L’auteur-compositeur-interprète engagé a fait bouger et chanter les milliers de festivaliers réunis devant la scène Bell ce lundi soir, avec ses tubes. Il a aussi entre les chansons fait passer des messages contre le racisme systémique ou la défense de la langue française. Le Longueuillois a également invité des artistes des Premières Nations sur neuf titres.
Émile Bilodeau a débuté par «une pensée pour les Innus qui venait commercer ici sur le territoire de Montréal», puis entamé le spectacle avec des titres de son dernier album Petite nature : Métamophorse, puis Ma maladie mentale dédié «aux jeunes adultes qui pendant la pandémie n’ont pas pu frencher ou faire du sport». Nous retrouverons plus tard provenant du même album Le dernier festin, Petite Nature ou La jungle du capital.

«Vous avez tant changé depuis deux ans Montréal ?» demande-t-il avant d’entonner avec la foule J’en ai plein mon cass, l’ambiance montant alors d’un cran.
Le premier invité Scott Pien-Picart a interprété Attikamek Innu, une ballade ponctuée de magnifiques sons de guitare électrique blues. Puis l’artiste innu nous a pris par la main avec le doux KA Meneuatitiak, plus lentavec des sonorités folks.

Après Candy, le groupe innu Maten, originaire de Mani-utenam, et Scott Pien-Picart ont rejoints leur ami Émile Bilodeau pour Tshe Minupunanu, qui veut dire «on est chanceux» en innu. La chanson est sortie le 10 juin, chantée en français et en innu, ayant donné lieu à un enregistrement à Maliotenam sur la Côte-Nord, accompagnée d’un court métrage et d’un clip. Pour cette balade folk-country, le public a été invité à se mettre en cercle et à tourner au son des tambourins.
Maten a interprété Ekuen Pua et Nutshimit Netanan, entrainant avec de belles orchestrations laissant la place au piano et à la guitare électrique, ainsi qu’à la magnifique voix cassée rock du chanteur du groupe.
«Merci pour votre enthousiasme, cela en prendrait à notre assemblée nationale», a-t-il dit avant d’entamer Tu me diras-tu, autre tube entonné par toutes les générations présentes sur la place des festivals, les mains en l’air.

«On en a fait des concerts en Live Instagram […] Pour protéger notre langue française, il ne faut pas faire des lois, il nous faudrait investir dans la culture», déclare-t-il avant d’entamer América qui parle entre autres de francophonie et du fléau des armes à feu aux États-Unis.
Émile Bilodeau s’est arrêté un moment : «Joyce Echaquan a été reçue comme on reçoit un ennemi», pour nous rappeler que l’on ne doit pas oublier la femme atikamekw de 37 ans qui avait subi des propos dégradants et racistes de la part de deux membres du personnel de l’hôpital de Saint-Charles-Borromé, avant de décéder en septembre 2020. Il accueille alors sur les planches l’artiste Laura Niquay, elle aussi atikamekw, pour Kirano et Eki Petanan, avec une belle voix rock, indiquant au passage «que le savoir vient des ainés».
Vient ensuite la joyeuse Freddie Mercury dans laquelle le longueuillois dénonce les sexistes, racistes et homophobes. «Parce que cela serait plate en maudit si on était tous pareils, si on croyait au même soleil».
La dernière invitée a été Elisapie (alias Elisapie Isaac), artiste Inuk, une belle découverte. Les voix des deux artistes se mariant à merveille sur Ton vieux Nom puis sur le plus rythmé Arnaq, qui signifie femme en inuktitut.
Suivant Crise existentielle et Amour félin, Émile Bilodeau a clôturé la soirée avec le célèbre ÇA VA repris par une foule en délire qui a chanté et sauté dans une belle communion, ses invités du soir s’installant sur toute la largeur de la scène. Le rappel sera avec Je me souviens,hymne contre le racisme.
Souriant tout au long du concert, Émile Bilodeau s’est donné à fond comme toujours. Le chanteur ne manque pas de donner son avis sur les maux de la société québécoise dans ses chansons comme lors des interludes, sans détour, et ce depuis ses premières chansons lorsqu’il était au Cégep Édouard-Montpetit. Bien sûr ses derniers mots au micro auront été : «Vive le Québec libre tabarnak».























