Le 29 juillet dernier, au Collège Jean-Eudes de Montréal, la sensation américaine GiaNina Paolantonio a offert deux masterclass de danse devant des jeunes passionnés venus de partout. Organisées par DJAM la convention – avec Alex Francoeur, ces sessions rythmées et chargées d’émotion nous ont aussi donné l’occasion de rencontrer GiaNina, qui a accepté de répondre à nos questions avec générosité et authenticité.
Comment te sens-tu à l’idée de donner une masterclass à Montréal ?
C’est fou. C’est complètement dingue et surréaliste que autant de jeunes se soient déplacés pour moi, surtout dans une ville où je n’étais jamais venue auparavant. Ça met vraiment en perspective à quel point une communauté sur les réseaux sociaux peut être vaste à travers le monde, quand on est accueilli par autant d’inconnus. C’était fou, j’ai adoré chaque seconde.
Quel a été le moment le plus marquant de ta carrière professionnelle ?
Celui-ci est dans mon top 3, cette tournée au complet en fait. Beaucoup de gens ne le savent pas, mais je n’ai jamais voulu être professeure de danse ou chorégraphe. Jamais. Ma mère enseigne la danse depuis presque 35 ans. En grandissant comme son élève, je voyais ce qu’elle faisait. Elle est excellente là-dedans, mais je me disais : je n’ai pas la patience pour ça, je ne crois pas que j’aimerais ça, je ne veux pas faire ça.
Mais il a suffi qu’on me pousse à le faire une seule fois, et les gens ont tellement accroché qu’ils ne m’ont plus laissée partir. C’est une carrière que je n’avais jamais planifiée, jamais imaginée. Alors ça doit être une des plus grandes bénédictions, parce que c’est aussi une des choses les plus transformatrices que j’ai vécues dans mes 20 premières années.







Crédit photos : Blacky Patsy



Crédit photos : Frédéric Lebeuf
Qu’as-tu ressenti en participant à une tournée de Mariah Carey?
Je trouve que c’est fou. C’était iconique. J’avais seulement 12 ans à l’époque, et à cet âge-là, tu ne réalises pas encore à quel point elle est une icône. Maintenant, à 20 ans, je me dis : c’est complètement fou que j’aie fait ça. J’ai grandi avec sa musique — on l’écoute tous, à chaque saison, chaque année, depuis toujours. Pouvoir chanter ses chansons avec elle, comme je le faisais dans ma voiture, mais cette fois à côté d’elle sur scène, avec toute l’équipe… l’expérience au complet… Noël, c’est ma période préférée de l’année, alors c’était tout simplement magique.
Tu as chanté, dansé avec des grands artistes, fait des tournées — tu as réalisé des rêves que d’autres poursuivent toute leur vie. Et toi, tu as fait tout ça à 20 ans. Comment tu te sens?
Souvent je dis que ça ne semble pas réel. C’est surréel, mais ce mot est trop souvent utilisé pour vraiment capturer ce qu’on ressent. C’est presque comme si tu étais tellement présente dans le moment que tout passe trop vite — tu clignes des yeux et c’est déjà fini. Je ne peux pas croire que tout ça s’est passé en dix ans. C’est absurde pour moi. J’ai l’impression que je viens à peine de faire Broadway. Que je viens juste de danser avec Mariah Carey. Que j’étais tout récemment sur Dance Moms.
Tout passe si vite, parce que ce sont des expériences exceptionnelles, hors du commun. Et quand t’es dedans, t’as pas le temps de réaliser à quel point c’est unique. Tu regardes ensuite les photos et tu te dis : « Mon Dieu… » J’aimerais pouvoir tout revivre, mais le fait d’avoir vécu tout ça aussi jeune et d’être maintenant dans ma vingtaine — ce qui est déjà fou à dire — c’est une bénédiction à tellement de niveaux.
Mais j’ai encore tellement de choses sur ma bucket list! Je vois des objectifs pour les dix prochaines années. Ce n’est pas fini, c’est même loin d’être fini. J’ai des listes et des listes de rêves à accomplir. Des CV entiers! Et c’est ça qui est excitant. C’est difficile à décrire comme sensation, parce que quand t’es dans le moment, tout va trop vite pour vraiment l’attraper.



Crédit photos : Frédéric Lebeuf
Quand tu enseignes, qu’est-ce qui te touche le plus chez tes élèves ?
Je pense que c’est le fait que quand je les regarde, je me vois. Je vois une version de moi dans chacun de ces jeunes, surtout quand je suis à l’étranger, loin des États-Unis. Ces élèves-là ne tiennent rien pour acquis. Moi non plus, je ne tenais jamais mes cours pour acquis. Je vivais pour aller en classe, danser, respirer, transpirer. Si je sortais d’un cours avec un genou en compote, je me disais : « Bon, j’ai tout donné, mission accomplie. » Et je ressens ça chez les jeunes d’ici.
Ils ont tellement faim d’apprendre. Moi aussi je suis encore affamée quand je vais en classe, même en tant que prof. Je suis aussi étudiante que prof. Je veux être interpellée, être la meilleure, autant qu’eux. Même si j’ai le statut, le privilège, la reconnaissance. Quand je suis élève, je suis élève. Et je vois cette même fougue chez eux. C’est touchant. Je suis encore jeune, alors j’espère que mes façons d’enseigner, mes mots, font une différence pour eux. J’ai toujours voulu offrir le genre de classe que moi j’aurais rêvé d’avoir. Et quand ils viennent me dire à la fin de la journée : « Tu nous as fait sentir bienvenus, tu as rendu ça plus facile à comprendre », je me dis : c’était ça le but. Je ne l’ai peut-être pas eu, moi, ce genre de classe, mais si je peux l’offrir à d’autres, alors tout ça en vaut la peine.



Crédit photos : Blacky Patsy












Crédit photos : Blacky Patsy

Frédéric Lebeuf | Journaliste
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
