Dans un bar de quartier à Verdun, Patrice Michaud donne le ton à Au bar central, une nouvelle émission où la culture se partage comme une bonne pinte entre amis. Dès septembre sur ICI ARTV, il accueille chaque semaine trois invités pour jaser coups de cœur culturels dans une ambiance décontractée et complice.
Voici une entrevue réalisée avec Patrice Michaud, accompagnée de photos captées lors de la visite de plateau du 8 juillet.
Patrice Michaud
Parle-moi de ce beau projet d’animation …
Je ne te cacherai pas que c’est une grande surprise. Dans mon parcours, j’ai reçu un coup de fil de la super belle gang d’Urbania qui me disait : « Écoute, on a un projet d’émission culturelle avec un ton qui ressemble au tien. On te verrait bien là-dedans. » Je n’ai pas beaucoup d’expérience en télé, et ce n’a jamais vraiment été un objectif pour moi non plus d’en faire. Mais quand les projets sont le fun, ça m’interpelle, et je sentais que celui-là était une bonne chaise pour moi parce que l’idée était toute simple.
On s’assoit autour du bar avec des personnalités issues du milieu artistique, journalistique, politique, scientifique, peu importe, et on jase de nos amours culturels, de nos coups de cœur, de ceux qui nous ont influencés, marqués depuis notre enfance jusqu’à nos toutes dernières découvertes. Tout est décloisonné parce qu’on gère ça comme si on était dans une cuisine. On oublie que c’est un setup de télé. Pour moi, ça m’aide beaucoup. Si je peux oublier rapidement que je fais de la télé, c’est là que je suis à mon meilleur, parce qu’on fait ça comme si on était entre amis, et ça devient vite le cas.
C’est beaucoup de plaisir, beaucoup de fous rires avec le public. On est tous à l’intérieur de ce très beau petit bar (Bar Social Verdun). Ce sont mes habitués du bar. On prend beaucoup leurs réactions, on rigole avec eux, on leur demande leur avis. C’est très convivial. J’ai énormément de fun à faire ça.
J’ai l’impression que toi, quand une personne partage son coup de cœur et explique pourquoi c’est son coup de cœur, ça te donne le goût de le découvrir…
Absolument. Je cultive et je garde le plus vivant possible cette curiosité que j’ai envers la chose artistique en général, la chose culturelle en général. Parce qu’ici, on parle de tout. On va parler d’opéra, puis juste après, on va parler de balado. Ensuite, on va parler d’un peintre du 19e siècle, puis on revient aux Goonies. C’est la grande démocratisation de nos amours culturels. Et moi, ça m’intéresse. J’aime ce genre de discussion-là, j’aime la découverte aussi. Il n’y a pas un épisode où je ne repars pas avec une petite liste de choses à aller voir, écouter ou entendre.
Et on espère que ce sera la même chose de l’autre côté de la caméra, que les gens repartiront eux aussi avec des découvertes à faire. Les invités se prennent au jeu. Personne n’est là pour promouvoir son nouveau spectacle ou ploguer quoi que ce soit. C’est vraiment un témoignage de nos racines culturelles, de ce qui nous a colorés, fait grandir et transformés. Qu’est-ce qu’on consomme encore ? Qu’est-ce qu’on n’aime plus du tout ? Qu’est-ce qu’on a découvert sur le tard ?
On en apprend beaucoup sur le plan humain. Ça crée des liens, même entre des générations différentes, et malgré des parcours et milieux familiaux variés. Je pense à Charles Tisseyre et Éléonore Lagacé, qui se sont littéralement trouvés dans certaines conversations, notamment autour de leur amour commun pour les Beatles. Cela a donné lieu à des moments absolument fantastiques. Même si Éléonore est dans la vingtaine et que M. Tisseyre a 75 ans, ces rencontres sur le plateau sont absolument magnifiques. Moi, j’aime profondément ce genre d’échanges.
Mine de rien, M. Tisseyre cumule plus de 50 ans d’expérience à la télévision…
Je suis content que tu en parles. Ce n’était pas une crainte, mais j’avais hâte de voir comment j’allais réagir en recevant des invités qui ont parfois de longues carrières bien remplies à la télé. Finalement, ça ne me fait pas un pli, parce que j’oublie ce qu’on est en train de faire. Évidemment, j’ai une structure à respecter, mais c’est très libre. Au bout du compte, je suis juste en train de discuter avec plein de gens intéressants. Il n’y a pas ce poids de devoir prouver à quel point je maîtrise la situation. Et ça, ça rend mon travail beaucoup plus facile.


