Le jeudi 28 mars prochain, la scène de La Tulipe à Montréal accueillera Rosa Laricchiuta pour le spectacle-lancement de son tout nouvel album intitulé Untamed. Par cette entrevue, Rosa nous dévoile le processus de création derrière ce récent projet, ainsi que sa préparation à quelques moments de cette prochaine performance.
Bientôt aura lieu ton spectacle-lancement, comment te sens-tu à l’approche du grand jour ?
Oh boy (rires), ouais c’est beaucoup. Je suis en « full mode » de préproduction et de répétitions. Beaucoup de bruits à la maison c’est sûr ! Mais c’est le fun, ça fait longtemps que je n’ai pas donné un spectacle ici à Montréal.
Ton album est sorti le 23 février dernier. Pour ceux et celles qui n’ont pas eu la chance de l’écouter encore, comment décrirais-tu ce nouvel opus ?
Mon album est très varié. J’ai des reprises en anglais et en français, ainsi que deux chansons originales que j’ai écrites. Toutes les chansons (les reprises) sont par des artistes féminines principalement canadiennes, des femmes qui ont marqué ma vie et qui m’ont inspirée à suivre ma voie. Ces femmes m’ont encouragée à continuer dans la musique. Ces chansons représentent aussi les femmes fortes autour de moi, par exemple, ma mère, mes tantes, ma grand-mère qui m’ont aidée à devenir ce que je suis aujourd’hui. L’album parle de mon parcours. Quand j’interprète ces chansons-là maintenant, même aujourd’hui, je me sens vraiment plus forte.
Tu salues deux grandes artistes québécoises : Marjo avec la chanson Demain et Diane Dufresne avec la puissante chanson Oxygène. Cette dernière œuvre termine d’ailleurs l’album. Raconte-nous ce qui a inspiré ces choix.
Je reçois très souvent des messages à propos de la date de mon prochain spectacle au Québec. Je m’ennuie d’avoir un spectacle ici, à Montréal. Je pense qu’il est important de les remercier d’avoir été là, ces personnes qui m’ont suivie pendant une décennie. J’ai décidé de chanter deux chansons en français pour les remercier du soutien et de l’amour qu’ils continuent à me donner. J’ai choisi Marjo parce que c’est notre rockeuse au Québec !
Oxygène, on l’a choisie ensemble, mon guitariste Steve Nadeau et moi, parce que ça fait ressortir mon côté théâtral tout en gardant la chanson très rock.
Lorsqu’on pense au mot « untamed », ou « indompté » en français, il est possible d’imaginer un animal sauvage, une créature qui a soif de liberté. Tu as toi-même été décrite comme étant une bête de scène. Que veut dire « untamed » pour toi ?
C’est exactement ça ! C’est vraiment sur scène que je brille et que mon intensité va vraiment sortir. Je pense que ça (le mot « untamed ») me décrit très très bien. Après tout, la musique s’est faite pour s’amuser, se laisser aller. Je veux que les gens ressentent ma passion lorsqu’ils écoutent ces chansons.
Untamed est un album composé de huit pistes, dont deux chansons originales : Hot Sex et I Miss You So. Comment s’est passée l’écriture de ces créations ?
I Miss You So, je l’ai écrite pour mon conjoint. On voyage beaucoup et souvent, je reviens à la maison et il n’y a personne. Parfois, je suis toute seule pendant deux à trois jours, une semaine, peut-être un mois. Ça parle exactement de ça… que je m’ennuie tellement de lui.
Hot Sex c’est une chanson qui évoque le plaisir. Le but c’était aussi que cette chanson-là puisse faire ressortir ma sensualité. Donc oui, on y va, on fonce et on se fait du fun.
Qu’est-ce qui a dirigé ton processus de création ? L’émotion ou la musique ?
Cette fois, c’était vraiment l’émotion. J’ai travaillé avec Steve Nadeau. On a vraiment une bonne chimie et c’est la première fois que je travaille (en création) avec une personne qui me côtoie aussi sur scène. Il connaît mon intensité, il la connaît très bien. Tous les deux, on s’est dit : « on fait des tounes comme on les imagine sur scène ! ». C’est vraiment l’intensité, l’émotion, qui va sortir. Je voulais un album plus rock et je pense que j’ai réussi. Je suis très fière de ça.
Tu as une très belle puissance vocale, un contrôle impressionnant de ta voix en spectacle. J’imagine que pour conserver ta santé vocale, tu dois maintenir une hygiène de vie assez particulière…
Je suis italienne, c’est dans mon sang (rires) ! Non, sans blague… Moi, je suis une personne très passionnée et intense. Surtout sur scène où cette intensité-là est comme multipliée par 100 ! Je prends donc vraiment bien soin de moi. Je dois dormir au moins 10 heures, je fais beaucoup de yoga, la méditation c’est important, je bois beaucoup d’eau, je mange très bien.
