Mardi soir, les festivités de la Saint-Jean à Montréal ont réaffirmé avec éclat l’attachement profond des Québécoises et des Québécois à leur culture, leur langue et leur musique. L’ambiance était à la fois festive, rassembleuse et émotive, dans ce qui s’est révélé être l’une des éditions les plus marquantes des dernières années.
Dès les premières notes du spectacle principal, tenu au parc Maisonneuve, on a senti que cette soirée aurait une résonance particulière. Les festivaliers — nombreux malgré la chaleur accablante — étaient venus célébrer, chanter et se retrouver. Ce n’était pas qu’un spectacle : c’était un grand rassemblement collectif, empreint de fierté et de mémoire. L’événement a su toucher juste, non seulement par la qualité des performances musicales, mais aussi par la manière dont il s’est ancré dans le moment présent, en tenant compte des émotions du jour.

La scène a accueilli des artistes issus de divers horizons, créant un portrait vivant de la musique québécoise actuelle. Entre les figures légendaires comme Robert Charlebois et la relève, comme Bon Enfant ou Sara Dufour, le fil conducteur était clair : célébrer une culture en constante évolution, mais toujours enracinée dans le cœur du peuple. Chaque intervention de Guylaine Tremblay, première femme à occuper l’animation de la fête nationale, était posée et empreinte de sincérité. Elle donnait un sens bien mérité aux transitions musicales.
Robert Charlebois











Bon Enfant


Un des moments les plus marquants de la soirée a été l’hommage, rendu en début de spectacle, à une grande figure de la chanson québécoise, Serge Fiori, décédé quelques heures plus tôt. Dans un silence respectueux, suivi d’un chant collectif chargé d’émotion, le public a démontré que la Saint-Jean est aussi un moment pour honorer nos artistes, nos voix, nos mémoires. C’était beau, sincère et profondément québécois.



La direction artistique du spectacle, sans verser dans l’excès ni dans le tape-à-l’œil, a réussi à créer une atmosphère à la fois chaleureuse et grandiose. La mise en scène évitait les artifices inutiles et laissait toute la place aux artistes et aux chansons. Cela a permis à l’émotion brute de circuler librement, sans filtre.
On notera aussi le ton de la prise de parole du comédien Antoine Bertrand, qui a habilement mêlé des paroles de chansons d’artistes marquants comme Les Cowboys Fringants, Karim Ouellet, Corbeau, Les Colocs, Daniel Lavoie, et bien d’autres. C’était extrêmement bien fait, et brillamment livré au visage du public. L’idée était excellente, surtout en cette année, marquant le 50e anniversaire du fameux Gens du pays du vénérable Gilles Vigneault.




Parmi les artistes qui sont montés sur scène, on retient l’énergique Sarah Dufour, qui a ébloui avec Baseball ou Semi-route, semi-trail, et Robert Charlebois, dont la voix et les chansons ne prennent aucune ride. Il a impressionné le public par sa vivacité et son aisance lors de ses succès The Frog Song, Miss Pepsi, Lindberg et Cauchemar (retransmise uniquement sur le Web).
















Matt Lang (de son vrai nom Mathieu Langevin) a surpris les spectateurs avec sa superbe relecture du succès Le vieux du Bas-du-Fleuve (Gaston Mandeville), lui qu’on a plus l’habitude d’entendre chanter en anglais. Sa reprise de Ce soir l’amour est dans tes yeux (Martine St‑Clair), lors du segment « Plaisirs de karaoké » diffusé uniquement sur Internet, était bien sentie et franchement sympathique.









Le chanteur Yan Perreau a fait plusieurs apparitions remarquées, apportant sa belle énergie à l’événement.














Le rap québécois était aussi à l’honneur avec le chanteur Loud. Ses chansons rythmées, telles que Fallait y aller et Toutes les femmes savent danser, ont fait chanter et danser la foule avec enthousiasme.








Élisabeth St-Gelais ainsi que Yama St-Laurent avec leur voix unique ont également charmé le public. Les nombreux danseurs, dirigés par Alex Francoeur, ont présenté de magnifiques numéros qui ont parfaitement accompagné les chansons durant tout le spectacle.






En conclusion, la Saint-Jean à Montréal a brillé par sa simplicité juste, son humanité et sa puissance évocatrice. Une soirée où l’on s’est rappelé, en chantant et en se tenant ensemble, que le Québec vit pleinement dans ses chansons, dans sa mémoire partagée et dans cette volonté constante de vivre sa vie en français.















Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.

Serge Larivière | Journaliste
Passionné de musique, Serge ne jure que par les succès d’ici et d’ailleurs des années 80, 90 et début 2000. Avec les années, il s’est toutefois découvert une nouvelle passion pour tout ce qui touche l’humour québécois. On comprend, il adore rire et faire rire les gens.
