Après une première journée particulièrement chargée, le Vans Warped Tour se continuait au parc Jean-Drapeau ce samedi 22 août pour une deuxième et dernière journée à Montréal. Simple Plan avait la tâche de conclure ces deux jours de festivités, au terme d’une journée qui réunissait également Yellowcard, Jimmy Eat World, Ice Nine Kills, Mayday Parade, 3OH!3 et Of Mice & Men. Entre nostalgie, découvertes et grands classiques, plusieurs générations d’amateurs de punk rock et de pop punk avaient de quoi y trouver leur compte.
Comme je me suis promené entre diverses prestations au cours de la journée, j’ai décidé d’écrire ce compte rendu journalistique au « je », en me concentrant sur la programmation musicale plutôt que sur chacun de mes déplacements.
Après avoir profité à 100 % de la performance de Yellowcard et de sa pièce finale, Ocean Avenue, je me suis dirigé jusqu’aux abords de la scène Vans pour assister à la prestation du groupe chouchou des Québécois. J’ai réussi à pénétrer comme dans du beurre comparativement à la veille avec A Day to Remember. Je ne voulais pas aller aussi près, mais la porte était ouverte, alors pourquoi pas après tout ?
À peine arrivé, une minute plus tard, le logo de Simple Plan est apparu en arrière-plan et les musiciens ont pris place sur scène avant même l’heure prévue de 21 h 21. Très fier et heureux de jouer à la maison, le chanteur Pierre Bouvier s’est exclamé : « Montréal, faites du bruit ! » avant de s’attaquer à ma chanson préférée de leur répertoire, soit I’d Do Anything.
Durant cette première chanson, Bouvier a fait son traditionnel saut sur place et des jets de fumée ont été propulsés dans les airs. Le party était pogné au parc Jean-Drapeau, autant sur scène que dans le parterre. Tout le monde semblait vider ses batteries une dernière fois après un week-end très festif rempli d’émotions fortes. De mon côté, malgré la fatigue accumulée au cours de ces deux journées, je m’amusais encore comme un petit fou.
Reset, LØLØ et un pont entre les générations
Après avoir livré l’excellente Shut Up!, le groupe a joué Jump, mais je vous confirme que je n’avais plus d’énergie dans le réservoir pour sauter avec les milliers de festivaliers. Je laissais ça aux plus jeunes et à ceux qui étaient venus spécialement pour eux.
Ensuite, le mot « Reset » est apparu sur l’écran géant. Pierre a demandé s’il y avait des fans de Reset dans la place, en ajoutant que cette chanson était pour eux. Toutefois, il n’y a pas eu une tonne de réactions, même si l’enthousiasme du chanteur semblait sans faille.
Après avoir livré son propre set plus tôt dans la journée, LØLØ est venue chanter les back vocals de Natasha Bedingfield sur Jet Lag. Comme la chanson a été interprétée dans sa version anglophone, on ne parle donc pas ici de la version francophone avec Marie-Mai.😉
Le groupe a ensuite enchaîné les succès avec Addicted, Welcome to My Life et Summer Paradise, tandis que les effets pyrotechniques et festifs augmentaient en puissance avec des jets de feu et d’immenses ballons propulsés dans la foule.
Un dernier party avant de quitter
Comme les Québécois aiment faire le party, Pierre Bouvier et sa bande ont ensuite présenté un medley composé de All Star de Smash Mouth, Sk8er Boi d’Avril Lavigne et Mr. Brightside de The Killers.
Par la suite, je suis parti en marchant comme un pingouin vers la porte de sortie avec notre chère directrice du média, Patricia Duval. Toutefois, nous avons entendu What’s New, Scooby-Doo?. À la fin de la chanson, Pierre a demandé à la foule si elle avait aimé les Scooby-Doo, ce qui laissait croire que des personnes costumées en Scooby-Doo étaient montées sur scène. Et oui ! Une demoiselle que j’avais rencontrée plus tôt dans la soirée, lors du spectacle d’Ice Nine Kills, nous a confirmé l’information dans une vidéo publiée sur Instagram.
