Le romancier, le chanteur, l’humoriste, le chroniqueur, le travailleur social, le pianiste, le poète est monté sur scène, pour son deuxième spectacle, En marge du texte, le 29 février.
David Goudreault s’est ouvert au public lors de sa première médiatique, au Théâtre Maisonneuve, présenté dans le cadre du festival Montréal en Lumière. Le Trifluvien, au « gros cœur lent », a partagé son amour de la littérature avec la salle comble. Il s’est servi de son originalité, sa créativité, sa sensibilité. Les rires fréquents du public ont prouvé que David Goudreault excellait dans plusieurs domaines.
Ce qui était admirable, c’est qu’il l’a fait avec intelligence, modestie et guidé par son passé plus tourmenté ainsi que son souci des enjeux de santé mentale. Le performeur québécois naviguait entre les slams, la poésie, le chant et le piano, en manipulant des textes poignants qui ont ému les spectateurs.
Le titre de son spectacle fait tout son sens. C’était comme si les spectateurs avaient un accès à ses annotations des textes qui ont marqué David Goudreault. Ils ont eu le privilège de plonger dans ses réflexions et ses désirs poussés par la littérature. D’entrée de jeu, le romancier a énoncé son plus grand souhait depuis son initiation à la lecture; devenir quelqu’un d’autre. Il a annoncé que chaque personne avait une histoire méritant d’être racontée. Il a ajouté qu’il avait tellement de vies à vivre, indépendamment du sexe, du physique et du rôle des personnages. Le Trifluvien mettait les mots justes pour représenter les effets que les romans ont sur les lecteurs.
« Se transformer pour vrai avec du faux »
Il ne faut pas craindre l’aspect littéraire du spectacle. Conseillé par Mariana Mazza et Richard Séguin, un trio inusité, David Goudreault s’est assuré que ses textes captent l’attention et font réagir, bien que la littérature ne soit pas une passion de tout son public. Il a diverti ce dernier grâce à des sujets variés, tels que l’érotisme, la censure, le militantisme, toujours parsemés de ses histoires personnelles. Une personnification qui rapproche les fans avec le romancier. Ces premiers découvrent alors un artiste sérieux, certes, par ses textes lourds de sens, mais, aussi, un artiste débordant d’énergie.
Grâce à ses interactions avec son public, il a transmis sa passion pour son domaine. La culture québécoise ainsi que la langue française font fière allure grâce à ses connaissances et sa personnalité. Il a le souci de rejoindre le plus de gens possible et de transmettre un message d’espoir pour ceux qui vivent avec une dépendance. Ses prestations musicales en ont fait frissonner plusieurs. Le public était certainement sorti avec les neurones comblés.

Alexandrine Roy | Journaliste
Passionnée de musique, Alexandrine écoute autant du rock que de la musique classique. Elle a rejoint l’équipe de BP Arts Média en mars 2022. Elle aime aussi rire à des spectacles d’humour et faire rayonner la culture québécoise.
Photos : Courtoisie
