Korn et Gojira ont secoué Montréal le 20 septembre au Centre Bell pour le Kanada Tour. Entre puissance sonore et moments hypnotiques, la soirée a offert aux fans une véritable immersion dans le nu metal et le metal progressif.
Une scène épurée mais efficace
Le rideau noir est tombé sur la prestation de Korn vers 21 h 25. C’est avec leur succès «old school» Blind que le groupe américain a ouvert sa soirée. Le public, déjà bien en forme, capotait complètement sur cette première offrande des Américains.
Sur scène, on retrouvait le fidèle pied de micro personnalisé du chanteur Jonathan Davis. Des structures lumineuses formant des rectangles géométriques étaient suspendues au-dessus des musiciens. Toutefois, le reste de la scène restait relativement dépourvu d’effets pyrotechniques ou de tout autre artifice.
Quelques surprises au rendez-vous
Après une pause instrumentale, le chanteur est revenu sur scène avec une cornemuse pour interpréter l’introduction de Shoots and Ladders, tandis que le public immortalisait le moment sur ses téléphones.
Un peu plus tard, les Californiens ont enchaîné avec Coming Undone, et Jonathan a fait chanter tout le monde en glissant quelques We Will Rock You (de Queen) dans les paroles de cet extrait de l’album See You on the Other Side (2005).
Petite note : N’ayant pas de nouvel album à promouvoir lors de cette tournée nord-américaine, Korn a proposé une soirée de « greatest hits », la pièce la plus récente étant Cold, tirée de l’album The Nothing (2019).
Hommage et finale éclatante
En rappel, le groupe a interprété 4U, dédiée au seul et unique Ozzy Osbourne, disparu plus tôt cette année. Le public, ému, a scandé le prénom de l’ancien chanteur de Black Sabbath pendant un bref moment de pause musicale dans la pénombre.
Après avoir joué Falling Away From Me et Divine, le groupe a offert une version adoucie de son tube phare Freak on a Leash pour clore le party nu metal/métal. Des confettis ont été lâchés dans l’air pendant le rap de la chanson, menant tout droit à une finale éclatante !
Gojira : riffs brûlants et pyrotechnie à couper le souffle
Après avoir vu le public des gradins rester assis durant le spectacle de Hollywood Undead, en première partie de Falling In Reverse, le 11 septembre dernier au Centre Bell, bon nombre de spectateurs ont bondi de leur siège en attendant les premiers riffs du groupe français Gojira.
C’est avec l’électrisante chanson Only Pain que le chanteur Joe Duplantier et sa bande ont lancé leur prestation de feu ! Oui, il y a eu des effets pyrotechniques à plusieurs reprises dès les premiers instants. Pour être honnête, ce fut le concert le plus impressionnant visuellement de la soirée. Et commencer avec le succès rock Only Pain ? On ne pouvait rien demander de mieux… les fans dans le moshpit pouvaient déjà commencer à se tordre de douleur.
Une mise en scène spectaculaire
Sur scène, une grande estrade lumineuse accueillait le « drum riser » où se trouvait Mario Duplantier, le frère du chanteur. Un écran LED projetait diverses animations, dont la fameuse « whale » de Flying Whales, ainsi que des images vidéo du groupe, prises depuis la console. Plutôt que de créer une proximité avec le public, cette mise en scène évoquait un certain mystère, laissant difficilement entrevoir les visages des musiciens.
Un rappel que rien n’est éternel
Avant de jouer Another World, Joe s’est longuement adressé à la foule. Il a évoqué le rêve de construire une fusée pour quitter la planète, tout en rappelant que cela n’était pas réaliste : « On a toute la responsabilité. On a une seule planète, il faut qu’on s’en occupe », a-t-il déclaré.
La pièce, tirée de leur plus récent album Fortitude (2021), a ensuite pris vie sur scène, accompagnée du vidéoclip projeté sur l’écran LED. On y voit le décollage d’une fusée avec les musiciens à l’intérieur, quittant une Terre devenue invivable, jusqu’à l’image finale de la Tour Eiffel — symbole universel de progrès et de modernité — incarnant l’abandon d’une civilisation condamnée. Un rappel que rien de ce que l’humain construit n’est éternel si la planète s’effondre.
Du métal pour raconter l’histoire
Qui se souvient que la musique métal avait marqué la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 ? Gojira avait repris une chanson traditionnelle de la Révolution française, Mea Culpa (Ah! Ça ira!), pour mettre en images l’histoire révolutionnaire. Avant de l’interpréter avec passion aux côtés de ses musiciens, Joe a expliqué que cette chanson faisait écho à la situation politique actuelle en Amérique du Nord et dans le reste du monde.
Bref, ce fut une heure magique à redécouvrir le répertoire de Gojira Prochaine étape : on a hâte de découvrir du nouveau matériel.
Liste de chansons (de Korn)
- Blind
- Twist
- Here to Stay
- Got the Life
- Clown
- Did My Time
- Porno Creep
- Shoots and Ladders (with snippet of « One » by Metallica)
- Cold
- Coming Undone (with snippet of « We Will Rock You » by Queen)
- Twisted Transistor
- A.D.I.D.A.S.
- Dirty
- Somebody Someone
- Y’All Want a Single
- R*: 4 U
- R* Falling Away From Me
- R* Divine
- R* Freak on a Leash

Frédéric Lebeuf | Journaliste
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.


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