Les 23 et 24 septembre, Théâtre Centaur présentait Backstage at Carnegie Hall, un opéra sur le racisme et la guitare électrique créé par Bradyworks et Tim Brady en codiffusion avec Chants Libres et Le Vivier.
Le racisme dans les yeux de Charlie Christian
La musique de Backstage at Carnegie Hall a été composée par Tim Brady et Audrey Dwyer signe les textes du livret.
L’intrigue nous transporte en 1939, alors qu’un guitariste noir et un clarinettiste blanc partageaient la scène pour la première fois.
L’histoire débute quelques minutes avant la prestation révolutionnaire de Charlie Christian et du Benny Goodman Sextet.
C’est à ce moment que Charlie, victime une crise d’angoisse, se met à voyager dans le temps.
En plus de revoir son père décédé, il fait la rencontre de personnages historiques et assiste à l’une des grandes manifestations de 2014 contre le profilage racial.
Ces interactions soulignent le combat constant d’être une personne noire – même célèbre – dans une société blanche.
La guitare au centre de l’histoire
Charlie était guitariste, son instrument occupe donc une place importante dans le récit.
Dans l’un de ses voyages temporels, le musicien atterrit même dans l’atelier d’Orville Gibson, le fondateur des guitares Gibson.
Sa guitare le suit donc à travers des époques et on découvre son histoire à elle aussi.
Ce choix éditorial n’est sûrement pas étranger au fait que Tim Brady, à qui l’on doit la musique de Backstage at Carnegie Hall, est-lui même un guitariste de renom.
C’est aussi lui qui, guitare à la main, en compagnie du Bradyworks Ensemble, accompagne les chanteurs en musique.
Le tout est mené de main de maître par la cheffe Véronique Lussier.
Une distribution talentueuse, mais inégale
C’est au ténor Ruben Brutus qu’on a confié le rôle de Charlie Christian. Malheureusement, celui-ci a semblé beaucoup moins en voix que ses collègues, qui l’ont par ailleurs éclipsé.
Justin Welsh et Alicia Ault se sont particulièrement démarqués.
Tout aussi habiles, Frédéricka Petit-Homme et Clayton Kennedy complétaient la distribution.
Backstage at Carnegie Hall est la première partie de « Hope (and the Dark Matter of History) », un cycle de quatre opéras de chambre déployé jusqu’en 2026.
Le prochain opéra, Information, se déroulera dans le Montréal d’octobre 70.
Compositeur et directeur artistique : Tim Brady
Librettiste : Audrey Dwyer
Directeur musicale et cheffe : Véronique Lussier
Distribution : Alicia Ault, Ruben Brutus, Justin Welsh, Frédéricka Petit-Homme, Clayton Kennedy,
Crédit photo : Pierre-Etienne Bergeron
Texte : Nancie Boulay
