Un hommage chargé d’émotion
Le 20 juillet, le Théâtre Maisonneuve accueillait l’intronisation de La petite vie au Temple de la renommée Juste pour rire. Pour l’occasion, la salle s’est transformée en véritable lieu de retrouvailles pour un public venu célébrer une série culte qui occupe encore aujourd’hui une place unique dans la culture québécoise.
Après une longue et bien méritée ovation, Claude Meunier, entouré de plusieurs comédiens de la série, a livré un vibrant hommage à son collègue Marc Messier, décédé le 7 juillet dernier. Afin de saluer sa mémoire, la production a présenté un montage d’extraits mettant en vedette son célèbre personnage de Réjean Pinard.
Visiblement ému, Claude Meunier a raconté que plusieurs personnes étaient venues le voir dans la rue pour lui témoigner leur affection envers celui qui incarnait Réjean Pinard. Marc Messier incarnait ce personnage avec un panache et un brio qui ont marqué des générations de téléspectateurs.
Mais, comme l’a rappelé Claude Meunier, Marc Messier aurait probablement préféré qu’on s’amuse plutôt que de s’apitoyer sur notre sort. La soirée pouvait donc commencer.


Mario Jean rêvait de La petite vie
Mario Jean a ouvert le bal avec un numéro qui reposait sur un rêve qu’il caresse depuis longtemps : jouer dans La petite vie. L’humoriste s’imaginait parfaitement dans la peau de Ti-Guy Beaudoin, un livreur de journaux pas trop brillant qui, selon lui, aurait parfaitement cadré avec cette famille, disons, peu portée sur les grandes réflexions.
Il a également raconté, avec son humour habituel, que sa conjointe, tout comme Ti-Mé, avait une fixation sur les vidanges. Un numéro qui a rapidement installé la soirée sous le signe de l’autodérision.


Neev touchant, Laurent Paquin mordant
Neev a ensuite livré un témoignage particulièrement touchant. Québécois d’origine marocaine, l’humoriste a rappelé que la série diffusée à Radio-Canada avait bercé son enfance et joué un rôle dans son intégration à la société québécoise.
Selon lui, La petite vie était une émission capable de rejoindre tout le Québec. On sentait à quel point la série avait marqué son parcours et qu’il était fier de pouvoir lui rendre hommage.
Laurent Paquin a probablement offert le meilleur numéro de la soirée en « roastant » la série avec une efficacité redoutable. Arborant un bracelet qui sonnait lorsqu’il mentait, clin d’œil à l’épisode Menteurs anonymes, il a notamment affirmé qu’il aimerait bien voir Histoires de filles, série dans laquelle il a joué, être elle aussi intronisée. Malheureusement pour lui, le bracelet a sonné.
La formation 2Frères est ensuite montée sur scène pour interpréter La p’tite vie de Michel Rivard, apportant une touche musicale bienvenue à la célébration.
Une deuxième partie plus solide
La seconde partie du spectacle était mieux soutenue et offrait quelques-uns des moments les plus drôles de la soirée. Les « enfants » de La petite vie, Laurence Leboeuf et Virginie Fortin, ont profité de la soirée pour revenir avec humour sur les « traumatismes » d’avoir grandi avec des parents célèbres.
Laurence Leboeuf a notamment raconté que son enfance avait été marquée par une question bien précise : sa mère savait-elle préparer un pâté chinois? Elle a aussi remercié, à la blague, son père Marcel Leboeuf plutôt que sa mère Diane Lavallée et révélé que, pour faire enrager cette dernière, elle prétendait que Josée Deschênes, qui incarnait Creton, était bien meilleure.


Christian Bégin goûte aux plaisirs de La petite vie
Le comédien et passionné de cuisine Christian Bégin semblait lui aussi parfaitement dans son élément. Il est venu revisiter les plats aperçus dans la série, dont le fameux pâté chinois — steak, blé d’Inde, patates — que Thérèse avait décliné sous différentes formes : en mini-bouchées, dans un verre et même en popsicle, ainsi que la fameuse dinde de Moman.
Il a même osé prendre une gorgée de l’un des vins concoctés par Réjean Pinard, qu’il a décrit comme particulièrement corsé et décapant. Sa prestation, pleine d’énergie, a fait rire le public.
Simon Proulx, membre des Trois Accords, est également monté sur scène avec sa guitare et son harmonica pour interpréter une chanson en lien avec l’épisode Le Voyage à Plattsburgh, tiré de la première saison.
Un hommage mérité, malgré quelques longueurs
Au final, l’intronisation réussissait l’essentiel : rendre hommage à une œuvre qui a largement dépassé le cadre de la télévision. La petite vie fait désormais partie de notre mémoire collective, de nos expressions et de nos souvenirs familiaux.
On aurait toutefois souhaité un spectacle un peu plus resserré et un rythme parfois plus soutenu. Certains segments auraient gagné à être resserrés, alors que d’autres auraient mérité davantage de temps.


Mais le résultat demeurait à la hauteur de l’événement. La petite vie a fait son entrée au Temple de la renommée Juste pour rire avec ses personnages, ses répliques et son humour complètement déjanté.
Surtout, elle y est entrée avec quelque chose de beaucoup plus rare : l’affection durable du public québécois.
Et au terme de la soirée, une chose était évidente : même après toutes ces années, la famille Paré n’a toujours pas dit son dernier mot.

Serge Larivière | Journaliste
Passionné de musique, Serge ne jure que par les succès d’ici et d’ailleurs des années 80, 90 et début 2000. Avec les années, il s’est toutefois découvert une nouvelle passion pour tout ce qui touche l’humour québécois. On comprend, il adore rire et faire rire les gens.

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : JPR20juillet_LaPtitevie_highres_eveblavoie
