Du 8 au 10 août, le Festival Cigale est revenu à la Baie de Beauport, à Québec, pour célébrer l’été. Installé sur la plage, au bord du fleuve Saint-Laurent, l’événement était à la fois paisible et festif. Tant mieux que le beau temps ait duré toute la fin de semaine ! Le festival a commencé le vendredi soir, tout en douceur, avec Lou-Adriane Cassidy et Valence. Ensuite, le groupe Half Moon Run a tenu le rôle de tête d’affiche.
Le soleil se couchait lorsque Lou-Adriane Cassidy est montée sur scène. Le ciel pastel s’accordait parfaitement avec sa tenue : le rose scintillant de sa jupe et de son top, ainsi que le nœud bleu dans ses cheveux. Comme il s’agissait du dernier spectacle de sa tournée, le format demeurait similaire à celui des précédentes représentations, mais avec une ambiance plus apaisée. Les chansons rêveuses comme Cours, Cora, cours, Souffle souffle et Adieu se mêlaient à la pop de Dis-moi dis-moi dis-moi, au drame de Journal d’un loup-garou et à l’énergie de J’espère encore que quelque part l’attente s’arrête et Entre mes jambes.
Lorsque Lou-Adriane Cassidy a terminé, la nuit était tombée et une lune rouge, presque pleine, s’est levée à l’opposé de la scène. Cette transition du calme du soir vers la magie de la nuit correspondait aussi à l’univers musical de Valence. Ses chansons comme Depuis Marseille, Petit singe et Léo (rentre à la maison) brillaient comme des étoiles, tandis que Rosier, America et Pruneau faisaient danser la foule. À plusieurs moments, il a lancé des roses au public et, comme Lou-Adriane Cassidy, était entouré d’amis musiciens : des visages familiers qui insufflaient une énergie vivante à la performance.
Nous avons rencontré Lou-Adriane Cassidy et Valence avant leurs spectacles pour discuter de leur participation au festival et de leurs récentes sorties.
Une entrevue avec Lou-Adriane Cassidy
Ça a été une grosse année pour toi créativement. Comment te sens-tu en ce moment, après la sortie de deux albums ?
Je me sens bien. Ça a été une grosse année et je suis encore en train de réaliser ce qui est arrivé. En même temps, je suis bien entourée. J’ai hâte à la suite.
Comment cette période se compare-t-elle aux autres chapitres de ta carrière ? On a l’impression que ta musique et ta présence sont encore plus intimes et assumées.
Ah, ben merci. Je pense que c’est l’accumulation de toutes ces années-là. J’ai beaucoup appris en tournée, à accompagner les gens musicalement. Après la tournée de Le Roi, la Rose et le Loup, je sais de mieux en mieux ce que je veux incarner et ce qui m’intéresse. Je me sens plus libre. Je pense que c’est une évolution naturelle. Le public me permet ça aussi, donc je suis reconnaissante.
L’album Triste Animal est sorti quatre mois après Journal d’un Loup-Garou, et les chansons ont été écrites vers la fin de la création de ce dernier. Y a-t-il un lien intentionnel entre ces deux albums ?
Je pense que oui. On était à la fin du mixage et j’avais envie d’aller vers quelque chose de plus instinctif. Je me suis donné le défi d’écrire un album et de faire quelque chose de plus ancré dans l’inconscient. Journal d’un Loup-Garou est très intime et parle littéralement de ma vie personnelle. Triste Animal est plus dans l’inconscient, mais toujours personnel. Ce sont des thèmes qui me ressemblent beaucoup, comme l’insatisfaction et l’envie d’avoir plus. J’ai l’impression que cet album, en lui-même, en est un peu l’incarnation. Je pense que les deux sont liés, même s’ils sont très différents.
Il y a plusieurs chansons sur tes deux derniers albums qui sont remplies de douceur. En général, qu’espères-tu que les gens ressentent quand ils écoutent ta musique ?
Je pense que, sur scène, il y a un côté plus « rentre-dedans », mais j’aime traverser toutes les émotions. Transmettre les émotions, c’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire. Ça peut sembler futile et général, mais je crois que c’est vraiment ça : faire vivre quelque chose aux auditeurs, que ce soit la surprise, la tristesse ou la joie. Je ne veux pas que les gens soient passifs.