Alors que nous étions rendus à la porte de sortie, le groupe a souligné l’anniversaire de son guitariste Jeff Stinco, qui ajoutait une année de plus à son compteur. La chanson qui a suivi était plutôt bien choisie pour l’occasion : I’m Just a Kid.
Et voilà, c’était une belle fête pour conclure le grand retour du Vans Warped Tour à Montréal. Souhaitons maintenant le retrouver l’année prochaine !













12 ans plus tard, Yellowcard reprend là où il avait laissé Montréal
Après avoir vu Jimmy Eat World en spectacle pour une première fois, je suis resté dans la continuité en allant voir Yellowcard. C’était l’un de mes groupes préférés de la vague pop punk entre 2003 et 2006. Lorsqu’ils se sont séparés en 2017, à l’époque où je commençais comme journaliste musical, je pensais ne jamais avoir la chance de les voir sur scène. Mais leur retour, concrétisé en 2022, puis leur passage à Montréal au Vans Warped Tour ont finalement fait en sorte que je puisse maintenant les cocher sur ma checklist.
C’est sur le thème de Ghostbusters que le spectacle a commencé, avec un homme et un fantôme rappelant l’univers du film qui ont propulsé des souvenirs dans la foule. Ensuite, la musique a commencé. Toutefois, ce n’était toujours pas une chanson de Yellowcard, mais plutôt le thème du classique Top Gun, avec le violoniste du groupe en vedette. Finalement, les musiciens ont véritablement lancé sa prestation avec un morceau récent, soit Better Days.
Du cinéma à Ocean Avenue
Par la suite, le groupe a multiplié les références cinématographiques, notamment à E.T., l’extra-terrestre, avec le chanteur Ryan Key qui a reproduit la scène du doigt illuminé avant d’enchaîner avec une ballade que j’adore, soit Only One, reprise en chœur par le public.
Ryan Key a d’ailleurs souligné que Yellowcard n’avait pas joué à Montréal depuis 12 ans. Une absence qui nous ramène au 5 juillet 2014, alors que le groupe participait déjà au Vans Warped Tour. Bien sûr, ils ont conclu son passage en sol montréalais avec ma chanson préférée de son répertoire, soit Ocean Avenue. Le public était en liesse d’entendre l’une des chansons phares du pop punk des années 2000.
Je suis bien content d’avoir eu la chance de les voir en spectacle, même si j’avoue ne pas avoir suivi la formation floridienne religieusement au cours de la dernière décennie. Je leur lève mon chapeau pour leur persévérance.
25 ans plus tard, Bleed American résonne toujours
En pleine tournée soulignant les 25 ans du mythique album pop punk Bleed American (2001), Jimmy Eat World était en prestation au Vans Warped Tour de Montréal. C’était mon tout premier spectacle de la formation arizonienne, et j’étais bien content de les voir en show.
Derrière le chanteur Jim Adkins et sa bande, on pouvait retrouver un visuel inspiré de la pochette de Bleed American et de ses fameux trophées, mais dans des tons rouges. Évidemment, ils ont interprété leurs deux plus grands succès de ce disque, soit The Middle et Sweetness. Et pour terminer la prestation, les musiciens ont délaissé Bleed American le temps d’une seule chanson, soit Pain, ma pièce favorite de leur répertoire et tirée de l’excellent Futures (2004).
J’avoue toutefois avoir trouvé la prestation plutôt statique par moments, notamment parce que Jim Adkins est demeuré derrière son micro pendant pratiquement tout le spectacle. Certaines pièces plus douces de Bleed American, présenté dans son intégralité, cadraient également un peu moins avec l’énergie générale du Vans Warped Tour. Le contraste était particulièrement marqué après avoir assisté à des performances beaucoup plus mouvementées comme celles de Simple Plan et Ice Nine Kills. Malgré tout, je suis bien content de pouvoir cocher Jimmy Eat World dans ma liste des artistes vus en spectacle.
