Le trompettiste de « Smooth Jazz » de réputation internationale, Chris Botti, était de nouveau invité au Festival international de jazz de Montréal. Il a offert un récital de classe mondiale le 27 juin 2025 à la Maison symphonique, agrémenté d’invités étincelants…
Âgé de 62 ans, le souffle puissant du trompettiste Chris Botti est remarquable. Il réussit à produire des sonorités étonnantes et riches en nuances. Né le 12 octobre 1962 dans une famille de musiciens d’origine italienne — sa mère est pianiste classique et professeure de piano, et sa grand-mère, organiste professionnelle —, il apprend le piano dès l’âge de 5 ans. Mais, à 9 ans, déjà un peu rebelle et inspiré par le grand Miles Davis, il décide que la trompette sera son instrument. À 14 ans, il est embauché comme trompettiste par le leader d’un groupe de jazz, Ron Steen. Jusqu’à ses 19 ans, il joue avec ce groupe, autant dans les bars que dans des festivals populaires comme le Mount Hood Jazz Festival, en Oregon. La suite est un enchaînement de rencontres importantes. Il joue, entre autres, avec Frank Sinatra, Aretha Franklin, Paul Simon et Sting, avec qui il entretient une amitié et une collaboration fructueuse, dont l’interprétation de « My Funny Valentine » et plusieurs autres depuis leur première tournée à la fin des années 1990.
Le récital de Chris Botti au Festival international de jazz de Montréal a tout du grand calibre. Il commence avec le titre de Charlie Chaplin, Smile, que tous reconnaissent et apprécient. Vient ensuite Someday My Prince Will Come, interprété avec la liberté existentielle propre au « smooth jazz ». Un hommage est rendu à Sting avec Moon Over Bourbon Street, que le public reconnaît immédiatement. Botti oscille facilement entre jazz et pop, ce qui lui a permis d’accéder aux plus hauts honneurs de l’industrie musicale américaine : quatre nominations aux Grammy et une victoire en 2013 pour l’album Impressions. Le thème du film Cinema Paradiso, du regretté Ennio Morricone — oscarisé en 2007 pour l’ensemble de sa carrière — est joué avec une grande maîtrise. Ce fut un des moments forts !



Les musiciens qui l’accompagnent sont, bien entendu, des jazzmen accomplis, avec cette dégaine propre aux soirées de bar et de blues. Superbe et versatile, Julian Pollack aux claviers ; Lee Pearson, véritable « showman » à la batterie ; Daniel « Chimy » Chmielinski à la contrebasse ; et enfin, à la guitare, l’Uruguayen Leonardo Amuedo, fortement inspiré par les sonorités de l’Amérique du Sud.
Plusieurs invités surprises ont aussi contribué à ce spectacle. Cy Smith, sémillante en robe de paillettes noire et blanche, ajoute du charme en s’adressant au public en français — tous les musiciens disent adorer Montréal. Elle interprète à sa façon Feeling Good, popularisé par Nina Simone puis Michael Bublé, y ajoutant des sons et des bruits de bouche inimitables… c’est la liberté créative du jazz.
Ensuite, surgissant des coulisses en jouant finement de sa guitare, un certain John Splithoff brille par sa voix maîtrisée et sa présence chaleureuse. John soulève l’enthousiasme de l’audience, notamment lors de son interprétation de « Hallelujah » du Montréalais Leonard Cohen.


Le Jazz Fest de Montréal nous a encore une fois offert une soirée mémorable grâce à ces grands artistes de « cross over », ce métissage entre plusieurs genres musicaux.

Michel Jolicoeur | Journaliste

