Les amateurs de comédie britannique ont été servis mercredi dernier lors de la première représentation du spectacle Brith(ish), présenté le 23 juillet au Studio TD dans le cadre de Juste pour rire Montréal.
C’est devant une salle comble que l’humoriste et maître de cérémonie Ed Gamble est monté sur scène, débordant d’énergie, pour poser les bases de la soirée : un plongeon dans un humour typiquement britannique — incisif, mordant et délicieusement sarcastique.
Felicity Ward : une entrée en matière percutante
La première à se présenter fut Felicity Ward. Forte de nombreuses apparitions à la télévision et au cinéma, l’Australienne enchaîne les tournées internationales grâce à son humour franc, brut et authentique. Sa livraison sans filtre a conquis la salle, provoquant des rires continus. Les spectateurs qui en redemandent pourront la retrouver en octobre prochain dans la nouvelle adaptation australienne de The Office, diffusée sur Amazon Prime.
Sarah Keyworth : une douce absurdité
Puis est arrivée Sarah Keyworth, qui a d’emblée abordé sa non-binarité avec autodérision et sensibilité. Récompensée par de nombreux prix de comédie au Royaume-Uni, elle a rapidement instauré un lien avec le public par du crowdwork. C’est là qu’un certain Rogers a fait irruption dans le spectacle en racontant, sans avertissement, avoir vu deux hommes hétéros à la pêche. Un échange inattendu, aussi absurde qu’hilarant, que Sarah a aussitôt intégré à son numéro, provoquant des éclats de rire spontanés dans la salle.
Nina Conti : du théâtre d’impro avec un masque
La ventriloque Nina Conti, lauréate d’un British Comedy Award, a fait son entrée avec un support à vêtements… orné non pas de t-shirts, mais de masques-bouches. Après quelques échanges avec le public, elle est tombée sur un spectateur… entraîneur d’astronautes ! Intriguée, elle l’a invité sur scène, lui a posé un masque animé (que seule elle pouvait faire parler) et s’est lancée dans une improvisation hilarante. Les rires du public étaient si contagieux qu’elle-même en riait, ce qui ajoutait une couche de charme au numéro.


Nish Kumar : humour politique à l’anglaise
Changement de ton avec Nish Kumar, dont le style engagé, très politique et riche en sarcasme, a apporté un contraste marqué. Il a lancé plusieurs piques à Donald Trump et glissé une référence pointue à Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre — et du Canada. Malgré son humour plus sombre, son débit rapide et son aisance scénique ont maintenu l’attention du public.
Gina Yashere : une finale chaleureuse
Pour clore la soirée, Gina Yashere a pris le micro avec son humour bien à elle — direct, assumé, et teinté de son expérience de Britannique d’origine nigériane vivant aux États-Unis. Elle a exprimé sans détour son soulagement d’avoir quitté le pays, suscitant rires et complicité. Sa livraison détendue et son authenticité ont permis de terminer le spectacle sur une note des plus chaleureuses.
Entre chaque numéro, Ed Gamble revenait ponctuer la soirée de ses interventions, tissant un fil conducteur à travers les styles variés des artistes.
Avec Brith(ish), le public montréalais a eu droit à un savoureux condensé de l’humour britannique sous toutes ses formes. Une dernière chance de découvrir ce spectacle : samedi 26 juillet à 19 h, toujours au Studio TD.

Saphia Weladji | Journaliste
Saphia Weladji est une étudiante en journalisme à l’UQAM. Ayant grandi en écoutant toutes les émissions québécoises qu’il existe, elle s’est vite intéressée à la culture qui nous entoure. Danse, cinéma, festivals, elle est prête à couvrir tous vos évènements !