Ice Nine Kills vole la vedette au Vans
Phénomène marquant autant visuellement que musicalement en ce moment, Ice Nine Kills a livré un spectacle à la hauteur de ce que je connais d’eux. Ce que j’aime de cette formation américaine, au-delà de la musique, c’est tout son côté théâtral et ses thématiques inspirées des films d’horreur. Justement, la formation est sur une lancée de singles liés à l’univers de l’horreur, notamment A Work of Art pour Terrifier 3, Twisting the Knife pour Scream 7 et, plus récemment, Play Dead, créée en collaboration avec le jeu vidéo Dead by Daylight.
Bienvenue dans le cauchemar d’Ice Nine Kills
Après avoir proposé la chanson digne d’un cauchemar américain The American Nightmare, le groupe a joué l’excellente Meat & Greet. Toutefois, ce qu’on retiendra surtout de cette performance, c’est son aspect théâtral. Un homme en camisole de force a été amené de force sur scène par deux hommes costumés en policiers. Pendant ce temps, le chanteur Spencer Charnas s’est approché de la foule pour la faire chanter et crier au rythme de la chanson. À la fin de cette pièce parue en 2023, l’homme en camisole de force a commis deux meurtres tel un mort-vivant, mordant ses victimes alors que le sang dégoulinait autour de sa mâchoire.
Sur la pièce Wurst Vacation, Charnas a pris un bain de foule en allant donner des high five aux metalheads aux abords de la scène. C’est le seul chanteur que j’ai vu descendre jusqu’à la barricade pour accroître le sentiment de proximité avec son public durant le festival. C’est quand même le fun de voir ça, sachant que le band doit également présenter plusieurs chorégraphies et mises en scène sur le stage. Après avoir proposé quelques chansons sorties en 2023 ou avant, le public était en extase lorsque les Américains ont livré la magnifique The Laugh Track, parue à l’aube de l’Halloween 2025.
Une finale digne d’un film d’horreur
Si l’aspect théâtral a été limité lors de la première partie du spectacle, il a atteint son paroxysme lors des deux dernières chansons de leur set, laissant bouche bée leurs fans, dont moi. Sur Hip to Be Scared, Charnas est apparu avec un habit ensanglanté et a ensuite pris une hache, à notre plus grand plaisir. Dans le vidéoclip, c’est Jacoby Shaddix (Papa Roach) qui est la victime de cet objet, mais cette fois-ci, c’est une autre personne qui a reçu un premier coup avant une série de coups fatals. Est-ce que j’ai besoin de dire que le public était captivé par ce qui se passait sur scène ?
Sur A Work of Art, Spencer Charnas a invité « a friend of mine », soit Art le Clown, personnage emblématique de la franchise Terrifier, qui a rejoint les musiciens sur scène. Celui-ci s’est promené aux quatre coins de la scène durant la chanson, allant même jusqu’à guider le public pour former un wall of death, avant de s’installer derrière la batterie pour compléter le set.
Si vous ne connaissez pas Ice Nine Kills et que vous aimez l’aspect théâtral et l’univers des films d’horreur, vous devez à tout prix prendre la peine de découvrir cette formation et, pourquoi pas, assister à son prochain spectacle en sol québécois !
Mayday Parade ramène la douceur au Warped
Comme j’ai grandi avec les fameuses compilations Punk Goes… de Fearless Records, sur lesquelles différents bands reprenaient des succès pop ou des classiques du rock, Mayday Parade est un nom qui a fait son apparition dans mon univers musical à la fin des années 2000 et au début des années 2010. Le groupe avait notamment repris When I Grow Up des Pussycat Dolls, In My Head de Jason Derulo, Somebody That I Used to Know de Gotye et We Are the Champions de Queen.