À travers tes six reprises sur Untamed, tu fais briller plusieurs grandes dames du rock qui t’ont grandement inspirée. L’album débute notamment avec Black Velvet, popularisée par la chanteuse canadienne Alannah Myles.
C’est une chanson que le public aime beaucoup. J’ai fait une version acoustique de ce titre sur YouTube en sortant de La Voix en 2015 qui a été très bien reçue par mes fans. C’est aussi pour ça que j’ai choisi cette chanson, parce qu’elle fait partie de mon parcours.
Tu es connue pour ta voix rauque et unique, un son bien à toi. Parle-moi de ces autres inspirations vocales qui ont influencé ton choix des relectures sur Untamed.
On va commencer avec Melissa Etheridge. Les paroles de ses chansons, son intensité… elle est une artiste incroyable ! (À noter que Rosa a partagé la scène avec Melissa Etheridge à Montréal et à Moncton. Etheridge l’a d’ailleurs invitée à la rejoindre en tournée, mais malheureusement, l’invitation n’a pas pu être concrétisée en raison de la pandémie).
Il y a également Alanis Morissette que j’adore. Puis, il y a la voix extraordinaire d’Ann Wilson du groupe Heart. Elle est géniale. Lorsque j’écoutais sa musique étant plus jeune, je me souviens, j’avais des frissons partout !
C’est possible de voir que tu as une drive, une énergie électrisante sur scène. Est-ce que ce sens du spectacle a toujours fait partie de toi ou c’est quelque chose que tu as développé avec le temps et l’expérience ?
J’ai toujours été comme ça. Beaucoup d’intensité : je suis très passionnée, j’ai une personnalité très allumée, je bouge beaucoup… Ça peut être épuisant des fois ! Mentalement aussi. Après un spectacle, ça me prend au moins deux jours pour décompresser. Ça peut même prendre des journées avant que je puisse dire « OK, je suis correct, je suis alignée ». Cela dit, c’est mon rêve. I’m living the dream ! Quand je suis sur scène, c’est un feeling incroyable.
As-tu un rituel « d’avant show » ? Si oui, comment ça se passe quelques heures ou quelques minutes avant d’entrer en scène ?
La journée même, c’est certain que je dois faire du yoga et de la méditation. En tournée, je médite deux fois par jour. Comme je suis une personne qui a beaucoup d’énergie, je dois calmer mon esprit. Pendant la tournée avec le Trans-Siberian Orchestra l’année dernière, j’ai entrepris une formation en yoga et je suis maintenant certifiée comme professeure dans cette discipline. Le yoga est donc très important pour moi. J’en fais pratiquement tous les jours. Le mouvement, le mental… tout ça, je l’emmène avec moi sur scène.
Une heure avant la performance, j’ai vraiment besoin d’être toute seule. J’ai besoin de focuser, de me recentrer parce que je ressens beaucoup d’énergie venant des autres personnes autour de moi. Rester toute seule, calme, et seulement… respirer, bien respirer. Ensuite, c’est important pour moi d’avoir un petit moment avec mes musiciens, d’avoir un instant où on se dit « hey, on se fait du fun ! ». L’énergie, il faut que tu aies le flow.
En plus de nous interpréter son nouvel album sur scène le 28 mars prochain, Rosa nous promet également quelques découvertes. « À mon lancement, je vais faire une chanson en italien. C’est la première fois que je le dévoile en entrevue ! Comme ma famille sera présente dans la salle, ce sera une très belle surprise. C’est mes racines ! »
Le public aura également droit à quelques titres du groupe Headpins, formation rock de Vancouver, dont elle est actuellement la chanteuse principale. « Avec Headpins, nous allons faire la première partie du groupe Foreigner en mai prochain. C’est une tournée dans l’ouest du Canada. J’ai décidé de faire deux chansons de Headpins à mon lancement. Ça (ce répertoire) c’est sur un autre niveau. C’est très très très rock. J’ai besoin de me réchauffer pendant au moins une demi-heure avant (la performance). C’est intense. Je crois que les gens présents au lancement vont en avoir la bouche ouverte ! »
Une chose est certaine, la scène de La Tulipe risque fort de vibrer sous toute cette énergie. À travers la fougue indomptée de Rosa, un souhait demeure : « je veux vraiment continuer à faire plus de spectacles, car ce que j’aime c’est de connecter avec les gens. C’est ça mon but, c’est ça l’important. »

Léa Sanacore | Journaliste
Léa Sanacore est une multi-instrumentiste et auteure-compositrice-interprète œuvrant sur la scène québécoise depuis maintenant plus de 10 ans. Son expérience en tant que musicienne pigiste aux côtés de nombreux artistes, dont le groupe 2Frères, lui offre une perspective unique et intéressante du monde culturel et artistique. Passionnée des mots, elle aime raconter et tisser des histoires à travers ses textes et chansons.
Photos : Courtoisie
