Originaire de Toronto, John Muirhead est dans le domaine musical depuis plus de huit ans. À l’occasion de son passage à l’Escogriffe Bar, le 21 mars dernier, nous nous sommes entretenus avec lui.
Est-ce ta première fois à Montréal ?
Non, ce n’est pas ma première fois, mais c’est la première fois depuis longtemps. J’ai performé à Montréal avec Callahan (Callahan and the Woodpile) il y a sept ans puis la dernière fois c’était en février 2019, durant une tempête de neige. Nous avions été engagés en double en même temps qu’un groupe de jazz… et nous nous sommes retrouvés à jouer devant le band. Je suis donc excité pour ce soir !
Que penses-tu de la ville ?
J’aime Montréal, il y a une belle scène musicale. Tous les artistes montréalais que je connais sont vraiment bons. J’aime particulièrement l’été à Montréal, avec tous les festivals, c’est vraiment génial. Montréal a sa propre culture. Ça me rappelle que je dois retravailler mon français, j’ai tout oublié de ce que j’ai appris à l’école !
Quand as-tu commencé à jouer de la musique ?
Je joue de la musique depuis mon enfance. Je jouais de la guitare dans un groupe, mais j’avais envie de faire quelque chose par moi-même. J’ai commencé ma carrière solo en 2016. J’ai eu l’opportunité d’enregistrer un EP à la radio de mon collège après les heures d’ouverture. Je me demandais si ce micro album allait être qu’un simple projet ou si j’allais m’y concentrer davantage. J’ai reçu de bons commentaires ainsi qu’une nomination pour les Prix de musique folk canadienne. Cela m’a encouragé à poursuivre ma carrière, puis dans les trois dernières années, ça a pris plus d’ampleur. Je jouais pour quelques personnes, maintenant j’ai de belles foules. J’en ai profité pour me construire comme artiste. Les dernières années ont donc été bien excitantes !
D’où vient ton inspiration ?
Mes chansons sont vraiment inspirées des évènements de ma vie. J’essaie de comprendre mes émotions et ce que les choses représentent pour moi. Par exemple, une de mes plus récentes chansons Cemetery Somewhere est influencée par cette pensée intrusive que j’avais (et que la majorité des gens dans la vingtaine ont) de me demander si c’était le bon chemin pour moi; toutes les opportunités que j’aurais pu avoir si j’avais pris un autre chemin; toutes les vies que j’aurais aimé vivre. C’était un conflit interne que je vivais et que j’ai essayé de comprendre à travers cette chanson.
Qui est ta plus grande inspiration dans l’industrie de la musique ?
En commençant ma carrière solo, c’était définitivement Neil Young. Mon père est un très grand fan, j’ai donc grandi en écoutant sa musique et j’ai appris à jouer de l’harmonica en jouant ses chansons. Je dois dire que je m’inspire de beaucoup d’artistes, comme Big Thief ou Frank Turner, un artiste britannique. Tout ce que j’entends et que j’apprécie m’inspire, mais ce sont souvent des artistes seuls avec leur guitare.
Est-ce qu’il y a un artiste de Toronto que tu aimerais qu’on découvre ?
C’est une bonne question. Je vais faire un shout out à School House, ils sont en fait d’Ottawa et ils étaient en première partie de notre spectacle à Toronto la semaine dernière. Ils sont vraiment très bons, je les aime.
De quoi es-tu le plus fier ?
Ce dont je suis le plus fier est que j’ai tout fait par moi-même, je suis un artiste indépendant depuis le début. Je n’ai pas d’équipe… toutes les tâches comme préparer la table de souvenirs, composer le groupe, conclure les ententes pour les spectacles, c’est moi qui les fais. Je ne pense pas que ce sera réaliste de procéder ainsi pour le reste de ma carrière, car c’est beaucoup de travail, mais quand je vois un spectacle afficher complet, je suis vraiment fier de moi. Je n’ai pas eu besoin d’attendre après quelqu’un qui me dit que je peux le faire, je l’ai fait.
Que penses-tu que la version jeune de toi-même te dirait aujourd’hui ? Et toi, que lui dirais-tu ?
Je pense qu’il serait épaté par tout ce qu’on a construit. Juste le fait d’être capable de faire une tournée avec un groupe et que tout le monde soit payé et s’amuse pouvait paraître inatteignable, donc je pense qu’il serait fier et me dirait de continuer. Moi, je lui dirais de toujours continuer et de ne jamais oublier pourquoi il fait tout ça. Parfois, c’est vraiment difficile quand tu es dans le gros du travail et que tu penses à tout ce que tu dois faire, mais le plus important, c’est pourquoi tu le fais : la musique.
Quelle est la prochaine chose que tu aimerais accomplir ?
J’envisage et j’aimerais remplir le Great Hall à Toronto, je pense qu’on va réussir. Ce serait un bel accomplissement pour moi et encore, je pense que le jeune John serait sous le choc que ça se produise. Sinon, j’ai un EP que j’aimerais sortir au printemps ou cet été. J’adore les prochaines chansons et nous en jouerons justement une ce soir.



Qu’est-ce qui s’en vient pour toi ?
En plus du EP, il y a plusieurs collaborations sur lesquelles je travaille. Il comptera donc des chansons avec d’autres artistes.
Si tu pouvais collaborer avec n’importe quel artiste, qui choisirais-tu ?
Oh ! Je vais dire Zach Bryan. Je l’ai vu ce lundi à Toronto et il donne tellement un bon spectacle, ses chansons sont incroyables. Ses collaborations sont exceptionnelles donc j’aimerais travailler avec lui un jour.
Compte-rendu du spectacle

Catherine Lévesque | Journaliste
La première question que te posera Catherine en te rencontrant, c’est certainement à propos de musique. Grande passionnée de musique en tout genre, dès son plus jeune âge, celle-ci comprend que c’est à ses yeux, le plus merveilleux des moyens de communiquer. À travers ses mots et en parallèle à sa carrière en intervention sociale, Catherine profite de chaque opportunité pour offrir une belle vitrine à ses artistes préférés et à ses plus récentes découvertes. Tu risques fortement de la croiser dans un concert ici – ou ailleurs sur la planète.
Photo principale : Courtoisie

Marie-Claire Talbot | Photographe
Sa caméra à la main, Marie-Claire, étudiante en photographie, est toujours prête pour un prochain concert. Grâce à sa curiosité, depuis son enfance, elle ne peut s’empêcher de découvrir de nouveaux artistes musicaux et rêve de les capturer en photo sur scène. Que ce soit au niveau professionnel ou avec des amis, Marie-Claire sera toujours au rendez-vous pour capturer des souvenirs.