Alors, c’était spécial pour moi d’assister enfin à l’un de leurs spectacles, même si aucune reprise n’était au programme. Évidemment, je connaissais la célèbre Jamie All Over et j’avais un crush sur Kids in Love, mais pour le reste, j’étais plutôt en mode découverte.
J’ai passé un beau moment à écouter Mayday Parade en spectacle. C’était un peu la pause musicale dont j’avais besoin pour redescendre après toute l’intensité de la journée, avant d’aller manger une bonne poutine dans la tente média !
3OH!3, un plaisir coupable qui fait toujours effet
3OH!3, c’est comme le bonbon d’une autre couleur que tu as envie de manger, même si tu sais que ce n’est pas ta saveur favorite. J’étais curieux de voir ce duo américain d’electropop et de crunkcore, et je suis certain que je n’étais pas le seul dans la place à avoir la curiosité piquée par ce phénomène musical des années 2000.
Et dès les premiers instants, les deux musiciens, Sean Foreman et Nathaniel Motte, ont répondu à 100 % à ce critère de plaisir coupable en apparaissant sur scène avec un look de travailleurs de chantier, version Warped Tour.
Le public n’avait pas oublié 3OH!3
Le duo n’avait pas mis les pieds dans la métropole depuis le Warped Tour 2011, et on sentait que le public, principalement composé de femmes, attendait ce rendez-vous depuis longtemps. Justement, j’ai eu l’impression qu’au niveau du bodysurfing, il y avait également une prédominance féminine.
Mon amie Marie Eve Archambault a semblé particulièrement apprécier la prestation. Alors qu’elle faisait la file pour rencontrer Simple Plan, pas très loin de la scène Off the Wall, elle a fait quelques allers-retours vers la scène afin de mieux profiter du spectacle de 3OH!3. Elle est notamment venue voir les interprétations de STARSTRUKK, My First Kiss et DONTTRUSTME. Malheureusement, Katy Perry n’était pas présente pour accompagner le duo sur STARSTRUKK, comme elle le fait sur la version à succès de la chanson.
Of Mice & Men laisse son nouveau miracle de côté
C’est devant un visuel de leur récent album, Another Miracle, paru en novembre 2025, qu’Of Mice & Men a lancé sa prestation avec la pièce-titre… qui aura finalement été la seule chanson de cet opus présentée durant le spectacle.
Sur Feels Like Forever, le changement de chanteur s’est particulièrement fait sentir. J’ai trouvé que l’interprétation actuelle perdait une partie de ce qui faisait la force de la chanson à l’époque. Je comprends très bien qu’Aaron Pauley marche sur un fil lorsqu’il interprète une pièce associée à un ancien chanteur du groupe, et je compatis avec lui. Toutefois, cette différence m’a semblé beaucoup moins flagrante sur des chansons comme Would You Still Be There, que j’ai écoutée en boucle au fil des années.
Les classiques prennent le relais
La prestation d’Of Mice & Men ressemblait un peu à celle d’Atreyu la veille, avec une foule particulièrement intense, du bodysurfing et des moshpits sur des pièces comme Second & Sebring, Obsolete et Bones Exposed. Beaucoup de fans semblaient voir le groupe américain pour la première fois, ce qui m’a surpris puisque, de mon côté, il s’agissait déjà de mon cinquième spectacle d’Of Mice & Men. À voir leur enthousiasme durant la prestation, je suis certain que plusieurs d’entre eux ne s’arrêteront pas à cette première expérience.
Toutefois, je suis resté un peu sur ma faim concernant le matériel récent. Avec Another Miracle en toile de fond et sa pièce-titre pour lancer le spectacle, je m’attendais à entendre davantage du nouvel album. J’aurais notamment bien aimé entendre Wake Up ou Flowers, deux chansons qui explorent davantage les sonorités électroniques de la formation et qui auraient apporté une couleur différente à la prestation.

Frédéric Lebeuf | Journaliste
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.
