Avec Entre jazz et chanson, présenté le 26 février à la Salle Claude-Léveillée de la Place des Arts, David Marino ne relève plus de la promesse, mais de l’évidence. Porté par un trio jazz et une présence scénique affirmée, il s’impose parmi les voix les plus solides de sa génération.
L’artiste convie le public à un parcours musical soigneusement construit, du jazz traditionnel aux grands classiques français. Le concept est limpide : revisiter un répertoire intemporel avec élégance et personnalité, sans nostalgie forcée ni démonstration superflue.
Accompagné d’un trio jazz complice et précis, il fait revivre l’esprit des crooners tout en rendant hommage à ses influences francophones, notamment Jacques Brel et Michel Legrand. L’équilibre entre swing énergique et balades plus introspectives est maîtrisé avec assurance.
À 27 ans, David Marino affiche une maturité scénique impressionnante. Initié très tôt au chant et au violon, il monte sur scène depuis l’enfance. Cette expérience se ressent dans chaque geste : posture assurée, regard direct, phrasé maîtrisé. Rien n’est surjoué, tout paraît naturel.
Une trajectoire affirmée
Finaliste de La Voix en 2017 dans l’équipe de Pierre Lapointe, il a su transformer cette visibilité en véritable tremplin professionnel. Sa carrière dépasse désormais les frontières québécoises. Il se produit régulièrement dans des clubs de jazz à travers l’Amérique du Nord, dont le mythique Birdland Jazz Club.
Le 10 mars dernier, il recevait d’ailleurs le prix « Outstanding Vocalist » aux Bistro Awards à New York, une distinction significative dans le milieu du cabaret américain.
Le concert du 26 février à la Place des Arts affichait complet, preuve tangible de son pouvoir d’attraction. Une supplémentaire est déjà prévue le 21 octobre à la Cinquième Salle, et la mise en vente s’annonce imminente.

Une voix qui marque
Dès les premières mesures de C’est si bon, suivies de I Love Being Here with You, le ton est donné : swing souple, énergie communicative, plaisir manifeste de partager la scène. Le public adhère immédiatement.
Le timbre séduit par sa clarté et sa chaleur. Sa voix de ténor, ample et contrôlée, impressionne par la finesse des nuances et la solidité du soutien. Il navigue avec aisance entre swing, blues et balades plus intimistes, sans jamais tomber dans l’excès.
Les grands classiques français prennent sous son interprétation une dimension renouvelée. Les œuvres de Michel Legrand, notamment Quand ça balance et Les Parapluies de Cherbourg, gagnent en profondeur émotionnelle, tandis que La Mer et Boom de Charles Trenet retrouvent une élégance intemporelle.
Polyglotte et profondément incarné
David Marino passe du français à l’anglais avec une diction irréprochable. Il livre un intense Caruso, dédié à ses grands-parents, moment chargé d’émotion, puis un instant d’une grande tendresse en interprétant Not While I’m Around, tirée de la comédie musicale Sweeney Todd, dédiée à sa mère présente dans la salle.
Le fait de transposer des classiques intemporels français en versions bilingues anglais-français devient une couleur singulière pour cet artiste, ajoutant une dimension personnelle à un répertoire déjà riche d’histoire.
Le spectacle est présenté avec élégance et sobriété ; la mise en scène, volontairement minimaliste, met en valeur l’essentiel : la voix et la complicité avec les musiciens. Le trio accompagne avec finesse, laissant toute la place au chanteur.

Un calendrier international qui s’accélère
L’ascension se confirme également sur le plan international. David Marino participe actuellement à la production des Les Demoiselles de Rochefort, présentée jusqu’au 14 juin au Théâtre du Lido à Paris.
Le 28 mars, il se produira en Lituanie à titre d’invité spécial de la pianiste Ieva Dudaite, avant un concert à San Francisco le 10 mai.
Le 19 juin marquera une étape importante avec la création à Paris du spectacle David Marino chante Michel Legrand, qui deviendra son tout premier concert solo en France. Suivront des concerts en Italie du 4 au 11 juillet, puis un retour très attendu au Birdland Jazz Club le 12 octobre.
Et l’année 2027 s’annonce d’envergure : une tournée américaine est déjà prévue de janvier à avril, avec entre 40 et 50 dates à travers le pays.
Une évidence artistique
Ce concert confirme une réalité : David Marino n’est plus une simple promesse. Il est un artiste en pleine affirmation. Technique solide, instinct musical affûté, présence scénique maîtrisée : les fondations sont bien établies. Si l’ascension est déjà amorcée, elle semble appelée à se poursuivre avec constance et ambition.
Dans cet écrin feutré, il n’a pas seulement interprété des classiques — il leur a insufflé une vitalité nouvelle, avec une voix exceptionnelle qui fait le plus grand bien à nos cœurs. C’est précisément là que se révèle la signature des artistes qui comptent.

Direction musicale : John Gilbert
Musiciens : John Gilbert (piano), Frédéric Alarie (contrebasse), Jacob Wutzke (batterie)
Liste des chansons :
- C’est si bon (Yves Montand) / I Love Being Here with You (Peggy Lee)
- ’S Wonderful (Ella Fitzgerald)
- Madeleine (Jacques Brel)
- Chanson de Maxence (Les Demoiselles de Rochefort)
- Beyond the Sea / Boom! (Charles Trenet)
- La Valse à mille temps (Jacques Brel)
- Dancing on a Dime (Burton Lane / Frank Loesser)
- Not While I’m Around (Stephen Sondheim)
- They Can’t Take That Away from Me (George & Ira Gershwin)
- Caruso (Lucio Dalla)
- Quand ça balance (Michel Legrand)
- Les Moulins de mon cœur (Michel Legrand)
- Les Parapluies de Cherbourg (Michel Legrand)
- There Is a Time (Liza Minnelli)
- Quand on n’a que l’amour (Jacques Brel)
Rappels : For Me Formidable (Charles Aznavour), Hymne à l’amour (Édith Piaf)































Josée Laberge | Journaliste
Passionnée de musique depuis son jeune âge et ayant une formation de pianiste, Josée a des goûts musicaux très éclectiques. Dévorant la culture sous toutes ses formes, elle adore assister à des spectacles ou événements de tous genres, afin de partager sa passion pour la richesse de la culture québécoise et de ses nombreux artistes talentueux.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.
