours. Un artiste que j’aime énormément est Ed Sheeran, parce qu’il rejoint tout le monde dans son style, qui est aussi pop que folk. C’est un peu ça que je vise comme style musical. Au début de mes deux premières chansons (Montréal et Lever nos verres), il y a plus de saveurs de chansonniers québécois, mais avec la dernière j’essaie d’élargir mon histoire et de faire un style musical qui est un peu comme tu l’as décrit tantôt: léger et joyeux. Il pourrait être écouté autant par des personnes dans la trentaine (ou la quarantaine), que par des jeunes. Je travaille dans des écoles alors j’aimerais que ma musique les rejoigne. On a des projets qui incluent les élèves, par exemple une chanson où ils écrivent un couplet pour la semaine de la persévérance scolaire.
D’après toi, qu’est-ce qui définit une vraie chanson pop ou comment décrirais-tu la pop québécoise? Parce que le genre pop, c’est très vaste.
Je trouve que le plus important, c’est que ce soit catchy et que ça reste dans la tête. Dans la création de mes chansons, j’analyse souvent si elle va rester dans la tête. Si ça reste dans les pensées de quelqu’un, c’est une recette gagnante.
Tu as travaillé avec Patrick Donovan (Kingdom Street). Quelle est ta relation avec lui, par exemple, comment avez-vous commencé à travailler ensemble et est-ce qu’il a un grand rôle dans d’autres chansons qui vont venir?
Patrick m’accompagne. Au début, c’est moi qui est à la guitare, aux mélodies et aux paroles, puis Patrick amène les idées à quelque chose de plus structuré et qui pourrait passer à la radio. Je pense qu’on se complémente et c’est super de travailler avec lui. Comment est-ce que ça a commencé? J’ai déjà fait la chanson Montréal tout seul. Après avoir signé avec le label STE-4, Patrick l’a entendue et il l’a retouchée puis on en a fait une deuxième ensemble. On vient de sortir Rendez-vous et je pense qu’on a vraiment le potentiel. J’ai une tellement belle équipe qui aide à la structuration et des idées d’instrumentation.
Il y a deux chansons que j’ai coécrites avec Kingdom Street (le duo est composé de Patrick Donovan et de Pamela Lajoie): Summer Love et Hawaii. C’était une belle expérience pour moi. En fait, Hawaii est une chanson qui a commencé à la base d’une maquette que j’ai faite et qu’ils ont reprise. Je leur ai partagée en proposant qu’ils fassent quelque chose et quelques mois après, ils sont revenus et ils l’avaient travaillé avec leur couleur. Ça m’a fait vraiment vibrer de passer quelque chose à d’autres musiciens et de la voir dans leur vision.
Question clichée, mais y a-t-il des artistes qui t’ont beaucoup inspiré, qui t’ont donné l’envie de créer la musique et raconter des histoires?
J’en écoute tellement, tous les différents styles. Ces temps-ci, j’écoute beaucoup le rappeur NF. J’analyse la structure de ses textes parce que je trouve qu’il est un rappeur qui est bien capable de communiquer ses émotions. Aussi, j’écoute beaucoup John Mayer, Switchfoot, Dua Lipa, tout ce qui est pop j’écoute beaucoup. Mes inspirations viennent de plusieurs styles différents.
C’est vraiment le début de l’année et ça commence bien pour toi, alors quels sont tes objectifs et tes espoirs pour 2024?
Je n’ai pas d’objectifs précis, je voudrais seulement faire de la musique. La chose la plus importante pour moi, c’est d’être avec mon label et de rester actif. Je suis vraiment content quand ce qu’on fait fonctionne bien. Si je pouvais rester actif au cours des prochains 12 mois, je serais complètement comblé.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.
