Parmi les membres de la distribution du nouveau long-métrage de Renée Beaulieu, on peut retrouver Émie Thériault qui y interprète le personnage d’Adèle. Pour l’actrice, c’est son premier rôle principal dans un film. Voici une entrevue réalisée avec elle lors du tapis rouge de la première médiatique montréalaise le 17 mars au Cineplex Quartier Latin.
Rappelons que le film Habiter la maison, de Renée Beaulieu, prendra l’affiche au Québec le 21 mars.
D’entrée de jeu, Émie Thériault nous a expliqué, avec grand enthousiasme, pourquoi il faudrait voir Habiter la maison au cinéma. « C’est un très bon film qui est plein de nuances, en douceur, avec de beaux silences. C’est un film qui parle de la famille et qui parle des liens à travers le temps. Si tu ne prends pas nécessairement conscience des enjeux qui sont présents dans ta famille, qu’est-ce que ça va faire avec le temps ? »
Quand elle a lu le scénario pour la première fois, l’actrice avoue avoir pleuré. « Ça m’a vraiment touché l’écriture de Renée (Beaulieu) à travers les périodes de temps dans le scénario. C’était vraiment poignant.»



Des premières expériences
En plus d’interpréter son premier rôle principal dans un long-métrage, Émie participait à son premier film depuis qu’elle a terminé le programme de Jeu du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2023. « Le plateau de tournage, c’était une école incroyable avec des acteurs aussi talentueux. J’avoue que j’étais un peu nerveuse au début. Je l’avais dit à Renée, dès le départ, que j’avais besoin d’un guide. Après chaque scène, je la regardais et elle me guidait beaucoup. C’était un bel environnement de travail. »
L’actrice estime que son personnage est quand même assez différent d’elle, à l’exception d’un petit parallèle. « Adèle est la plus jeune de la famille. Moi, je suis la plus vieille de ma famille. Toutefois, j’ai un caractère. Et elle a un très fort caractère dans le film. »
« Adèle s’affirme beaucoup dans ses convictions. Elle est ouverte sur le monde. Son père a construit une maison. Il veut que ses enfants restent à la maison. Et elle veut le contraire. Elle veut faire des voyages humanitaires et aider les autres. Son enjeu, c’est qu’elle va dépendre de son père pour arriver à ses fins. Elle est un peu immature dans ses convictions. Elle veut être libre. En même temps, elle va demander des sous à son père. Elle va changer de perspective avec le temps. »
C’était vraiment intéressant pour celle qui interprète Adèle de voir le personnage maturer et de prendre de la maturité à travers le film. « C’est rare que, dans un film, tu puisses jouer un personnage qui a 16 ans et qui a 30 ans. Avec Renée, on a travaillé la posture – les épaules recourbées quand elle était plus jeune et le dos très droit à 30 ans. C’était vraiment intéressant pour une fille qui a fait une école de théâtre de pouvoir jouer plusieurs époques avec le même personnage », explique-t-elle en ajoutant que c’était savoureux comme expérience.



Un film profond, mais aussi rigolo
Une autre chose que l’actrice a aimée, c’est le médium du film. « C’était incroyable de pouvoir être libre dans les silences et dans les profondeurs. On pouvait faire plusieurs prises. Il y a de l’humour aussi dans le film. Il fait vraiment du bien. C’est vraiment un film de famille que je conseille de voir en famille. C’est un film québécois. C’est vraiment important, surtout dans le contexte politique actuel, d’encourager la culture locale. À l’épicerie, on encourage beaucoup tout ce qui est canadien, tout ce qui est québécois. Dans nos choix de consommation cinématographique et télévisuelle, je pense que c’est important aussi qu’on accentue nos choix par ce qui est produit ici et créé ici avec des artistes d’ici. Et ça, c’est aussi une très grande force du film. Je pense que ça va toucher beaucoup de gens qui ont des enjeux en région parce que ce sont des maisons qui ont été construites. On a tourné le film dans les Laurentides.»
Quel est le message du film à ses yeux ? « C’est de réfléchir à nos relations familiales et à nos ambitions. C’est une manière de réfléchir sur notre propre vie. C’est une introspection envers nos valeurs familiales et envers nos ambitions. Je pense que c’est un film que tu vas voir et que quatre jours plus tard, tu y penses encore parce qu’il est allé titiller des choses très profondes et très précises ».


Un nouveau regard émotif
Après avoir tourné en voyant l’histoire du film avec une certaine perspective, Émie Thériault avoue qu’elle porte, aujourd’hui, un tout autre regard sur l’œuvre à la suite d’une situation familiale qui est survenue dans sa vie personnelle. « France Castel est incroyable dans le film, son personnage perd la mémoire. Et moi, maintenant, mon grand-père fait de l’Alzheimer. Quand j’ai écouté le film pour la première fois, ça m’a atteinte comme ça ne se pouvait pas parce que je vivais d’autres enjeux auxquels je n’avais pas fait face avec autant d’émotion lors du tournage. D’écouter le film, c’est venu me chercher avec toute la délicatesse de ce que vit France, à travers son personnage dans le film, est tellement juste. »
Pour l’actrice, ceci est une des autres raisons pour lesquelles on peut s’attacher au scénario du film. « J’ai tellement hâte que mon grand-père écoute le film. Je pense que ça va lui faire tellement du bien. J’ai hâte de l’écouter avec lui aussi et j’ai hâte que toute ma famille le voit aussi. Ça va faire une discussion au sein de ma propre famille, de ma propre maison.»




Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

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