Au lever du rideau, le ton est donné. Le classique de Molière, Le Misanthrope, se joue au temps présent dans un appartement luxueux et branché où évolue Alceste – le personnage central – qui ne supporte pas l’humanité toute entière la considérant comme hypocrite par peur ou par intérêt. La pièce est présentée au TNM jusqu’au 11 février. N’ayez crainte, le texte en alexandrin n’enlève aucunement la saveur contemporaine et décadente de la mise en scène et du jeu efficace des acteurs.
Que dirait Molière?
Que dirait Molière assis dans un fauteuil au TNM regardant sa pièce qu’il a écrite en 1666?
Il est fort à parier qu’il en serait fier. La mise en scène et les comédiens font revivre avec brio ses célèbres personnages, des siècles plus tard.
Il en serait également ravi de voir autant d’excentricité sur scène comme était l’ambiance à Versailles à l’époque. Florent Siaud a opté pour une mise en scène déjantée pour accompagner les alexandrins de Molière.
Une mise en scène bien réglée
Oublions la cadence classique des alexandrins. Les interprètes jonglent plutôt avec des rythmes parfois lents, parfois rapides, et des répliques entremêlées auxquels s’ajoutent des vers chantés. Énergique, certes, mais quelques fois difficile à saisir.
Pour tisser les liens entre les cinq actes de la pièce, des tableaux en « slow motion » sont projetés sur le grand rideau de scène devant lequel les comédiens préparent, à tour de rôle, le terrain pour l’acte suivant. Ces projections sont magnifiques.
Un jeu physique et drôle
Oui, la mise en scène est formidable, les costumes sont superbes, toutefois les comédiens ne sont pas en reste. En plus de leur jeu très physique, ils portent remarquablement bien le texte autant que l’intrigue.
Que dire des acrobaties de Francis Ducharme dans la peau d’Alceste, personnage central et irritable, qui se hisse sur le lustre pour exprimer haut et fort son dégoût face à l’hypocrisie des gens.
Il donne la réplique à une galerie de personnages dont son aimable ami Philinte (Alex Bergeron); Célimène (Alice Pascual) dont il est amoureux fou et qui joue avec le cœur de ses soupirants; Oronte (Dany Boudreault) vexé par la méprise de Alceste pour son sonnet, la perfide Arsinoé (Évelyne Rompré).
En fait, il y a là, de la part des dix comédiens de la troupe un véritable travail et une synergie sous le signe d’un humour extravagant.
Molière aujourd’hui
Avec sa pièce Le misanthrope, Molière dénonce l’hypocrisie qui règne à la Cour au XVIIe siècle. Il critique avec humour les luttes de pouvoir et les rapports hommes-femmes. Ces faux-semblants font encore écho aujourd’hui dans notre société, n’est-ce pas?
Ne manquez pas ce bijou théâtral!
Le misanthrope jusqu’au 11 février
Le grand classique de Molière, Le Misanthrope, tient l’affiche du Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 11 février incluant les supplémentaires. La pièce partira ensuite en tournée au Québec.
Mise en scène : Florent Siaud
Interprétation : Alexandre Bergeron, Dany Boudreault, Francis Ducharme, Matthias Lefèvre, Mélodie Lupien, Iannicko N’Doua, Alice Pascual, Evelyne Rompré, Dominick Rustam, Mounia Zahzam
Crédit photo : Yves Renaud
Texte : Micheline Rouette

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