Malgré sa longue carrière à la télévision, M. Tisseyre n’a jamais vraiment dévoilé ses coups de cœur…
Plusieurs invités nous ont ainsi surpris — ou parfois un peu moins — en partageant leurs passions. Par exemple, Alec Castonguay, une voix très connue au Québec, animateur du matin à la Première chaîne de Radio-Canada, est une personnalité dont on connaît peu la vie personnelle et les goûts musicaux ou cinématographiques.
D’autres, comme Louise Forestier, sont très présentes dans l’espace public, mais cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu l’occasion de discuter avec elles. Nous avons reçu Louise Forestier et Lydia Bouchard, qui ont particulièrement connecté, partageant un amour commun pour l’opéra.
Bref, on en apprend beaucoup, mais ce n’est pas juste pour se faire surprendre. L’essentiel, c’est de sentir l’amour que ces personnes portent à certaines manifestations culturelles, qu’elles soient des souvenirs d’hier ou des découvertes récentes, car cette curiosité demeure toujours bien vivante.
Qu’est-ce qui fait que ce projet-là te rend comme un poisson dans l’eau ?
La manière dont l’équipe travaille avec moi. Ils sont vraiment formidables, des gens très sensibles qui me laissent beaucoup de latitude. Quand on fait confiance à ses collaborateurs, que ce soit en musique ou, comme je le constate maintenant, en télévision, c’est là qu’on obtient le meilleur d’eux.
Il y a aussi le fait d’avoir le public tout près de moi et de l’impliquer. Ce n’est pas un public passif. On va les voir, on leur demande leur avis, on leur pose des questions à certains moments avec les invités. Avoir leurs réactions me ramène à une posture que je connais bien. C’est comme si j’étais un peu sur scène, et je n’ai jamais détesté ça.
Alors, c’est de trouver le sweet spot entre mener la danse et laisser toute la place à nos invités… Je n’avais jamais fait ça avant, mais je me trouve quand même pas pire (rires). Bref, tout ça mis ensemble fait que ce n’est pas du tout contre nature pour moi d’être à la barre de cette émission.
Comment penses-tu que ta culture personnelle a influencé ton parcours professionnel ou ta façon de créer ?
Ça a certainement eu une influence diverse et multiple. Pour moi, le plus important, c’est de rester curieux, de continuer à m’émerveiller et à m’émouvoir devant les passions des autres, et surtout d’apprendre. Sur tous les shows, au moins la moitié du contenu parle de choses que je ne connaissais pas du tout. Et je constate que non seulement je ne suis pas du tout blasé, mais que ça me donne encore plus faim de découvertes.
Je pense que c’est ça qui nourrit mes connaissances générales et mon amour pour la culture. J’ai toujours mis cette curiosité à contribution dans tout ce que j’ai fait : que ce soit la chanson, la littérature jeunesse plus récemment, et maintenant l’animation à la télévision, dans ce contexte-là.
C’est vraiment cette curiosité qui est à la base de tout. Ce serait terrible de la perdre et de se contenter de creuser uniquement ce qu’on connaît déjà ou ce qu’on préfère. Ça nous confronte à des choses vers lesquelles on ne se serait pas tournés naturellement. Mais quand tu rencontres des gens qui t’en parlent avec autant de feu dans les yeux, tu te dis : « Je vais aller voir. Le pire qui puisse arriver, c’est que ça ne me parle pas. »
Visite de plateau
Lors du tournage du 8 juillet à 17 h, Jean-Sébastien Girard, Julie Le Breton et David Côté formaient le trio invité.




Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

Désolé, vous avez pris sans permission le nom du: Le Bar Central , ce bar existe depuis 1947 à Sorel re Augusta et se nomme: Le Bar Central
qui était l’autre ivité en meme temps que lydia bouchard et louise forestier
jkenney fers@videotron.ca