La firme italienne PYROITALY S.N.C. a donné, le jeudi 3 juillet, le coup d’envoi tant attendu de L’International des Feux Loto-Québec à La Ronde, avec une performance pyrotechnique à la fois spectaculaire, théâtrale et résolument pop rock.
Dès les premières minutes, le ton était donné : l’émotion serait au cœur du spectacle. Les Italiens ont orchestré leur feu comme une véritable symphonie visuelle, jouant des crescendos musicaux pour faire monter la tension avant de la libérer dans des explosions de couleurs incandescentes. Bombes multicolores, effets crépitants et fusées sifflantes ont tour à tour peint le ciel avec audace, allant de compositions délicates à des déchaînements lumineux tonitruants.
Le fil rouge du spectacle : l’amour et le drame, que les artificiers ont su évoquer avec finesse grâce à un choix musical éclectique et évocateur. Des titres récents et plus anciens ont été habilement enchaînés, comme El Tango de Roxanne, sur lequel les artificiers ont particulièrement brillé : le ciel, tissé de rouges et d’or, répondait à chaque plainte d’Ewan McGregor dans une danse explosive à couper le souffle. Même soin apporté à L’Amour Toujours d’Alex Christensen & The Berlin Orchestra, où la synchronisation était parfaite entre les salves pyrotechniques et les temps musicaux.







Autre point fort : la palette chromatique extrêmement riche utilisée par les artificiers. Vert, blanc, rouge pour un clin d’œil patriotique évident, mais aussi violets profonds, bleus électriques, dorés vifs… Certaines fusées changeaient même de couleur en plein ciel, tandis que d’autres dessinaient des motifs variés, provoquant une pluie d’exclamations émerveillées depuis les gradins.
Plusieurs bombes massives, raréfiées mais stratégiquement placées, ont littéralement embrasé la voûte céleste, soulignant des temps forts du spectacle avec un impact visuel saisissant. On sentait, dans ces moments, la volonté de frapper fort, mais avec maîtrise et intention.







Les interludes laser, plus contemplatifs, ont servi de transitions poétiques, portant une réflexion sur l’amour, le temps et la mémoire. Si l’effort de narration et la conscience environnementale derrière ces moments sont louables, leur impact visuel restait cependant limité, parfois en décalage avec l’intensité des tableaux pyrotechniques.
Mais tout cela s’est effacé dans l’euphorie du bouquet final, véritable raz-de-marée de lumière et de sons. Sur les premières notes de It’s My Life de Bon Jovi, les cieux se sont embrasés d’une neige crépitante et vibrante, électrisant le public dans un final libérateur et jubilatoire, différent des choix habituels, et donc surprenant ! Une conclusion digne d’un opéra rock céleste.







Verdict : En ce jeudi 3 juillet, PYROITALY S.N.C. n’a pas seulement ouvert la compétition : elle a posé la barre haut, en offrant un feu d’artifice généreux, audacieux et profondément expressif. Un début de saison flamboyant qui promet un été de haute voltige au-dessus de Montréal.

Lucas Brunet | Journaliste

Benoit Z. Leroux | Photographe
Grand consommateur de culture, Benoit Z. s’intéresse à beaucoup de disciplines. Le monde circassien est son principal terrain de jeu. Toujours curieux, ouvert et la caméra prête.