Tu viens de la ville de Québec. As-tu des souvenirs liés à la Baie de Beauport ?
Haha, je pense que j’y suis allée quelques fois mais, malheureusement, non. Je n’y suis pas venue assez souvent… je m’excuse !
Quels sont tes objectifs et tes espoirs pour ton spectacle ce soir ? Est-ce que l’environnement et le fait de jouer sur une plage vont influencer ton approche ?
Oui, ce soir, c’est notre dernier spectacle de la tournée Loup-Garou. C’est un drôle de contexte pour finir, parce que c’est tellement chill… Mais c’est l’fun ! Je pense que tout le monde sera content d’être là et que l’ambiance sera détendue. Je vais en profiter, car certains membres du band ne feront pas partie de la prochaine tournée, donc c’est comme une dernière fois. Ça me rend un peu nostalgique.
Demain, c’est la pleine lune, et ce soir elle sera presque pleine. Ce serait spécial si elle était présente pendant ton spectacle.
Oui ! Elle va être quasiment pleine ! J’espère qu’on va la voir. En plus, on ne peut même pas avoir notre décoration de lune sur scène, alors on croise les doigts !
Une entrevue avec Valence
Ça fait plus d’un an que ton dernier album est sorti, mais en mai tu as lancé une nouvelle chanson, Léo (rentre à la maison). À quoi ressemble ton univers créatif en ce moment ?
Je suis souvent en création d’un nouvel album. La chanson Léo (rentre à la maison), c’est comme une première tentative pour montrer l’évolution de mon son. J’ai un peu plus expérimenté avec l’ordi. J’aime l’idée d’avoir un mélange entre des éléments plus numériques qui finissent sur un laptop. On dirait que j’ai appris à mieux prendre le contrôle de ma volonté artistique.
Pourrais-tu parler du concept derrière la chanson ? Partout dans la ville, il y avait des affiches de personnes disparues pour promouvoir la chanson.
À la base, c’est une toune qui parle de l’aliénation de quelqu’un qui est un peu perdu. C’est comme un appel à revenir à lui-même et à reprendre le contrôle de sa vie. Les affiches m’ont beaucoup fait rire. Des idées spontanées me sont venues avec cette chanson. Je me suis dit : « OK, je vais faire ça » sans poser de questions. On a trouvé ça drôle de parler de quelqu’un qui est perdu et de relier ça à cette thématique.
Oui, je voulais te demander si Léo était une sorte de métaphore pour quelque chose.
Léo n’est pas une personne concrète. Je pense à moi et à comment je me sens aujourd’hui, dans une époque un peu floue.
Selon moi, il y a tellement de douceur dans ta musique et tes deux premiers albums évoquent l’été et la magie de l’automne. Qu’espères-tu que les gens ressentent en écoutant tes chansons ?
C’est une bonne question, parce que je pense qu’inconsciemment, je veux créer une bulle. Je veux que les gens se sentent transportés dans une bulle. Ce que j’ai toujours aimé dans la musique, c’est que, oui, parfois elle peut bonifier certains moments, mais il me semble que les fois où j’étais le plus ému, c’était quand j’avais besoin de sortir de l’anxiété quotidienne et de me sentir ailleurs.
Tu viens de la ville de Québec. As-tu des souvenirs liés à la Baie de Beauport ?
Je n’ai pas beaucoup de souvenirs. Je suis venue une fois pour me baigner, mais ce moment existe toujours dans mon esprit. J’habite très près d’ici.
Quels sont tes objectifs et tes espoirs pour ton spectacle ce soir ? Le fait que tu joues dehors, sur une plage, quand il commence à faire noir est assez parfait.
Oui, c’est parfait. J’ai parlé du fait que j’aime que les gens qui écoutent ma musique se sentent transportés. Ce que j’aime avec les spectacles, c’est la connexion. Dans un festival comme celui-ci, il y a beaucoup de gens qui ne me connaissent pas. Je pense que le contexte créera cette connexion. On va vivre une expérience humaine et l’fun.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Photos : Courtoisie
Crédit photos: Dominic Courchesne
